AC Milan: un futur rôle au club pour Kaká ?    AS Monaco - Jardim: «Ghezzal et Diakhaby n'ont pas apporté un plus face à Leipzing»    Palestine - USA : Les lignes de communication coupées ?    La réponse de Buffon à Rakitic    Violences sur enfants - Bilan des 9 premiers mois de 2017 : Plus de 4 000 cas enregistrés !    Blida : Les roses et les gourbis    Examens trimestriels 2017-2018 : Benghabrit annonce les dates    Semaine gastronomique italienne : Le chant traditionnel sarde s'invite à Alger    Opérette «Maâlim» : Sur les traces des héros de la Révolution algérienne    LFP – Sanctions : Huis clos pour l'US Biskra    En bref...    Equipe Nationale : Le programme des matchs amicaux sera arrêté après le 1er décembre    NATIONALISTE, MILITANT ENGAGE, ABDELKADER HACHANI Un seigneur de la politique    Après 37 ans de règne : Mugabe lâche le pouvoir    Le syndrome de l'abstention    Rassemblement samedi à Alger    Etudes en post-graduation : Près de 16 000 diplômés des ENS recrutés depuis 2014    «On a mis en place plusieurs mécanismes pour permettre à l'élève de mieux réagir»    Un monopole qui n'a que trop duré    Ils vous accompagnent...    The Mountain between us en ouverture    Théâtre régional d'oran : Houari Benchenet dévoile au public son tout dernier titre en hommage à Blaoui El Houari    SOIT DIT EN PASSANT    Ligue des champions d’Europe (phase de poules, 5e journée)    Gendarmerie nationale    Tendances    Promotion du cinéma    Entretien à New York entre Horst Kohler et une délégation du Front Polisario    Niger : 34 morts dans une bagarre entre agriculteurs et éleveurs    Inde: un journaliste tué par balle    La stratégie d'innovation sera prête début 2018    La campagne reprend le 21 décembre    «Les cycles» ou l'ode à l'ésotérisme    Algérie : Les vidéos anti-élections se multiplient    Crise du Golfe: Bouteflika écrit au roi d'Arabie Saoudite    Mostaganem: 22 harraga, dont des femmes et des enfants, interceptés    Orchestration de la tension au Moyen Orient    L'élite doit s'enraciner dans la douleur de la société    Sonelgaz somme ses clients de payer leurs dettes    Le rapport controversé de la commission des finances    La médecine traditionnelle chinoise revient    "Je suis pessimiste pour Madjer avec l'Algérie"    Programme de 8 millions de logements : Impératif de prendre en considération la qualité du cadre de vie    Et Poutine félicite Bachar al Assad    AADL : Des opérations administratives "à distance" à partir de 2018    Le stress gagne les états-majors des partis    Qui veut torpiller l'urne?    Promotion du tourisme : Priorité de dynamiser le programme national    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Mohammed VI tourne le dos au rêve maghrébin
Il insiste sur la politique africaine du Maroc
Publié dans Liberté le 22 - 08 - 2017

Le souverain marocain donne la nette impression de renoncer, dorénavant, au vieux projet de construction maghrébine esquissé lors de la fameuse conférence de Tanger et matérialisé par le Traité de Marrakech ayant fondé l'UMA.
Dans son discours prononcé dimanche soir, à l'occasion du 64e anniversaire de la Révolution du roi et du peuple, le roi du Maroc, Mohammed VI, a longuement mis l'accent sur la dimension stratégique de sa diplomatie en Afrique en faisant nettement l'impasse sur l'Union du Maghreb arabe (UMA) fondée en 1989, par un Traité constitutif signé, pourtant, à Marrakech par les cinq chefs d'Etat de la sous-région.
Exit donc la proximité géographique, les liens de fraternité, la communauté de destin, de cultures, de langues et de religion souvent, du reste, mises en relief dans les formules protocolaires et les échanges épistolaires en "bois d'ébène" entre les dirigeants maghrébins. Quoi qu'il en soit, pour le souverain chérifien, l'Afrique représente, désormais, "l'avenir qui commence aujourd'hui". Et pour justifier l'offensive marocaine sur le continent noir, M6 a vite fait de convoquer, dans son laïus, l'Histoire. Il rappellera, ainsi, la participation du Maroc, dès 1960, à la première opération de maintien de la paix au Congo, la tenue de la première réunion de la Commission de développement de l'Afrique ainsi que la Conférence de Casablanca, prélude à l'avènement, en 1963, de l'Organisation de l'unité africaine. Last but not least, le roi soulignera également la création, première du genre, d'un département ministériel dédié aux affaires africaines au sein du gouvernement marocain, et ce, dès 1961.
Intervenant à l'occasion de l'anniversaire de la Révolution du roi et du peuple, à l'origine de l'indépendance marocaine, M6 a estimé que cette date commémorative était le "catalyseur d'une prise de conscience aiguë et d'une foi accrue dans la communauté de destin qui unit le Maroc à son continent".
D'après lui, l'engagement africain du Maroc "n'a pas été dicté par des calculs conjoncturels ou des supputations éphémères", affirme-t-il, en allusion vraisemblablement à son voisin de l'Est, l'Algérie, qui, comme chacun sait, n'est plus aujourd'hui "la mecque des révolutionnaires".
Mieux encore, pour légitimer sa démarche, M6 ne s'empêchera pas de rappeler le soutien de son pays aux mouvements de libération en Afrique, un créneau investi, jadis, par l'Algérie post-indépendante. "C'est, donc, sans surprise que le Maroc, imprégné de la symbolique et des valeurs inhérentes à cette glorieuse Révolution, adopta, dès son indépendance, des positions fermes à l'avantage de l'Afrique, et prit des initiatives concrètes en sa faveur", affirme-t-il en se posant en un farouche défenseur des intérêts africains. Il est pourtant clair que cet activisme de Rabat, sans précédent en Afrique, obéit, aujourd'hui, à des considérations géostratégiques. Tout comme il va de soi que ce regard particulier porté sur le continent traduit des préoccupations économiques très concrètes.
Las de voir, semble-t-il, sa frontière commune avec l'Algérie fermée, le souverain marocain donne l'air, cette fois-ci, de tourner définitivement le dos au rêve fugace qu'a représenté, à un moment donné, le grand Maghreb uni, actuellement en déshérence. Il est vrai que la nécessité de concrétiser cette volonté d'union dans le cadre d'institutions communes pérennes n'a pas fait long feu. En tout cas, M6 donne, lui, la nette impression de renoncer, pour sa part, à cette idée maghrébine, vieille de presque un siècle et esquissée en avril 1958 lors de la fameuse conférence de Tanger, lorsque les représentants des mouvements de libération nationale avaient posé ses premiers jalons.
C'était, d'ailleurs, peut-être, la seule expression forte, sinon la plus sincère de ce rêve longtemps caressé par les peuples du Maghreb, en opposition, à l'époque, au colonialisme français. Force est de constater, aujourd'hui, que cette aspiration populaire dont se faisaient régulièrement l'écho, en diverses occasions, les dirigeants maghrébins, relève, pour l'heure, de la chimère.
Mohamed-Chérif Lachichi


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.