La Journée nationale de lutte contre les hépatites célébrée hier à Alger a été une occasion pour l'Association nationale "SOS Hépatites" pour dénoncer des ruptures fréquentes des médicaments nécessaires au traitement de cette pathologie transmissible, notamment l'hépatite C. Cela, non sans réitérer son appel à privilégier la prévention et le dépistage précoce de cette maladie. "Nonobstant les efforts consentis ces dernières années par les autorités en matière d'approvisionnement des hôpitaux en matériel et médicaments, des ruptures de médicaments sont malheureusement constamment signalés dans les services spécialisés à travers le territoire national", a, en effet, déploré Hamid Bouallag, président de SOS Hépatites, lors de cette rencontre à laquelle étaient invités également le Pr Saâdi Berkane, chef du service gastro-entérologie du CHU Mustapha-Pacha, et le Dr Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé. À ce dernier qui mettait en avant la supposée stratégie nationale de prévention contre cette maladie mise en place par le département de Mokhtar Hasbellaoui, M. Bouallag réplique : "Ce n'est, en réalité, que de la poudre aux yeux et aucune stratégie n'a été réellement engagée sur le terrain." Outre l'absence de campagnes régulières de dépistage précoce de l'hépatite, M. Bouallag regrette également le manque de rigueur dans le contrôle des lieux considérés comme les terreaux favorisant la transmission de la pathologie. Il pointera du doigt particulièrement les cabinets de chirurgie dentaire dont la non-stérilisation du matériel est incriminée dans la grande majorité des cas de transmission de l'hépatite. Selon les estimations de spécialistes, quelque 66% des contaminations sont contractées dans les cabinets de chirurgie dentaire. M. Bouallag dénonce également la "pauvreté", voire l'absence de plateaux techniques dédiés à la prise en charge, notamment des personnes atteintes d'hépatite B, dans les structures sanitaires publiques du pays. Abondant dans le même sens, le Pr Berkane a, à son tour, insisté sur la nécessité du dépistage précoce de l'hépatite, tout en prodiguant quelques bonnes pratiques à adopter tel l'usage personnel de certains objets et/ou la stérilisation du matériel à usage commun, exemple chez les coiffeurs et les chirurgiens-dentistes. De son côté, le Dr Fourar a tenu à rassurer tout de même sur la bonne volonté qui animerait le ministère de la Santé pour l'amélioration de la prévention, ainsi que la prise en charge de cette pathologie. Il convient de rappeler que quelque 1,5 million d'Algériens sont affectés par les hépatites A et B, alors que le nombre de personnes atteintes à travers le monde s'élève à près de 150 millions. Farid Abdeladim