L'organisation épingle les autorités sur plus d'un dossier. La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (Laddh), aile dirigée par Me Noureddine Benissad, "appelle au respect des droits constitutionnels et des libertés telles que contenues dans les conventions internationales relatives aux droits de l'Homme ratifiées par l'Algérie". Dans la déclaration finale adoptée par le conseil national de la Laddh, réuni samedi en session ordinaire, il est exigé l'"arrêt des intimidations et harcèlements de tout genre à l'égard des défenseurs et activistes des droits de l'Homme", le "respect des libertés d'association, de réunion, de manifestation et d'expression, de la liberté syndicale et du droit de grève", ainsi que le "respect de la dignité des migrants, de leurs droits (...)". La Laddh appelle également à "instituer le dialogue et la concertation sans aucune exclusion avec tous les partenaires sociaux comme pratique démocratique pour aborder les revendications sociales et économiques au lieu des approches autoritaires et sécuritaires". La Ligue a aussi insisté sur le "respect de la dignité humaine de pans entiers de la société menacés par la dégradation du pouvoir d'achat et du processus d'appauvrissement des Algériens, en particulier les plus vulnérables". Il s'agit, est-il noté dans la même déclaration, d'"une question vitale afin de préserver la cohésion sociale". Par ailleurs, la Laddh s'inquiète de "la tendance officielle et des velléités des puissances de l'argent à remettre en cause le caractère social de l'Etat", ainsi que du "contenu du projet de loi portant santé qui tend à remettre en cause la gratuité des soins et le démantèlement du secteur public". La Ligue joint ainsi sa voix à celles nombreuses des députés et des professionnels de la santé qui n'ont de cesse de dénoncer le texte que l'APN vient tout juste d'examiner et qu'elle pourrait bien voter, étant donné l'état des rapports de force politiques en son sein. L'organisation de Me Benissad est également revenue sur la loi sur les associations qu'elle a eu déjà à critiquer. En effet, la Ligue, qui considère que "la politique d'atomisation de la société civile par le maintien de la loi liberticide sur les associations met en péril la médiation sociale, ainsi que le droit fondamental de s'organiser", exprime sa "solidarité avec tous les défenseurs des droits de l'Homme et de la dignité humaine pour la construction d'un Etat de droit et des libertés". Mehdi Mehenni