En dépit d'une hausse de la production, l'agrumiculture fait face à de nombreuses contraintes qui freinent son essor. La filière vit actuellement un dépérissement causé par divers parasites. Les vergers subissent un vieillissement inexorable où sur certains champs, l'âge des arbres dépasse les 80 ans sans être renouvelés. Les surfaces agricoles dégagées pour cette culture connaissent un rétrécissement depuis quelques années déjà. Ces terres souffrent aussi d'un manque d'irrigation faisant baisser le rendement et la productivité. Le marché a besoin également d'une régulation, car il manque d'organisation, de circuit de distribution et fait face à un secteur informel qu'on n'arrive plus à éradiquer. La prise en charge décidée et promise par les pouvoirs publics pour cette filière est, certes, apparente sur le terrain, mais demeure à jamais insuffisante. L'agrumiculture doit, en principe, évoluer dans un système qui la protège à travers un modèle de certification et de normalisation spécifique. C'est dans ce cadre et pour cet objectif d'ailleurs que l'Association professionnelle agricole des agrumiculteurs d'Alger (APAAA) a organisé, hier, une journée d'étude ayant pour thème : "Agrumiculture : normalisation et certification dans la filière". Il a été question en fait de trouver les moyens pour certifier et mettre en place les normes au sein de cette filière en perspective d'exporter le produit vers les pays qui ont passé commande. "Le but, c'est de pouvoir exporter un produit sain et de bonne qualité suivant les exigences des pays importateurs", explique un des intervenants lors de cette rencontre tenue au siège d'Algex. Pour cela, les acteurs de ce marché réclament l'instauration d'un cahier des charges, une synergie entre l'agriculteur, les institutions publiques et l'exportateur. Dans le même sillage, les agrumes algériens ne bénéficient pas encore de labellisation contrairement à la datte "Deglet Nour" ou la "figue de Béni Maouche". Toutefois, le ministère de tutelle tente de redresser la barre de la filière en apportant, par le biais de ses ressources humaines, la technicité au profit des producteurs. C'est le cas de l'Institut national de la protection des végétaux (INPV) qui a mis en œuvre l'idée d'"école de champ" qui consiste à envoyer régulièrement des équipes d'ingénieurs sur les lieux de la production afin d'assister et d'accompagner les agrumiculteurs. Ces derniers auront à appliquer eux-mêmes la méthode qu'ils jugent la plus efficace en termes d'itinéraire technique, de plantation, de soins, de suivi, de variétés à choisir… Il est à noter que la production nationale d'agrumes a avoisiné les 13 millions de tonnes en 2017. La plaine de la Mitidja, s'étalant sur les wilayas de Blida, Tipasa, Boumerdès et Alger, est classée leader national en matière de production d'agrumes. La commune d'Oued El-Alleug est le premier producteur national d'agrumes, avec une récolte estimée à 500 000 quintaux pour la campagne agricole 2015-2016. La filière agrumiculture algérienne n'a exporté que 20 304 dollars en 2017, dont 52% sont des oranges, soit 10,5 tonnes et 41% de mandarines, soit 5 tonnes. Pour la région d'Alger, sur une superficie totale de 5 730 ha, la production agrumicole a dépassé le million de quintaux en 2017, contre 962 340 q en 2016. S'agissant des importations des agrumes, la tutelle indique que notre pays n'a rien importé en 2017. Ce qui signifie que l'Algérie a atteint son autosuffisance en la matière. B. K.