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L'école de la grève
LES SYNDICATS DU SECTEUR MULTIPLIENT LES APPELS À LA GRÈVE
Publié dans Liberté le 24 - 10 - 2021

Un mois à peine après la rentrée des classes, le retour à la protestation dans l'éducation nationale se précise déjà. Après le Satef et le Cnapeste, l'Unpef a appelé hier à une grève dans le secteur dont la date reste à fixer dans le cadre de la Confédération des syndicats autonomes.
Un mois à peine après la rentrée des classes, le retour à la protestation dans le secteur de l'éducation se précise déjà. Après avoir donné, durant les semaines écoulées, plusieurs signaux d'alerte concernant, entre autres, l'érosion du pouvoir d'achat des travailleurs et les conditions d'exercice de leurs fonctions, les syndicats du secteur annoncent, désormais, leur décision de passer à l'acte. Un passage à l'acte dont les contours ont été soumis, hier, à débat au sein de la Confédération des syndicats autonomes (CSA).
Selon plusieurs représentants des syndicats autonomes, la CSA a tenue sa réunion, hier, pour trancher, en rangs unis, la question de la forme que prendra le mouvement de protestation envisagé par les syndicats qui, pour la plupart d'entre eux, ont auparavant entériné, comme prévu lors de la réunion de la CSA du 27 septembre dernier, la décision de renouer avec l'action de rue.
C'est, d'ailleurs, le cas de l'Union nationale des personnels de l'enseignement et de la formation (Unpef), qui a tenu son 36e conseil national avant-hier. Un conseil à l'issu duquel il a annoncé sa décision de grève nationale, sans, toutefois, arrêter la date de son entame. "En vue de la concrétisation de ses revendications, le conseil national du syndicat a décidé d'entrer en grève nationale, tout en chargeant son bureau national à déterminer sa nature et son timing dans le cadre de la CSA", lit-on dans la déclaration de l'Unpef.
Avant ce syndicat, le Cnapeste, qui a réuni son conseil national les 15 et 16 octobre, a même fixé la date du début de sa grève cyclique de deux jours, soit les 2 et 3 novembre prochain.
Le Satef, lui également, a retenu le principe du retour à la protestation, mais a préféré, selon son secrétaire général, laisser la forme et la date se décider dans le cadre de la réunion de la CSA. "Je viens d'assister à une réunion de la confédération où l'on est en train de discuter sur les convergences dans le cadre des revendications. Les protestations ont été reportées pour unifier l'action et les forces syndicales car c'est l'union qui fait la force", nous a expliqué, pour sa part, le secrétaire général du Snapest, Meziane Meriane, qui estime que les revendications sociales sont les mêmes pour tous les syndicats.
"Le pouvoir d'achat, le dossier de la retraite, les libertés syndicales..., tous ces dossiers sont ceux de la CSA et également des autres syndicats qui ne sont pas dans la Confédération. Autrement dit, ce sont des revendications qui s'inscrivent dans le cadre général de tous les syndicats", a-t-il soutenu.
"Avant que le président n'intervienne, j'ai donné une interview au journal Liberté où je parlais de la nécessité de diminuer l'IRG, celle de revoir le point indiciaire, et trois jours après, il y a eu le discours. Cela dit, ce ne sont pas nos propres revendications, mais celles de tous les syndicats, de tous les fonctionnaires et de tous les ouvriers, structurés ou pas", a-t-il encore appuyé, comme pour sensibiliser autour de la nécessité de privilégier l'unité d'action sur toute tentative d'asseoir un monopole sur la décision.
Course contre la montre
Sans le dire, c'est visiblement la décision du Cnapeste de fixer la date de sa grève avant la tenue de la réunion de la CSA qui semble, quelque peu, incommoder Meziane Meriane. En plus clair, le secrétaire général du Satef, Boualem Amoura explique que lors de la réunion du 27 septembre, il a été convenu que tous les syndicats tiennent leurs conseils nationaux et reviennent avec leur décision, et que ce sera à la CSA de trancher. Or, le Cnapeste a fixé seul la date de la grève.
"Le danger est de voir si ces dates avancées ne sont pas retenues, le Cnapeste fera cavalier seul comme l'année dernière ou encore ne s'impliquera dans la décision qui sera prise par la CSA", dit-il. N'était cette question d'ordre technique qui a prolongé, hier, les débats de la réunion de la CSA, les syndicats se disent rassurés par la convergence de leurs points de vue, sinon même l'unanimité quant aux questions de fond, notamment pour ce qui concerne la question du pouvoir d'achat, du dossier de la retraite, des libertés syndicales et de la santé scolaire.
C'est ce qui se confirme en premier lieu à travers la similitude des revendications exprimées par, entre autres, les conseils nationaux de l'Unpef, du Cnapeste et du Satef dans leurs déclarations respectives, et c'est ce que confirme également le secrétaire général du Snapest.
"Le secteur de l'éducation, avec la pandémie et tous les autres problèmes, est dans une situation vraiment très alarmante qui nécessite des prises en charge rapides. Il y a un pouvoir d'achat qui est érodé et laminé par l'inflation, alors il s'agit de trouver des mécanismes pour stabiliser le pouvoir d'achat et des mécanismes pour protéger les augmentations éventuelles", a expliqué M. Meriane, soulignant que dans le cas où il y aurait des augmentations, elles seront ingurgitées par l'inflation au bout de 15 jours, et c'est comme s'il n'y avait pas eu d'augmentation.
"Ce qu'on demande, c'est la protection du pouvoir d'achat. L'augmenter bien sûr, l'améliorer, mais aussi le protéger. Il faut trouver des mécanismes pour le protéger, et cela dit, il y a aussi l'annonce du président de la République qui ne donne pas encore les mécanismes, ni le pourcentage des diminutions de l'IRG ni celui de l'augmentation du point indiciaire", a-t-il plaidé, non sans prévenir que si c'est fait pour gagner du temps, "l'on doit savoir que la situation urge et elle risque de dépasser y compris les syndicats". Ce syndicaliste évoque même un risque de manifestations en dehors des structures syndicales.
"Donc, il s'agit de parer au plus pressé et d'être précis : de combien va-t-on diminuer cet IRG ? De combien va-t-on augmenter le point indiciaire ? Tout cela n'est pas dit en 2022 et 2023. Voilà ce qui est en train d'exaspérer les bases", dit-il.
Une analyse que partage Boualem Amoura qui considère que dans le fond, le Président a répondu à moitié. "Pour notre revendication concernant le pouvoir d'achat depuis cinq ans, il a tenu le bâton par le milieu, c'est-à-dire qu'il n'a pas dit non, mais sa réponse reste vague. Ce qui nous laisse dans l'incapacité de dire si nous sommes satisfaits ou pas. On ne connaît pas le pourcentage", dit-il convaincu, toutefois, à l'instar de tous les autres syndicats, que le pouvoir d'achat n'est pas la seule source de l'exaspération des travailleurs du secteur. "Il y a un malaise général. Les gens sont préoccupés aussi par la surcharge des emplois du temps, enseignants et les travailleurs de l'administration sont saturés.
Le satef a demandé le retour à l'ancien système d'enseignement, mais nous savons qu'ils ne l'accepteront pas, parce qu'il y a beaucoup de cas où il y a des groupes de 35 élèves, et si on revient à l'ancien système, ils se retrouveront à 70 par classe", détaille-t-il, expliquant que la raison de cette situation vient en premier lieu du fait que le ministère de l'Education n'a pas recruté d'enseignants comme annoncé par l'ancien ministre.
Histoire, sans doute, de désamorcer ce qui s'apparente à une bombe à retardement, le ministre a décidé d'organiser, ce lundi, une rencontre avec 26 syndicats du secteur, comme il l'avait promis récemment lors d'une visite à Tissemsilt.

Samir LESLOUS


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