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Un scrutin et des leçons
Les algériens boudent largement les urnes
Publié dans Liberté le 29 - 11 - 2021

Tendance lourde. D'élection en élection, les Algériens confirment une désaffection structurelle vis-à-vis de l'acte de vote. L'abstention enregistrée avant-hier appelle un sérieux examen sur le sens à donner à l'élection dans le contexte actuel.
De portée pourtant locale et censées intéresser beaucoup plus le citoyen du fait qu'elles le touchent directement, les élections locales de samedi n'ont pas dérogé à la règle qui a présidé aux trois derniers scrutins organisés au lendemain de la chute de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika. Le désintérêt de plus en plus marqué des Algériens pour le jeu électoral était, cette fois encore, au rendez-vous. Certes, le taux de participation provisoire à ces élections – 35,97% pour les APC et à peine 34,39% pour les APW – a connu une appréciable remontée, comparé à celui des législatives du 12 juin dernier (30,42%), mais il a perdu presque 10 points par rapport aux élections locales de 2017 (44,32% pour les APC et 42,84% pour les APW) et à celles de 2012 (44,27% pour les APC et 42,84% pour les APW).
Ce qui ressort des locales de samedi est que les électeurs des grandes villes du pays, où le Hirak est solidement implanté, ne se sont pas rendus, dans leur écrasante majorité, dans les bureaux de vote. À Alger par exemple, le taux de participation est d'à peine 18,25% pour les APC et 16,27% pour les APW. Même topo à Oran où il n'a été que de 21,46% pour les APC et de 21,45% pour les APW. La capitale de l'est du pays, Constantine, n'a, elle aussi, pas massivement voté, enregistrant un taux de participation de 24,70% pour les APC et de 23,76% pour les APW.
Fait nouveau, cette aversion pour la chose électorale a gagné les wilayas de l'intérieur et du sud du pays qui, par le passé, votaient en force. C'est le cas de la wilaya de Sétif où le taux de participation a été de 35,66% pour les APC et de 32,78% pour les APW, de Béchar (37,38% pour les APC et 37,06 pour les APW) ou encore de Tamanrasset (50,07% pour les APC et 50,05% pour les APW). Autrement dit, la bouderie électorale, qui, par le passé, se limitait à la seule Kabylie, s'est quelque peu étendue et même aggravée ces deux dernières années, fragilisant, du coup, l'édifice électoral mis en place ces dernières années.
Une victoire morale pour le Hirak alors, et sans livrer bataille ? S'il est un peu tôt pour tirer des conclusions, il est possible d'avancer que l'esprit du Hirak et les grands espoirs qu'il a suscités chez beaucoup d'Algériens a pesé peu ou prou dans les résultats de ces élections. Mais de quoi ce faible taux de participation aux différentes élections a-t-il le nom ? Quel sens peut-on lui conférer ? D'aucuns peuvent bien invoquer la faiblesse de la campagne électorale menée par les partis et les indépendants pour expliquer cette nouvelle déception électorale. Ce qui n'est pas tout à fait faux en voyant certains candidats promettre monts et merveilles, alors que le président Tebboune, lui-même, a reconnu que plus de 900 des 1 500 communes que compte le pays sont très pauvres. On peut aussi avancer l'élément de la profusion de candidatures – plus de 50 partis et 900 listes d'indépendants étaient en lice – qui aurait pu avoir un effet repoussoir auprès des citoyens.
À coup sûr, l'écroulement du pouvoir d'achat des Algériens, par la faute d'une crise économique ayant frappé de plein fouet le pays, provoquée par la baisse des cours du pétrole, mais aussi de la pandémie de coronavirus, est aussi pour quelque chose dans cette apparente répulsion de l'Algérien pour le vote. Mais tous ces éléments d'analyse, aussi pertinents soient-ils, semblent bien insuffisants pour expliquer un phénomène d'une telle ampleur. Et ce refus de beaucoup d'Algériens d'aller choisir les élus qui vont s'occuper de leurs problèmes de tous les jours (eau, routes, etc.) peut être significatif d'une perte de confiance en la possibilité de réaliser un quelconque changement par le biais des élections, mais aussi d'un mécontentement populaire sur la gestion des affaires du pays. Autrement dit, le gouvernement semble n'avoir pas su rétablir la confiance déjà bien fragile entre le citoyen et l'Etat sans laquelle aucun projet politique ne peut être mené à bon port.
Aussi, les résultats de ce scrutin doivent interpeller toute la classe politique, partis et dirigeants, sommée en quelque sorte à des remises en question, voire à des révisions déchirantes, pour réconcilier l'Algérien avec la politique. C'est une urgence nationale, surtout qu'aujourd'hui, le bateau Algérie fait plus que jamais face à bien des vents contraires.

A. Chih


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