Plus de 4 000 officiers supérieurs de l'Armée populaire algérienne sont formés dans des écoles militaires russes. Le plus célèbre d'entre eux n'est autre que l'ex-président de la République, Liamine Zeroual. Depuis 1956, pas moins de 4 000 autres cadres civils (des ingénieurs, des médecins...) ont fait leurs études dans des universités et instituts de l'ex-URSS. Sans compter les 800 diplômés algériens qui ont préféré rester en Russie. Ces chiffres livrés par le Dr Mahmoud Ould Slimane, président de l'Association nationale des diplômés des universités et instituts de la Russie et autres républiques de la CEI (Andacei), témoignent de l'intensité des liens passés entre l'Algérie et la Russie. “Les liens d'amitié entre l'Algérie et la Russie remontent à la guerre de Libération nationale, époque pendant laquelle plusieurs étudiants algériens avaient fait leurs études en Russie. La coopération s'est poursuivie après l'indépendance du pays, puisque les autorités algériennes d'alors avaient pris l'option socialiste. Cette coopération intense a gardé la même cadence jusqu'en 1990 avec l'effondrement du bloc socialiste”, explique le Dr Ould Slimane. Ces élites russophones occupent de hautes responsabilités tant au plan politique, économique que dans la recherche scientifique. Plus de 10 ministres de la République algérienne, dont l'actuel patron de l'éducation nationale, ont fait leurs études en Russie. À Boumerdès, lieu symbolique de la coopération algéro-russe, deux vice-recteurs et trois doyens de faculté sont tous des russophones. “Ce qui témoigne aussi de l'étroitesse de cette coopération est ce millier de mariages mixtes. Dans ma promotion, il y avait 10 Algériens. 9 se sont mariés avec des Russes”, témoigne l'un d'entre eux. De ces unions sont nés plusieurs milliers d'enfants qui maîtrisent au moins 4 langues (arabe, russe, français et anglais). Pour le Dr Ould Slimane, tout ce beau monde a besoin de garder des liens avec la culture et la civilisation russes. Aussi, son association demande la réouverture du Centre culturel algérien à Moscou et appuie la volonté des Russes de rouvrir le Centre culturel soviétique à Alger fermé en 1989 pour raison économique. Aux yeux du Dr Ould Slimane, ceci témoigne de la volonté du président Poutine de “redorer le blason de la Russie à l'extérieur en donnant une place importante à une large diffusion de la langue et de la civilisation russo-soviétiques”. Aussi, il ambitionne de faire jouer à son association le rôle d'“interface pour créer un espace d'échanges entre les promoteurs économiques algériens qui veulent s'installer en Russie ou russes qui veulent investir en Algérie”. A. C.