L'Entreprise de gestion des services aéroportuaires de Constantine (EGSA), qui chapeaute les plates-formes aéroportuaires de la région est du pays, est éclaboussée par un scandale relatif aux procédures de gestion financière de l'entreprise. Des syndicalistes de l'entreprise viennent d'étaler sur la scène publique un dossier qui remet en cause l'ensemble de la fonction audit interne et externe de l'entreprise avec ses implications sur la sincérité des comptes. Ainsi, selon un membre de la direction du syndicat de l'entreprise, qui a préféré garder l'anonymat, “les comptes de l'entreprise sont audités et assainis par un comptable non agréé”. Pour ce syndicaliste, l'audit de l'exercice comptable de l'entreprise, et en vertu de la loi d'orientation relative aux EPE, a été réalisé par le commissaire aux comptes légalement désigné par résolution du conseil d'administration, à savoir M. B. Ce dernier a délégué l'opération à l'un de ses auditeurs, soit A. M. Une fois l'audit de l'exercice terminé et les réserves du commissaire aux comptes relevées (sur la base du travail effectué par A. M.), l'EGSA de Constantine a, et “au lieu de recourir à ses compétences internes pour appurer les comptes”, signé une convention avec ce même A. M. (employé dans une première étape chez M. B., commissaire aux comptes de l'EPE), en sa qualité cette fois-ci de commissaire aux comptes et d'expert comptable indépendant chargé de l'assainissement des comptes objets des réserves. En termes plus précis, les mêmes “auditeurs externes”, engagés par le conseil d'administration afin d'auditer les comptes pour veiller sur leur sincérité et garantir les intérêts des actionnaires, deviennent des auditeurs internes ou du moins des auditeurs-conseils des gestionnaires impliqués dans la gestion de l'exercice comptable objet de travaux de certification. Les syndicalistes qui dénoncent cette situation confuse, où un expert comptable est à la fois juge et partie, accusent, sur un autre volet, la DG d'avoir enfreint les règles relatives aux passations des marchés. En effet, selon eux, le marché de l'assainissement des comptes a été cédé au cabinet de “monsieur A. M.” pour un montant de 140 millions de centimes, sans passer par un appel d'offres ou une consultation, même restreinte. Plus, toujours selon ces syndicalistes, le commissaire aux comptes et expert comptable en question (A. M.) a employé, pour les besoins des tâches, des étudiants à lui qui étaient pris en charge par l'EGSA. Ils ajoutent : “Pour pallier ce manque de professionnalisme, il a recouru (A. M., ndlr) au recrutement du personnel déjà activant au sein de l'entreprise. Ces derniers, et contre rémunération, ont réalisé 80% du volume de travail.” Ils citent le cas du directeur des finances et de la comptabilité de l'entreprise. En plus de ces questions d'éthique (confusion entre auditeurs internes et externes) et de passation de marches, ces syndicalistes disposent aujourd'hui de la preuve que A. M. n'a jamais était agréé et ne figure pas au tableau de l'Ordre. Une correspondance du secrétaire général de l'Ordre national est venue leur confirmer cet état de fait. En attendant l'avis des mis en cause, restés injoignables durant la journée d'hier et après tout ce qui se dit sur la gestion de certaines entreprises, on est en droit de s'interroger aussi sur la façon dont elles sont auditées. M. K.