Seuls les pays du Golfe sont peut-être à la recherche d'une certaine autonomie, une sorte d'autosuffisance pour ce qui concerne la préservation du système politique qui est la monarchie absolue. Les troupes saoudiennes sont bien venues au secours de la monarchie menacée en tant que système politique au Bahreïn pour lutter contre les agresseurs de ce système, à savoir les populations majoritaires chiites bahreïnies. La solidarité autour de la sauvegarde de ce système est très forte, ce qui a amené les pays du Golfe (le CCG) à proposer aux royaumes du Maroc et de Jordanie d'adhérer au CCG. Une réalité fondamentale : c'est à partir de l'espace extra-arabe que se définissent les politiques internes et externes arabes. Deuxième réalité fondamentale : les accords de défense militaire entre les pays arabes et les pays occidentaux sont supérieurs aux accords du même genre contenus dans la charte de la Ligue arabe. Une preuve ? Sans consulter la Ligue arabe, le Qatar (et les pays du Golfe) avait donné la caution régionale arabe à la guerre contre l'Irak en mars 2003 alors que le Conseil de sécurité de l'ONU ne lui avait pas donné la caution internationale. Que reste-t-il de la charte de la Ligue arabe ? Une autre réalité fondamentale : les pays arabes s'approvisionnent en armes et équipements militaires sans concertation car il n'y a pas d'accord de défense commune. Ni complémentarité, ni interopérabilité. Objectifs bien lointains. Même pas ciblés. Une force d'action rapide ou de réaction rapide ? Quelque chose de ce genre existe pour les pays rassemblés du Golfe, les pays arabes bien sûr. Rien pour le reste. Deux problématiques arabes. La première concerne la contradiction entre le maintien des discours officiels arabistes et la soumission à des influences étrangères qui préfèrent parler du GMO, du Proche et Moyen-Orient et jamais du monde arabe. Deuxième problématique, comment résoudre la contradiction entre la souveraineté des Etats définie dans la charte des Nations unies comme traduisant l'interdiction d'ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat et les appels arabes à une intervention militaire en Syrie.