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Alger, Fenice, un jour d'apocalypse
Publié dans La Nouvelle République le 15 - 11 - 2019

Dans, «Alger, les ombres du temps», l'avenir semble indéfini, l'humanité sombre doucement vers l'intégrisme et le fanatisme androïde, la Dogma Cubiste qui veut prendre le pouvoir, met la ville à feu et à sang !
Fenice est une sorte de chevalier errant qui déambule dans la cité Blanche et il devra faire face à la horde maudite qui nous montre un aspect noir de la nature humaine dans une sorte de dictature intégriste qui devra subir l'idéal de liberté de ce héros aussi original qu'improbable créé par le sémillant plasticien bédéiste Virginio Vona, en compagnie du scénariste Iah-Hel. Paru en septembre 2019, «Fenice, Alger les ombres du temps» est une superbe bande-dessinée qui inscrit Alger la blanche dans un univers coloré fait de notes graphiques hallucinantes et hallucinées. Virginio Vona est un plasticien farouchement expressionniste, un peu fauve, toujours armé d'une bonne humeur qui relève de la légende pure. Habitué du Fibda, le plasticien qui a beaucoup d'attaches en Algérie, notamment à Annaba est chez lui ici-bas. Il est régulièrement présent au Festival de la Bande-Dessinée d'Alger, où il anime toujours des ateliers artistiques, fait des fresques et des happenings artistiques en compagnie des enfants malades, des amateurs de Bande-dessinée et autres aficionados de la bulle enchantée.
Pour cette fois, Virginio Vona édite un album aux éditions Dalimen pour une aventure qui, de par son caractère inédit, nous plonge dans un Alger expressionniste construit sur un univers futuriste un peu estampillé par son caractère graphique, sur un style un peu Old school en acrylique, fusains, encre de Chine et pastels gras qui donnent à cet album de 70 pages, l'allure d'une œuvre d'art quasiment collector aux amateurs des notes artistiques des auteurs légendaires qu'ont été Liberatore (Ranx-Xerox), Hugo Pratt, Enki Bilal, et beaucoup d'autres. L'auteur de «Fenice» ne manque d'ailleurs pas d'inscrire de nombreux clin-d'oeils dans cet album. L'histoire commence ainsi sur une citation d'Albert Camus qui dit : «La liberté n'offre qu'une chance d'être meilleur, la servitude n'est que la certitude de devenir pire.» Et puis, ce personnage, un peu énigmatique, perdu dans ses pensées, le cerveau encerclé dans des pérégrinations qui suivent le tracé de la ligne d'un train mystérieux, qui va de l'épicentre d'une ville dont on reconnait le cri des mouettes, les notes de chaleur d'un vent saharien qui vient poser sa poussière sur la ville, et aussi les invectives, les insultes et le mépris des autres assuré de la protection divine…
Iah-Hel, et Vona vont inscrire une intrigue féroce dans un univers dessiné fortement conceptuel entre un héros emblématique à la mèche rouge, flamboyante, un peu estampillé Manga par son dessinateur et la liberté de ton prend son cours pour inscrire cette histoire dans la prégnante tragédie terroriste algérienne qui a pris le pas sur une actualité qui aurait pu être autre. Ici, les deux auteurs sont terriblement sensibles à ce qui s'est passé durant cette sanglante décennie. Ils interprètent alors ce drame à travers un esthétique forte en graphismes nerveux, tonitruants, agités, le tout porté par un texte de Iah-Hel qui fort de sa connaissance de l'Algérie pose un scénario sensiblement obscur pour «illustrer» par son texte une situation dont on subit encore les contrecoups.
Mais cette histoire emprunte le chemin du trait, de l'aplat et de la couleur pour nous mener vers une issue assez optimiste, Virginio Vona a succombé à son optimisme tout naturel pour poser des pistes colorées assez franches pour sortir des ornières obscures liées l'histoire de cet album qui offre en bonus des planches dessinées très intéressantes ou les définitions Dantesques sont à leur place avec les différents strates de l'enfer vus par Dante lui-même, s'ensuivent quelques planches intéressantes très artistiques qui montrent toute l'étendue du talent de Vona pour les grandes plages d'aventures qu'il dessine et exprime dans son travail.
«Fenice Alger, les ombres du temps» est un superbe exercice de style plastique à l'expressivité qui impose le respect. En, effet, la prescription des étudiants et jeunes artistes des Beaux-arts qui ont parcouru l'album ont émis des «wawww !» bruyants face à ce travail de Titan dont on devine le format, car il semble que le travail plastique n'a pas été fait dans un format minuscule et Virginio s'est éclaté à réaliser des planches immenses qui donnent une sensation impressionnante à cette réalisation. En effet tout concoure à une «dégustation» épicée d'un genre qui en Algérie pourrait être inédit de par la force et l'originalité d'une regard porté sur un Alger qui reste immaculé, mais qui conceptuellement a été longuement avec le reste du pays entaché du rouge des braves et des autres…
Dans une dédicace terrible, Vona écrit : «Je suis ce que l'on me prête !!!» il laisse le mystère planer, loin d'avoir les cheveux rouges sous sa casquette vissée sur la tête, il nous met le doute…peut-être est-il un avatar caché de ce cher Venice, héros déchu par sa propre réflexion, pour l'instant la réponse est dans son escarcelle magique, faite de crayons acryliques de toutes les couleurs, de fusains terrifiants et de pastel gras rassurants… le reste c'est pour le lecteur qui doit faire le reste du voyage en allant à la rencontre de cette œuvre franchement magnifique.
«Fenice, Alger les ombres du temps», album bande-dessinée futuriste, 70 pages, paru aux éditions Dalimen, Alger, 2019, prix public, 1900 DA.


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