La rencontre des demi-finales s'est soldée par la victoire des Malgaches à la séance de tirs au but. Mais avant, les deux équipes se sont neutralisées (0-0). Au retour des vestiaires, le Kenya s'est montré plus agressif et a ouvert le score à la 48e, grâce à Omja. L'envie des Barea ne s'est pas laissé emporter par le jeu du Kenya. A la 69e minute coup de tonnerre dans le ciel de Naïrobie. Madagascar égalise sur penalty transformé par Razafimaro (1-1). Ce score reste inchangé jusqu'à la fin du temps réglementaire et des prolongations. Il a fallu la séance de tirs au but pour départager les deux équipes, et c'est le Madagascar qui s'est montré plus adroit dans cet exercice (4-3 tab). Le CHAN s'offre une très belle affiche ce soir Conséquence de cette qualification en finale, c'est le CHAN 2025 qui va offrir ce soir une affiche inédite pour sa finale ce samedi 30 août à Nairobi, au Kenya. Le Madagascar va pour sa première fois tenter de remporter un titre continental face à l'équipe africaine bien placée au classement FIFA, le Maroc. Ce soir, quel que ce soit le résultat, nous sortons tête haute de cette compétition, et ce sera les nations amies qui évoquerons notre passage à cette compétition, mais en attendant, nous sommes optimistes nous joueront de toutes nos forces pour le trophée. Ils promettent donc de réaliser un exploit face aux Lions de l'Atlas. Les médias consacrent leur «Une» à cette jeune formation Le Madagascar vit aussi, chez elle, en ce moment un rêve éveillé. Toute l'île vibre déjà pour sa sélection nationale, déclenchant une explosion de joie dans les rues d'Antananarivo, la capitale, comme dans tout le Madagascar. «Ils prouvent tout simplement que les Barea sont plus qu'une équipe: ils sont devenus le symbole d'une nation rassemblée», raconte L'Express de Madagascar. Les journaux malgaches titrent en Une à la hauteur de l'événement : «Historique» pour l'Express de Madagascar. «Héroïques Barea en finale à dix contre onze», souligne Midi Madagasikara. «Les Barea écrivent l'histoire», s'enflamme Madagascar Tribune. Héros du jour, le buteur Toky Niaina Rakotondraibe. De telles occasions de fièvre nationale sont plutôt rares sur la Grande Île, mais les sélections malgaches de football n'y sont pas étrangères. Les Barea ont déjà suscité la liesse populaire lors de l'épopée de 2019, pour la CAN, cette fois-ci, qui comprend aussi des joueurs évoluant à l'étranger, en s'inclinant en quarts de finale pour leur première participation. En 2022, la sélection malgache présente au CHAN, avec des joueurs exclusivement issus des championnats locaux, avait décroché une troisième place face au Niger. Les adverses sur le qui-vive Les Lions de l'Atlas n'ont «qu'une» victoire à la CAN en 1976 mais nourrissent de grandes ambitions pour la CAN 2025 que le Maroc organise. Faut inscrire que pour la CHAN, le Maroc fait figure d'ultra favori, en tant que double vainqueur de la compétition (en 2018 et 2020), un exploit que seule la République Démocratique du Congo égale (2009, 2016). Les grands clubs marocains comme le Wydad AC ou le Raja CA ont chacun déjà remporté à trois reprises la Ligue des Champions de la CAF. Sur le papier, les Lions de l'Atlas du CHAN seront au-dessus du lot face à leurs adversaires malgaches. Reste qu'une finale se gagne sur le terrain et les Barea qui n'ont rien à perdre vont à coup sûr vendre chèrement leur peau face aux Lions de l'Atlas. Le président malgache Andry Rajoelina n'a pas manqué de s'associer à cette véritable ferveur populaire : dans une vidéo postée sur son compte Facebook, il a promis aux supporters malgaches à destination de Nairobi, un billet à moitié prix avec un avion affrété spécialement pour l'occasion aux frais de l'Etat. Sur l'équipe Malgache «On a façonné depuis trois ans cette équipe de binationaux avec des joueurs d'origine malgache, a expliqué Nicola Dupuis sur RMC, ex l'entraîneur français qui avait mené la sélection malgache jusqu'en quarts de finale lors de ses débuts dans la Coupe d'Afrique des Nations… Avant, il y avait un quota de quatre ou cinq expatriés. Le reste, c'était des joueurs locaux et comme il n'y avait pas de championnat au Madagascar, c'était compliqué. On ne faisait pas jouer les meilleurs joueurs malgaches. On s'est concentré pour chercher et c'est comme ça que des joueurs comme Métanire, Fontaine, Mombris, Morel sont arrivés... On a pu faire une équipe compétitive».