En France, le procès en appel des dirigeants du Rassemblement national n'est pas une simple affaire judiciaire. C'est un test moral pour la société française. Pendant plus de dix ans, des millions d'euros d'argent public européen ont été détournés pour financer l'appareil d'un parti politique. De l'argent destiné au travail parlementaire a servi à payer des permanents militants. Des contrats fictifs ont été signés. Des règles élémentaires ont été bafouées. Et tout cela, selon l'accusation, sous l'autorité directe de Marine Le Pen. Ce n'est pas une maladresse. Ce n'est pas une erreur administrative. C'est une fraude organisée. Le parquet parle d'un système « pensé et structuré ». Il décrit un mécanisme mis en place pour « optimiser » l'usage des fonds européens au profit exclusif du parti. Autrement dit : voler légalement l'argent du contribuable, puis crier à la persécution quand la justice passe. Ce fonctionnement, méthodique, hiérarchisé, dissimulé, relève moins de la vie politique normale que de pratiques mafieuses. Une véritable mafia politique a été installée au cœur même d'un parti prétendument respectable : un réseau organisé pour capter des fonds publics, les détourner et les recycler au profit d'intérêts professionnels privés. Voilà donc la réalité du prétendu « parti antisystème » : un appareil qui prospère grâce à l'argent public qu'il prétend dénoncer, en utilisant des méthodes dignes du grand banditisme. Ironie de l'histoire, le Rassemblement national passe son temps à accuser les pauvres et les immigrés de frauder l'argent public. Or les vrais fraudeurs, ce sont eux. Ceux qui ont détourné des millions d'euros, ce sont les dirigeants du RN. Ceux qui ont pillé les fonds européens, ce sont les cadres du RN. Les donneurs de leçons de probité ne sont qu'une mafia politique prise la main dans le sac. Dans n'importe quelle société digne de ce nom, une telle affaire entraînerait une disqualification immédiate. Les responsables seraient bannis de la vie publique. Leur parti serait frappé d'indignité. Mais en France, pays où l'impunité des puissants est devenue une seconde nature, les dirigeants mis en cause se posent déjà en victimes. On dénonce un « complot des juges », on parle de « cabale politique », on crie à l'atteinte à la démocratie – cette même « démocratie » bourgeoise qui permet au RN de pérenniser sa politique de captation d'argent public, entre subventions et fraudes répétées. Le RN s'enrichit ainsi doublement sur le dos des contribuables. Pourtant les faits sont têtus. Des millions d'euros ont disparu. Des assistants ont travaillé pour le parti et non pour les députés. Les preuves de travail parlementaire effectif sont inexistantes. Les témoignages sont accablants. Tout cela dessine un mode d'organisation typiquement mafieux : opacité, faux contrats, chaînes de commandement occultes, captation illégale de ressources publiques, solidarité de clan pour couvrir les responsables. Le Rassemblement national, qui prétend donner des leçons de probité à la terre entière, est rattrapé par sa propre duplicité. La question posée n'est donc pas seulement celle de Marine Le Pen. Elle est bien plus vaste : un parti politique qui détourne systématiquement l'argent public, en agissant comme une mafia électorale, peut-il continuer à exister comme si de rien n'était ? La réponse devrait être évidente. Une « démocratie » authentique ne peut pas se contenter de condamner quelques individus tout en laissant intacte la machine qui a permis la fraude. Sanctionner des personnes sans démanteler l'organisation reviendrait à traiter les symptômes sans soigner la maladie. Or la maladie, ici, est profonde : elle s'appelle un système mafieux institutionnalisé au sein d'un parti dirigé par la famille Le Pen depuis plus d'un demi-siècle. L'inéligibilité des dirigeants est nécessaire. Mais elle ne suffit pas. Quand une structure politique fonctionne comme une entreprise de détournement de fonds, quand elle adopte des méthodes comparables à celles d'une mafia, la seule sanction cohérente est sa disparition pure et simple. La dissolution du Rassemblement national devrait être l'issue logique de ce scandale. Car que dirait-on d'une association reconnue coupable de fraude massive ? On la fermerait. Que ferait-on d'une entreprise condamnée pour escroquerie organisée ? On la dissoudrait. Pourquoi un parti politique employant des méthodes mafieuses devrait-il être épargné ? Parce qu'il crie plus fort ? Parce qu'il menace ? Parce qu'il instrumentalise l'électorat populaire qu'il prétend défendre ? Ou parce que la bourgeoisie française a besoin de cette mafia politique comme épouvantail commode, comme repoussoir électoral, comme outil de chantage permanent pour rabattre les électeurs vers les partis du système au nom de la prétendue « défense de la démocratie » menacée par le fascisme ? Le peuple travailleur, lui, connaît une autre réalité : la tolérance zéro pour les humbles, l'indulgence maximale pour les puissants. Un chômeur qui fraude quelques euros est puni sans pitié. Un parti qui détourne des millions avec des méthodes mafieuses exige des excuses. Certains médias, notamment CNews, ont même transformé ces politiciens fraudeurs en martyrs. Quelle indécence. Cette hypocrisie doit cesser. Un mouvement politique qui a bâti son ascension sur le mensonge, la fraude et des pratiques dignes d'une mafia n'a aucune légitimité à gouverner. Il ne s'agit pas de vengeance. Il s'agit de salubrité publique. Car un parti délinquant, gangrené par des comportements mafieux, ne se réforme pas : il se dissout. Et tant que la France refusera cette évidence, elle continuera à s'enfoncer dans l'imposture « démocratique » où les voleurs d'en haut, organisés comme une mafia, donnent des leçons de morale à ceux d'en bas.