kLundi soir, la Maison de la Culture et des Arts « Kateb Yacine » de Sidi Bel-Abbès s'est transformée en écrin musical pour accueillir une soirée placée sous le signe de la tradition andalouse.Dans une atmosphère empreinte de recueillement et d'élégance, la chanteuse Leïla Borsali a offert au public belabessien un moment rare, dédié aux amoureux de musique andalouse et aux passionnés de ce patrimoine séculaire. Dès les premières notes, l'artiste a su installer une ambiance feutrée, presque suspendue. Elle a ouvert la soirée avec une sélection raffinée de mouachahates et de poèmes andalous, interprétés avec une maîtrise vocale remarquable. Sa voix, ample et nuancée, a épousé chaque modulation avec finesse, révélant un sens aigu de l'émotion et une profonde compréhension des subtilités de ce répertoire. Très vite, la salle s'est laissée porter par ces sonorités envoûtantes, ponctuant les prestations d'applaudissements nourris. Le pogramme, soigneusement élaboré, a brillé par sa richesse et sa diversité. Leïla Borsali a navigué entre différents modes et rythmes, passant d'ambiances méditatives à des passages plus vibrants, sans jamais rompre l'harmonie de l'ensemble. Chaque pièce semblait raconter une histoire, convoquant l'héritage andalou dans toute sa splendeur. Loin d'une simple reproduction du passé, son interprétation a donné à ce legs musical une vitalité contemporaine, tout en respectant ses codes et son identité. Le contexte du mois de Ramadan a conféré à la soirée une dimension particulière. Les mélodies, empreintes de douceur et de profondeur, se sont accordées à l'esprit de ce temps spirituel. Il en est résulté une communion sincère entre l'artiste et son public, dans un équilibre subtil entre élévation intérieure et plaisir esthétique. Cette rencontre a ainsi marqué un lancement prometteur des soirées musicales programmées pour la saison. À l'issue du concert, la chanteuse a exprimé sa joie de se produire devant le public de Sidi Bel Abbès. Elle a rappelé que la musique andalouse dépasse le simple cadre artistique : elle incarne, selon elle, un message culturel et esthétique porteur de valeurs d'authenticité et de raffinement. Elle a également souligné l'importance d'un engagement collectif pour préserver ce patrimoine, insistant sur la nécessité de soutenir durablement les initiatives culturelles qui œuvrent à sa transmission. De son côté, le directeur de la culture et des arts de la wilaya, Abdelhak Amer Ben Rahou, a précisé que cette soirée s'inscrit dans le programme mis en place pour animer les nuits ramadanesques. L'objectif affiché est clair : dynamiser la scène culturelle locale et offrir au public l'occasion de découvrir ou redécouvrir les différentes expressions du patrimoine musical. Il a également indiqué que la direction entend inviter des figures artistiques de renom afin d'enrichir davantage la vie culturelle de la région. Les spectateurs, nombreux, n'ont pas caché leur admiration. Plusieurs d'entre-eux ont salué la qualité artistique de la prestation et l'organisation de l'événement. Pour eux, ce type d'initiative contribue à cultiver un goût musical exigeant et à renforcer le lien avec l'héritage national. La soirée s'est achevée dans une ambiance chaleureuse, sous les ovations d'un public conquis. Longuement applaudie, Leïla Borsali a quitté la scène en laissant derrière elle l'écho d'un art ancestral toujours vivant. Cette nuit andalouse a rappelé, avec éclat, la place essentielle qu'occupe ce répertoire dans le paysage culturel algérien. D'autres rendez-vous artistiques sont attendus tout au long du mois sacré, promettant des instants où tradition, émotion et spiritualité continueront de se rencontrer.