Le président russe Vladimir Poutine a dressé, lors d'une réunion au Kremlin, consacré à la situation sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz, un constat alarmant des conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient. Il a souligné que les perturbations dans les livraisons de pétrole et de gaz provoquées par cette crise portaient un coup sévère à l'ensemble de l'architecture économique internationale. « Nous assistons à des difficultés logistiques sur les voies d'acheminement des hydrocarbures, et ces difficultés portent très gravement la production mondiale et les chaînes d'approvisionnement. Elles pénalisent l'industrie et tout le système des relations économiques internationales», a déclaré le chef de l'Etat. Vladimir Poutine a rappelé que Moscou avait prévenu à plusieurs reprises que les tentatives de déstabiliser le Moyen-Orient affectaient inévitablement le système global d'échanges de carburant. Il a fait remarquer qu'en une semaine, les prix du pétrole sur le marché mondial avaient augmenté de plus de 30%, dépassant notamment 119 dollars le baril, les fluctuations continues de s'amplifier. Dans ce contexte, le président russe a observé que la concurrence entre pays consommateurs pour sécuriser les fournisseurs capables d'assurer des livraisons stables et prévisionnelles d'hydrocarbures se renforçait dans le monde entier. « La concurrence s'aiguise entre les acheteurs pour s'attacher des fournisseurs d'énergie et garantir des approvisionnements réguliers et fiables en pétrole et en gaz », a-t-il souligné. Face à cette situation, Vladimir Poutine a réaffirmé que la Russie continuerait d'approvisionner en pétrole et en gaz les pays qui se comportaient en acheteurs fiables, en particulier la Slovaquie et la Hongrie. « La Russie est un fournisseur d'énergie fiable. Elle l'a toujours été. Nous poursuivrons naturellement nos exportations vers les Etats qui sont eux-mêmes des partenaires contractuels dignes de confiance, aussi bien en Asie-Pacifique qu'en Europe de l'Est », a-t-il insisté. Le président russe a également indiqué que Moscou n'avait rien contre la fourniture d'hydrocarbures à l'Europe, mais que les entreprises et les consommateurs européens devaient être disposés à assurer un travail conjoint durable, sans conjoncture politique. Selon lui, l'UE doit donner un signal pour faire comprendre qu'elle était prête à se réorienter. Moscou n'a jamais refusé de coopération en matière d'énergie avec les Européens, a conclu le chef d'Etat.