Aissaoui Boualem, membre de l'Autorité nationale de protection des données à caractère personnel (ANPDP) s'est exprimé, hier mercredi, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne, sur la récente délibération rendue publique par l'Autorité nationale concernant les règles d'utilisation des systèmes de vidéosurveillance sur les lieux de travail, les motivations de cette décision et les nouvelles dispositions qui encadrent l'usage des caméras dans les entreprises et les espaces ouverts au public. L'hôte de l'émission ''L'invité du jour'' sur la Chaîne III de la Radio algérienne, Aissaoui Boualem a expliqué, hier, que «l'Autorité nationale, dans ses attributions, est là pour veiller à ce qu'il y ait une protection maximale des droits des personnes et des biens», explique-t-il, précisant que «la délibération vise à clarifier l'application de la loi relative à la protection des données personnelles, notamment dans un domaine devenu très courant : la vidéosurveillance.» La décision de l'ANPDP intervient dans un contexte d'utilisation croissante des caméras dans les entreprises, les centres commerciaux et d'autres espaces fréquentés par le public, a précisé le membre de l'ANPDP lors de son intervention à l'émission de la Chaîne III. Pour l'Autorité, ajoute Aissaoui Boualem, «il était nécessaire de rappeler les règles encadrant l'utilisation des images captées par ces dispositifs». Par ailleurs, Aissaoui Boualem a expliqué que la délibération de l'ANPDP rappelle également les droits dont disposent les travailleurs lorsqu'ils sont filmés sur leur lieu de travail. Aissaoui Boualem rappelle que la loi prévoit plusieurs droits fondamentaux, dont «le droit à l'information», «le droit d'accès», «le droit de rectification» et «le droit d'opposition». «Toute personne peut exercer ces droits conformément aux articles 32, 34, 35 et 36 de la loi», souligne-t-il. Concrètement, un employé peut demander à consulter une image qui le concerne ou exiger qu'elle ne soit pas utilisée à d'autres fins que celles prévues initialement. Aussi, l'intervenant a expliqué que certaines zones sont strictement exclues de toute vidéosurveillance afin de préserver l'intimité des personnes. C'est notamment le cas des toilettes, des vestiaires ou des cabines d'essayage. Dans les lieux ouverts au public, les responsables des espaces doivent afficher clairement que les lieux sont placés sous surveillance. Selon lui, «l'utilisation abusive des images captées par les caméras peut entraîner des conséquences judiciaires. Lorsqu'une image est utilisée à des fins autres que celles déclarées, la personne concernée peut engager une procédure». D'autre part, la question du transfert des données personnelles vers l'étranger constitue également un volet important de la réglementation. Selon Aissaoui Boualem, l'ANPDP agit à travers deux types d'actes : la déclaration et l'autorisation. «L'autorisation est un acte plus important que la déclaration», soulignant que «lorsqu'une entreprise souhaite transférer des données personnelles vers l'étranger, elle doit déposer un dossier auprès de l'Autorité. Deux conditions principales sont alors examinées : l'identification d'un interlocuteur clairement établi à l'étranger et l'existence dans le pays destinataire d'un cadre légal ou d'une autorité garantissant la protection des données personnelles».