Les propos tenus, dimanche, par Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine de football n'ont pas suffi à apaiser la colère du camp sénégalais. Après avoir appelé à l'apaisement et refusé de commenter la décision du jury d'appel de la CAF, qui a donné la victoire sur tapis vert au Maroc (0-3) après les incidents survenus, le 18 janvier dernier, lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations, il avait en effet indiqué que la CAF se rangerait à la décision du Tribunal arbitral du sport. Le ton était autrement plus virulent, lundi, dans la bouche d'Edouard Mendy, le gardien sénégalais. Présent en conférence de presse à la veille du match amical contre la Gambie, l'ancien Rennais est en effet revenu sur ses déclarations au sortir du match face au Pérou, samedi, au Stade de France. « Une instance qui avance moins vite que le football », avait-il confié après la victoire 2-0 des Lions de la Terranga. Le gardien sénégalais a explicité son propos, tirant à boulets rouges sur les dirigeants de la CAF. « Je pense malheureusement que c'est devenu monnaie courante dans notre continent que la CAF ne réponde pas aux attentes, a-t-il déploré pour commencer. Et malheureusement comme je l'ai dit, c'est le football africain qui en pâtit. Quand j'ai dit que le football africain avance plus vite que les instances, c'est qu'aujourd'hui vous voyez des joueurs africains dans les meilleurs clubs du monde, gagner des trophées, représenter le continent et ce qui se fait de meilleur ici. Mais par une poignée de personnes, ce travail est endommagé. » « Aujourd'hui on ne peut pas avoir le respect que l'Euro rapporte ou la Copa America, parce que justement on n'a pas des instances solides qui mettent notre compétition au rang où elle devrait être », a-t-il poursuivi, ajoutant : « On se plaint de beaucoup de choses, que la CAN n'a pas le rang qu'elle mériterait, mais je pense qu'il faudrait commencer par faire notre autocritique et l'évaluation de nos instances. Il se passe des choses qui ne se passeraient pas dans d'autres confédérations ».