La visite en Algérie du pape Léon XIV a été l'occasion de mettre en lumière l'image d'un pays « ouvert », « attaché à ses valeurs » et résolument engagé dans le dialogue international. C'est ce qu'a souligné le directeur des concours coraniques au ministère des Affaires religieuses et des Waqfs, Abdelhamid Hechad, évoquant un moment à forte portée symbolique, spirituelle et politique. Intervenant mardi dans l'émission « L'invité du jour » sur la Chaîne III de la Radio algérienne, il a estimé que « la présence du pape et les gestes de respect mutuel observés durant cette visite illustrent parfaitement l'esprit de coexistence et de reconnaissance réciproque ». Selon lui, cet événement réaffirme une conviction essentielle : « La foi, lorsqu'elle est solidement ancrée, ne craint pas la différence, mais s'enrichit du dialogue et de la rencontre avec l'autre ». Pour Abdelhamid Hechad, cette visite constitue « un événement marquant, porteur d'un message universel de paix et de dialogue entre les religions ». Il a rappelé que l'islam repose sur des valeurs de tolérance et d'ouverture, affirmant que « l'islam, bien qu'il soit considéré comme la dernière des religions révélées, se distingue par sa dimension protectrice à l'égard des autres croyances ». Insistant sur les fondements doctrinaux, il a souligné que l'un des principes essentiels de l'islam réside dans « l'absence de contrainte en matière de religion », garantissant ainsi la liberté de conscience et de culte. Cette vision, a-t-il précisé, s'inscrit dans une approche plus large de la loi islamique, qui vise à préserver non seulement la religion musulmane, mais également les autres religions. À cet égard, il a évoqué l'exemple du Prophète Mohammed (QSSL), modèle de tolérance et de respect envers les autres communautés, rappelant notamment l'épisode historique de l'accueil de chrétiens de Najran dans la mosquée de Médine. Un fait marquant qui illustre, selon lui, une tradition ancienne d'hospitalité et de dialogue interreligieux. Revenant sur les relations entre les peuples, Abdelhamid Hechad a insisté sur la nécessité de privilégier la paix à la confrontation. « La relation entre les musulmans et les autres peuples doit être fondée sur la paix », a-t-il affirmé, estimant que « l'humanité constitue un socle commun, au-delà des différences religieuses ». Dans ce contexte, il a appelé les Algériens à appréhender la visite du pape dans sa dimension globale, en soulignant son importance à la fois politique, médiatique et spirituelle. Selon lui, cette rencontre entre deux grandes communautés religieuses mondiales revêt une portée particulière, d'autant que « derrière le Vatican se trouvent plus d'un milliard de catholiques, tout comme l'islam rassemble une communauté d'ampleur comparable ». Il a ainsi considéré cette visite comme une véritable opportunité de rapprochement et de coopération face aux défis contemporains, notamment dans un contexte international marqué par des tensions et des conflits. « Le dialogue entre grandes religions pourrait constituer un rempart contre les logiques de guerre et de division », a-t-il estimé, saluant les discours en faveur de la paix et du vivre-ensemble. Sur le plan historique, Abdelhamid Hechad a rappelé que l'Algérie a toujours été une terre de coexistence religieuse. Il a notamment cité l'exemple de l'émir Abdelkader, qui protégea des chrétiens à Damas en 1860, illustrant une tradition de respect et de solidarité au-delà des clivages. Djamila Sai