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L'ETRHB, la forge des Haddad
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 06 - 04 - 2010

ETRHB, l'entreprise des «frères Haddad» a acquis désormais une grande visibilité sur la scène économique et… médiatique. Qui est qui ? C'est le profil de la semaine.
On ne retient pas aisément ce sigle : ETRHB. Les experts en communication diront même qu'il est anti-marketing. Mais il ne s'agit pas d'une marque de produit de consommation qui aurait besoin d'être mémorisée pour mieux être vendue. Juste cinq lettres qui renvoient à des activités de service dans lesquelles se sont investis six frères, les frères Haddad.
L'entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiment-Haddad créée en 1987 est aujourd'hui un des acteurs majeurs de l'économie nationale. Pendant de longues années, elle a évolué dans la discrétion, comme le font d'ailleurs, à la base, les familles pétries dans l'effort et l'abnégation.
La figure de proue des Haddad, c'est Ali, le PDG du groupe. Son dernier challenge : lever des fonds sur le marché obligataire. Challenge réussi avec le concours de sept investisseurs institutionnels dont la Banque Nationale d'Algérie, la Caisse Nationale d'Epargne et de Prévoyance et la Société Générale Algérie. Six milliards de dinars ont été levé qui serviront, en partie, à financer le programme d'investissement d'ETRHB sur la période 2010-2014.
Aujourd'hui, Ali Haddad, 45 ans, trône sur un chiffre d'affaires annuel qui dépasse les 10 milliards de dinars. D'autres entrepreneurs privés réalisent le double ou le triple depuis une décennie déjà. Les Haddad, eux, vont à leur rythme. Ils emploient déjà plus de 10 000 personnes. Outre les travaux routiers, ils se sont investis dans les travaux maritimes, la construction de voies ferrées, la production de matériaux de construction, la promotion immobilière, l'hôtellerie, la commercialisation d'engins de travaux publics et la vente de bitumes. En 2002 et 2006, le Groupe a racheté deux entreprises publiques (bitume, Etudes et Maîtrise d'œuvres). Des logements, il en a surtout construit à Constantine. Dans la capitale, il doit sa notoriété aux multiples trémies et axes routiers qu'il a tracés en respectant les délais impartis. Les algérois respectent ceux qui tiennent leurs engagements.
Une visibilité plus grande
Bien avant d'aller à la conquête de la capitale, Ali Haddad et les siens ont réalisé leur premier ouvrage d'art – long de 4,5 km – dans leur ville natale : Azzefoun, wilaya de Tizi-Ouzou. Ingénieur en génie civil, Ali Haddad est également titulaire d'un MBA (Master of business administration). Il préside le groupe depuis sa naissance. L'expérience et le savoir-faire accumulé avec ses frères lui permettent d'envisager l'avenir avec sérénité puisque l'investissement prévu sur les cinq prochaines années tourne autour de 16 milliards de dinars. Il a tissé des liens avec plusieurs partenaires étrangers. Il est membre du Conseil d'affaires algéro-saoudien. Il a obtenu le prix de la meilleure image de marque décerné par Trade leaders club en 2007, ainsi que la médaille du mérite industriel décernée par la Fondation pour l'industrie nationale algérienne en 2007.
La multiplicité de ses activités a rendu le Groupe Haddad de plus en plus visible. Si visible, qu'un des frères, Meziane, a été kidnappé en 2006, et heureusement relâché cinq jours après, sain et sauf, vraisemblablement après paiement d'une rançon. Un mauvais souvenir que la famille veut oublier.
Les pieds sur terre
Désormais, les Haddad, avec Ali comme timonier, veulent compter, peser. Ils fondent deux quotidiens : Le Temps d'Algérie en français et Wakt El Djazaïr en arabe, et l'hebdomadaire sportif «Le Temps des Sports». Finie la discrétion des premières années de l'ETRHB ! Avec leurs deux journaux les Haddad disent vouloir «asseoir une certaine notoriété». Objectivement, ils soutiennent la politique gouvernementale. Normal. Le contraire n'aurait pas permis d'accéder à un emprunt obligataire institutionnel. C'est un choix. Pour la presse, le Groupe Haddad entend créer son propre réseau de distribution et se payer quatre imprimeries : au sud, à l'ouest, au centre et à l'est. Est-ce que cela garantira l'autonomie de ses publications ? On semble le penser tout en affichant un certain dédain vis-à-vis de la politique. «Dès que l'autorisation me sera accordée, je lancerai une chaîne de télévision apolitique», déclarait récemment Ali Haddad à un confrère. Apolitique, comme la tunisienne Nesma TV, seul format accepté par le palais de Carthage ?
Cela dit, tout en se mettant résolument sous les feux des projecteurs, le Groupe Haddad garde les pieds sur terre. Il se projette dans une aire géographique naturelle. Il prévoit «l'extension de ses activités vers la Tunisie, la Libye et le Maroc».


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