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Encore plus indigné, Monsieur Khadra
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 29 - 06 - 2011

Ambassade du Bahreïn à Paris pour bien souligner le caractère de tirs groupés, mise au point tonitruante, débarquement d'alliés. Il ne manquait plus, hier, en réponse à l'indignation du chroniqueur, qu'un bataillon du «bouclier de la péninsule» envoyé par les Saoudiens. L'ambassade y confirme qu'une poétesse Bahreïni a été arrêtée parce qu'elle a dit un poème contre la monarchie et Yasmina Khadra ajoute qu'elle a présenté ses excuses à la télé du Roi (sachant ce que valent les excuses télévisées sous les dictatures). Pour les autres morts de la place de la Perle, et bien ils sont morts. On aurait pu s'arrêter au comique de la situation d'un écrivain de talent qui explique qu'il va au Royaume des Al Khalifa pour faire ce qu'il ne fait pas dans son pays : libérer des prisonniers, enquêter sur des atteintes aux droits de l'homme, rétablir la vérité et demander des grâces. Sauf que la lecture de la réponse Khadra est intéressante du point de vue de la psychologie : s'y confirme cet étrange paradoxe entre un écrivain doué et un personnage qui bascule sans effort dans la paranoïa devenue naturelle. Tout ce que vous pouvez dire de Khadra à Khadra, il le prendra pour une attaque personnelle, une traîtrise et une jalousie. Le vocable de ses réponses aux «détracteurs» ressemble d'ailleurs aux pires paroliers des chanteurs Raï : on y retrouve le mauvais œil, la dénonciation des «jaloux», la plainte et la solitude de l'incompris.
Khadra croit que l'amitié est une forme d'allégeance et croit que toute critique de son œuvre est la preuve qu'on le jalouse. En Algérie, comme ailleurs, le personnage reste admiré pour son talent mais fait rire à propos de ses croisades de ventilateurs. On aime le lire mais sa course à la reconnaissance est devenue agaçante. Il est devenu impossible de parler de cet homme et de son œuvre sans qu'il vous charge et vous pend haut et court. Dans les milieux de presse ou du monde de l'édition, rares sont ceux qui n'ont pas eu droit à «sa réponse» systématique, dénonçant la jalousie et l'œil des envieux. Khadra entend des coups de feu partout, voit bouger les buissons comme à l'époque de la guerre et soupçonne de traîtrise tout ceux qui disent non à son délire. C'est une guerre de libération personnelle contre un ennemi qui n'a jamais existé.
Pour la réponse d'hier, le chroniqueur est encore étonné par sa violence et sa grossièreté et sa méchanceté disproportionnée. On y est presque forcé de croire que Khadra répond à un cauchemar personnel, un ennemi intime et pas à une critique. Les mots y sont grossiers, les explications oiseuses et le procès du chroniqueur d'une rare violence. L'exercice de liberté est donc impensable dans l'univers de cet écrivain : on y a droit à deux postures : le garde-à-vous ou le procès. Dire ce que l'on pense dans sa proximité est le signe d'une trahison. Ecrire que cet homme a tort est la preuve d'une embuscade. L'attitude de cet homme fait rire en Algérie mais peu osent le lui dire en face. C'est ce qu'a fait le chroniqueur au nom d'une ancienne amitié qui ne doit pas être confondue avec basse allégeance. Le chroniqueur ne croit pas à l'immunité qu'impose le copinage. Il s'est donné cette liberté de parler du pays et des siens sans recourir à l'insulte, à la haine ou au compromis. Une liberté que Khadra n'arrive pas à concevoir, ni à admettre, ni à imaginer : enfant d'une sévérité mutilante, il continue de confondre guérilla et critique, livres et victoires militaires, médailles et talent. Le chroniqueur, dans son indignation à propos de cet écrivain, a essayé de garder la mesure et les bonnes manières et d'expliquer qu'il s'agit d'un devoir que d'attirer le regard d'un homme sur le risque du comique de sa posture. Le chroniqueur a usé de la phrase la plus neutre et de la mesure la plus proche de la justesse pour parler de cet homme, sachant qu'il allait se heurter à une susceptibilité légendaire et à une violence habituelle chez cet homme qui ne conçoit ni la liberté des autres, ni leur libre critique, ni leur indépendance en dehors de son univers ou contre son univers. Cela n'a servi à rien. Si vous dites du bien de Khadra, Yasmina en sera jaloux. C'est un univers clos. On ne remerciera peut-être jamais les divinités d'avoir fait en sorte que les personnages de Khadra sont meilleurs que sa personne. Si tous lui ressemblaient, on aurait eu droit à quelques bons «livres verts» à lire sous la menace et pas à de bons romans. Mais passons. Il faut remercier aussi le destin : avec un président pareil, le chroniqueur aurait pourri dans les prisons du pays pour une seule chronique.
Monsieur Khadra, réveillez-vous donc : arrêtez de courir après les prix, arrêtez de croire que personne ne vous aime, arrêtez de promener cette haine de soi par le biais de la méfiance envers vos compatriotes. Acceptez la liberté des autres, leurs efforts et leurs différences. Essayez de ne pas être le centre du monde et votre monde deviendra plus grand. Le chroniqueur dit ce qu'il pense et l'écrit. Sur vous, vos employeurs ou vos «maîtres», pour reprendre votre lexique féodal. Cette liberté, ce n'est pas vous qui la lui enlèverez : il n'y a pas de dictature en littérature, pas de casernes. Ce bout de papier, comme vous écrivez, est un bout du pays. Et cessez, enfin, de vous plaindre : vous excellez tellement dans les chagrins imaginaires que peut-être vous devriez vous intéresser à écrire des chansons d'amours passables. Vos explications sur votre voyage au Bahreïn ne tiennent pas la route, et vous le savez. Vous vous battez pour la vérité au Bahreïn ? Revenez donc au pays et faites-le ici où il y a des harcelés, des immolés et des battus : on cotisera tous, peuples et pauvres pour vous offrir un prix. Vous les aimez tant ! Pour le reste, le chroniqueur refuse toutes les dictatures militaires ou pas. Le pays est libre, l'armée ne fait plus de politique officiellement. Elle ne fait donc pas de la littérature. Vous êtes un civil depuis des années Monsieur Khadra, détendez-vous. Pour le reste, prenez un peu de la hauteur : l'histoire des pays arabes est en train d'être faite par des gens qui meurent, des sacrifiés, des jeunes et des hommes de courage. Choisissez votre camp et surtout votre mesure : c'est un Royaume pour les humbles et pas pour les vaniteux. Allez au Bahreïn des Al khalifa, nous, on attendra de le visiter quand il n'y aura plus d'apartheid.


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