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Gaz de schiste : une question de trop pour un débat inopportun (2ème partie)
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 06 - 02 - 2020

A quoi servirait-il de perdre sa salive en faisant des calculs perspectifs sur une ressource dont on ignore jusqu' à présent avec exactitude son potentiel et sa commercialité. Ces deux évaluations ne se font jusqu'à présent que par des effets d'annonce, souvent pour un dessein politique.
Ainsi le 7 juin 2012 depuis Kaula Lumpur en Malaisie où il était dans une conférence Abdelhamid Zerguine alors PDG de Sonatrach a déclare que les 180 000 Km2, chaque Km2 prospectés renferme 0,6 milliards de m3 soit108000 milliards de m3 sur lesquels on peut récupérer 15% soit 16200 milliards de m3 de gaz de schiste sans bien entendu citer le moindre détail sur la région et l'âge géologique. Moins de 3 ans après le ministre de l'énergie et des mines de l'époque, Youcef Youcefi en visite à In Salah sur le puits d'Ahnet-1 avait déclaré que sur 100 000 km2 , chaque km2 renferme 2 milliards de m3 soit un total de potentiel de gaz de schiste estimé selon lui à 200 000 milliards de m3 il en récupérant selon lui 1% seulement, on aura 20000 milliards de m3 , alors que le département Energy Information American (EIA) a avancé pour le cas de l'Algérie un coefficient de récupération minimum de 15 % soit 30 000 milliards de m3 ce qui équivaut à plus de 10 fois les réserves actuelle en gaz communiquées lors du conseil des ministres du 15 octobre 2015 à 2745 milliards de m3 au rythme actuel de consommation cela donnerait une durée de vie de 29 ans ce qui est énorme mais à la fois alléchant pour une économie en crise.
Le jeudi 11 décembre 2014 après les opérations effectuées sur le puits- pilote dans une atmosphère très houleuse à In Salah sur l'affaire du puits d'Ahnet -1, le PDG par intérim de Sonatrach Said Sahnoun avait affirmé à l'APS que pratiquement toutes les opérations de fracking sur ce puits étaient terminées et que les équipes de Sonatrach s'apprêtaient à tester les couches productrices de gaz de schiste pour vérifier « le potentiel commerciale du gaz de schiste en place » (01) Il est allé très loin lors du Forum Algéro- Britannique sur le commerce et l'investissement à Londres pour souligner carrément que l'Algérie veut faire de cette ressource non conventionnelle « un potentiel de croissance » qui selon lui permettra à Sonatrach d'assurer, avec un niveau nettement plus élevé, la sécurité énergétique du pays et de continuer à assurer ses projets de développement. Il donne quant à lui des chiffres qu'une centaine de puits pilotes ne pourront pas les définir avec une telle précision. Il lance une production de 20 milliards de m3 par an d'ici 2022 et augmentera à 30 milliards de m3 à l'horizon 2015-2027 moyennant un investissement de 30 milliards de dollars, avait il encore avancé. L'évaluation globale du potentiel relève de l'impossible de l'avis même des étrangers en face desquels il s'exprimait. Pour lui « les ressources techniquement récupérables en matière de gaz de schiste sont estimées à près de 700 Tcf (1Tcf=1 trillion de pieds cubes). Dans le jargon pétrolier si ce volume avancé est récupérable, il ne représente en fait que 10% du volume en place soit prés 7000 Tcf ce qui donne 196 000 milliards de m3 , un chiffre fantaisiste et relève de l'impossible quelques mois après et étant donné l'ampleur des protestataires de In Salah qui a commencé à gagner l'ensemble du pays notamment la population de tout le sud, le président de la république Abdelaziz Bouteflika devait prendre dans un conseil des ministres restreint une décision de surseoir aux essais des puits pilotes et après quoi ? Un cafouillage qui a fait perdre au trésor public plus de 200 millions de dollars sur uniquement 2 puits pilotes sans aucun résultat tangible dans lequel aucun responsable n'a rendu compte de son échec de ce pillage de l'argent public.
1-Quelle est justement cette genèse de gaz de schiste en Algérie
Préoccupé par un déclin qui a débuté à partir de 2008 dans la plupart des gisements matures notamment Hassi Messaoud et Hassi R'mel qui l'a commencé à partir de 2012 auxquels s'ajoute les contraintes de ses engagements avec ses clients dans le cadre des contrats long termes qu'elle a passé, avec eux, Sonatrach, a commencé à réfléchir sur les voies pour pallier sur le moyen et long terme à cette situation qui pourrait lui créer un goulot d'étranglement. D'autant plus que la consommation interne du gaz naturel lui prenait le tiers de sa production globale et s'accroit au rythme de 7% par an. Dans ce cadre justement il a été demandé à partir de 2009 à la Direction Planification et Stratégie, relevant de la vice- présidence amont et la division PED de constituer une équipe pour prendre en charge ces axes de réflexions. En effet, une équipe a été constituée sous la direction d'un jeune polytechnicien de rang magistral ayant fait ses études aux Etats Unis et disposant d'un background solide dans l'exploitation du gaz de schiste pour l'avoir pratiqué dans le milieu pétrolier américain y compris au Canada.
Le parcours atypique, regrettable et honteux pour l'approche de l'évolution des carrières à Sonatrach, est raconté par l'intéressé lui-même dans une vidéo diffusé par la chaine El Hayat TV (02). Moins d'une année après, une communication scientifique sous sa plume a vu le jour le mois de mai 2010. Elle identifie en détail, les régions susceptibles de renfermer les roches mères contenant ce qu'elle appelle le Shale Gaz en général, c'est-à-dire le gaz de schiste, le gaz de houille dit CBM (Coal Bed Methane) et les hydrates de méthanes. Une cartographie complète de leur âge géologique qu'elle situe à l'étage supérieur du Dévonien de l'ère paléozoïque dit Frasnien et l'autre Silurien avec une appréciation de leur richesse en carbone, aussi leurs épaisseurs et leur étendue voire même l'identification des régions. C'est certainement sur ces données que l'Energy Information administration du département américain a établi en en avril 2011 une cartographie mondiale du gaz de schiste donnant à l'Algérie 230 TCF qu'elle révise 2 ans plus tard à 707 TCF pour en faire la troisième réserve mondiale en gaz de schiste.
C'est cette information qui a fait le tour du monde et commencer à remballer les dirigeants Algériens pour sauter sur cette occasion et l'utiliser comme tremplin pour minimiser la crise économique que connait le pays. Le lobby notamment français avait poussé pour déstructurer l'équipe qui a initié ce travail pour le confier aux entreprises parapétrolières dont Schlumberger et Haliburton qui se sont donnés à cœur joie dans le nombre de fracturations hydrauliques en facturant en dollars pendant la population Algérienne bouille dans les protestations. C'est donc en définitif, le potentiel donné par l'EIA avec lequel se gargarisent les responsables de Sonatrach à ce jour soit 707 TCF l'équivalent de 20 000 milliards de m3. Pourtant cette agence précise dans sa publication que ces estimations pour le monde et, en particulier, pour l'Algérie, sont des estimations sommaires. Seuls les bassins des Etats-Unis sont suffisamment bien connus pour faire l'objet d'évaluations crédibles, en raison des nombreux travaux d'exploration et d'exploitation qui y ont été réalisés. Elles ont été établies par un consultant extérieur, Advanced Resources International (ARI), qui est une entreprise dédiée à la fourniture de services de consultation et de recherche dans les domaines des hydrocarbures non conventionnels et de la séquestration du CO2, à l'intention d'organismes publics américains de compagnies gazières et pétrolières et d'autres entreprises du secteur de l'énergie. Elles sont fondées sur des paramètres incertains (proportion de matière organique, épaisseur de la couche, étendue du bassin, taux de récupération...). Compte tenu des incertitudes sur l'ensemble des paramètres pour le bassin sud-est, les estimations de gaz récupérable peuvent varier de 1 à 1 000. Il s'agit des informations publiques, de littérature technique et « de DONNEES PUBLIEES PAR LES ENTREPRISES DES PAYS CONCERNES ». Elles se fondent aussi sur de précédents travaux non confidentiels d'ARI Elles portent sur les ressources techniquement récupérables, étant considéré que celles-ci représentent généralement 20 à 30 % des ressources en place. Elles n'intègrent pas de variables économiques (coûts de production, prix du gaz) et ne portent donc pas sur les réserves. Elles ne prennent pas en compte de données de surface (urbanisation des bassins, régime de propriété des sols et sous-sols, disponibilité d'eau pour la fracturation...).
Elles n'incluent ni le pétrole et le gaz dits de réservoirs compacts, ni le gaz de houille, ni les hydrocarbures de roche-mère offshore. Elles restent donc des estimations sommaires réalisées par extrapolation de données de teneur en hydrocarbures issues de quelques sondages à l'ensemble de la superficie des bassins supposés, sans tenir compte de leur variabilité géologique. Les auteurs de ces estimations sont eux-mêmes très circonspects sur la portée de ce travail, qualifié en toute modestie en avril 2011, de: « Premiers pas vers des évaluations à venir plus exhaustives des ressources en gaz de roche-mère »
2- Des études crédibles ont montré que cette ressource n'est rentable qu'aux Etats-Unis
Le prestigieux cabinet conseil Wood Mackenzie, dans son rapport de juillet 2014, juste au moment de l'amorce de la chute des prix du baril avait publié un article sous le titre « Algeria's Shale : big ressource, big challenges » (le schiste Algérien : importante ressource, grands défis). Ressource sans « s » mais dans les défis, elles sont nombreuses. Cet article démontre que dans les conditions actuelles économiques et technologiques, il n'y a que les Etats-Unis et dans une moindre mesure le Canada qui pourront dans la décennie qui suit produire le gaz de schiste qu'elle désigne par le terme « commercial » (03) D'autres études menées par Bloomberg New Energy Finance (BNEF), démontre que le modèle américain n'est extrapolable nulle part ailleurs et, ce pour plusieurs raisons. La théorie du « first mover advantage » donne un avantage compétitif aux acteurs économiques arrivés en premier sur le marché, donc aux entreprises américaines. Les réserves de gaz de schiste hors des Etats-Unis sont très difficiles à évaluer. Même les estimations des organismes gouvernementaux américains, qui font référence, manquent de crédibilité.
La structure de coûts soutiennent- ils de l'exploitation de gaz de schiste aux Etats-Unis n'est pas transposable à d'autres pays, du moins à court terme, puisque certaines infrastructures comme le réseau routier ne sont pas nécessairement adaptées. La différence de taille entre les Etats-Unis et l'Algérie implique également des différences dans les économies d'échelle au désavantage de l'Algérie bien entendu. La seule similitude serait dans la faible densité de population dans les Etats américains producteurs de gaz de schiste, comme le Texas et donne moins d'échos aux problématiques de mitage du paysage et de contamination des eaux.
C'est du moins ce que pensent certains experts algériens à commencer par le président de la république actuel pour les gisements situés au Sahara algérien. Peut-être aussi la qualité et la quantité du gaz de schiste dans les gisements si l'on croit l'US Energy Information Administration qui prévoit dans les gisements algériens un TOC (4) moyen de 6%, soit situé dans la tranche de l'excellence.
*Consultant, Economiste Pétrolier
Renvoi
(01)https://maghrebemergent.info/algerie-gaz-de-schiste-achevement-du-forage-du-puits-pilote-d-ahnet-sonatrach/
(02)https://www.youtube.com/watch?v=gvO7AcFj11c&feature=share&fbclid=IwAR3BpBl2sdvfRkWkMGrY3VL2sLBngKf9PbUcKuREREYMQUdBUHpEgoiibV0
(03)https://www.woodmac.com/ IL FAUT ACHETER LE RAPPORT EN LIGNE SUR CE SITE
(04)Qualité du Carbone Organique Total qui détermine la richesse en hydrocarbures


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