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Remaniement : le suspense est à son comble !
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 04 - 08 - 2022

Le meilleur gouvernement est celui où il y a moins d'hommes inutiles ! Voltaire
La semaine qui vient promet d'être riche en annonces : le remaniement ministériel, voire le changement de Premier ministre semblent être à l'ordre du jour.
Au président de la République de décider du sort de ce dernier : sa reconduction ou son départ. Dans la deuxième hypothèse, son successeur éventuel n'aura pas à se poser la moindre question : il appliquera le programme du président de la République contenu dans ses 54 engagements électoraux!
Il faut, tout de même, avoir l'objectivité de le reconnaitre, le Premier ministre n'est, en définitive, qu'une courroie de transmission du programme choisi et imposé par le président de la République. Il en sera autrement, plus tard, peut-être, dans un cas de cohabitation ou là, le Premier ministre venant de l'opposition installée à l'APN, aura une assez grande liberté de décision.
Pour l'heure, personne n'est protégé dans le gouvernement, personne n'a d'immunité. Personne ne sait s'il va intégrer le gouvernement, ou le quitter ! Y compris le Premier ministre ou son successeur éventuel.
Personne non plus ne connait le calendrier du remaniement, sauf le maître du jeu, Abdelmadjid Tebboune.
Mais rien n'est pire que l'immobilisme !
Parfois, il arrive qu'on laisse fuiter, volontairement, l'hypothèse d'un remaniement pour mettre d'abord la pression sur les ministres, pour ensuite par le biais d'une voix autorisée, on apporte un démenti pour dire que le changement de gouvernement n'est pas (n'est plus ?) d'actualité et ainsi mettre un terme à la panique qui avait saisie l'équipe gouvernementale qui a été, délibérément, déstabilisée !
C'est une stratégie de départ pour ré-stabiliser et rassurer !
Et comme pour refermer la parenthèse, on remet une couche pour rassurer et dire «oui, un remaniement est possible, mais pas aujourd'hui» en engrangeant tous les dividendes possibles : les ministres sont ainsi sous pression, positive ou négative, c'est selon ; tous travaillent davantage, sachant que leur destin est entre les mains du président !
Selon les politologues, cette façon d'agir constitue une forme de management utile, au besoin par le stress et la pression, l'équipe ministérielle après avoir été rassurée sur les intentions du président de ne pas brusquer le changement, se remet sérieusement à la tâche, tout en prenant acte de l'avertissement qui lui a été infligé et peut-être même penser à rattraper le temps perdu et corriger ce qui peut l'être.
S'il arrive aussi que des rumeurs de remaniement s'avèrent totalement non fondées, il reste néanmoins, qu'un remaniement comme annoncé par le Chef de l'Etat lors de sa récente entrevue face à la presse, fut-il minimal, soit nécessaire !
Mais, techniquement parlant, qu'est-ce qu'un remaniement ministériel ?
Cela consiste à modifier la composition du gouvernement, sans pour autant provoquer sa démission ; selon son ampleur, il sera gratifié de politique lorsqu'il est important, ou de technique s'il est confiné dans des proportions réduites. En théorie, il peut prendre trois formes :
1. Un ou plusieurs ministres souhaitent quitter le gouvernement, parce qu'ils se sont présentés, avec succès, à une élection ou parce qu'ils veulent tout simplement, être déchargés complètement de leurs fonctions pour raisons personnelles,
2. Un membre du gouvernement peut être révoqué, après avoir commis une grave faute politique ou autre impair rédhibitoire, l'empêchant de poursuivre son action au sein du gouvernement,
3. Le remaniement peut aussi avoir une portée plus grande et se produit
- soit lorsque le gouvernement est en place depuis quelques années et que le besoin de changement semble avéré.
- soit lorsqu'il essuie de fortes critiques de l'opinion publique ; dans cette optique, l'ampleur des changements est alors non seulement importante mais, également, fortement médiatisée afin d'adresser un message de renouveau aux observateurs et à l'opinion publique.
- soit, au lendemain de l'adoption d'une nouvelle constitution où le Premier ministre démissionne ainsi que son gouvernement.
Par le passé, nos gouvernements battaient des records de longévité !
Ce n'est plus le cas aujourd'hui, et les ministres, notamment technocrates, se suivent et se ressemblent. Ils n'arrivent toujours pas à impacter, positivement, la vie économique et sociale ! On leur reproche des sorties hasardeuses, des déclarations intempestives, leur langue de bois, des promesses non tenues et surtout de mentir au chef de l'Etat en enjolivant leurs bilans.
Il faut dire aussi que le Premier ministre actuel a été amené, peut-être, à composer avec certains ministres dont il aimerait, maintenant, s'en séparer pour des raisons d'homogénéité de son staff, pour rester dans le politiquement correct ; ou crise oblige, pour apporter quelques correctifs à son équipe gouvernementale dont la majorité éprouve d'énormes difficultés à suivre le rythme imposé par la conjoncture. Trop tard, peut-être pas. Encore, faut-il que le président accepte de le reconduire dans ses fonctions,
Au delà des nouvelles personnalités qui doivent composer ce gouvernement idéal, l'Algérie selon les experts, a déjà besoin aussi d'une nouvelle structure gouvernementale
A savoir se doter de 10 ministères uniquement et de 15 secrétaires d'Etat et ce afin de réduire les dépenses onéreuses qu'impose l'actuelle lourde machine bureaucratique.
Il est, par exemple, suggéré de créer des super-ministres regroupant plusieurs portefeuilles comme le ministère de l'Economie qui regroupera un Secrétariat à l'Industrie et l'Investissement et un autre dédié au Commerce au lieu de laisser ses secteurs dans deux ministères différents.
Et pourquoi pas aussi «un ministère de la Décentralisation et de l'Intérieur » pour dynamiser nos territoires et réduire «les zones d'ombre » notamment au sud du pays et des Hauts Plateaux.
Au nom de l'équilibre régional qui reste la priorité du Président Tebboune !
Rappelons à cet effet, qu'un Plan stratégique pour le développement de 13.587 zones d'ombre a été élaboré par les experts du ministère de l'Intérieur et une enveloppe budgétaire de 188,42 milliards de DA a été débloquée pour la circonstance
Ceci étant dit, sur quel gouvernement va s'appuyer Abdelmadjid Tebboune pour commencer à mettre en œuvre ses 54 engagements électoraux ?
Un gouvernement politique à 100% est-il envisageable?
Même s'il s'évertue à marteler qu'il a été élu en étant candidat indépendant écrivait un chroniqueur, Abdelmadjid Tebboune sera obligé de s'entourer de figures et de partis politiques pour mettre en œuvre son programme.
Aussi se bousculent-ils déjà pour lui apporter leur soutien et afficher leur disposition à prendre part au dialogue auquel il a appelé.
Sauf que ce beau monde, déjà trop marqué, rappelle le règne et la méthode Bouteflika !
Que va faire le Président ?
1. s'en remettre aux partis politiques qui lui ont signifié, d'ores et déjà, leur adhésion à son programme ?
2. faire confiance aux Indépendants issus de la société civile?
3. ou puiser une fois encore dans le corps des walis et les affubler du titre de «technocrates» ? Alors qu'ils ne sont que des grands commis de l'Etat qui ont, pour la plupart, «touché à tout», sans être pour autant des experts dans un domaine précis
Dans un gouvernement de technocrates, ce sont ces derniers qui décident de tout et restent impuissants devant les problèmes de société ! L'idée d'une technocratie demeure pourtant hypothétique, même si des nations ont, par le passé, été considérées comme soumises à une forme de gouvernement d'experts.
Pour fermer la parenthèse, «le phénomène semble aussi facile à expliquer que la théorie de la relativité d'Einstein», expliquait un politologue.
Bref, autant de questions qui préoccupent les observateurs de la vie politique, tout comme la désignation du Premier ministre qui reste du ressort exclusif du président de la République, ce qui élimine tout suspense quant à celui qui conduira l'Exécutif, contrairement aux ministres qui composeront son staff.•
Il est évident que le Président Tebboune recherche comme Premier ministre, une personnalité qui ne lui fera pas d'ombre. Et s'il en est un qui convienne, il risque de ne pas être plus efficace que le tenant actuel du poste, crise économique oblige !
C'est ce qui accrédite, aux yeux de certains, la thèse de reconduction d'Aimène Benabderrahmane !
Entre temps certains ministrables, issus de la société civile ou anciens ministres, voire quelques walis ambitieux vont vivre, ces prochains jours et nuits, un véritable calvaire!
Pas de méprise, ce ne sont pas des opposants malheureux comme les avait décrit, et de manière croustillante, un animateur lors d'une émission radiophonique.
La scène commence ainsi : (sonnerie de téléphone) Excusez-moi, c'est ma nouvelle sonnerie de téléphone depuis dimanche soir disait l'un des ministrables sur un plateau où il était invité... J'ai oublié de l'éteindre en entrant en studio ce matin... C'est très gênant, je suis confus, je reprends...
... (Sonnerie de téléphone) Oh, la, la ! C'est pas vrai, je n'arrive pas à éteindre ce foutu téléphone. Pardonnez-moi chers auditeurs ...
Oui, donc, ces femmes, ces hommes attendent un appel qui pourrait leur annoncer la bonne nouvelle et à chaque fois que leur téléphone sonne, ils s'imaginent que c'est « la Présidence » qui les appelle personnellement, ou alors le futur Premier ministre pour leur proposer un poste, et forcément, ils vivent avec leur Smartphone greffé. Ils ne l'ont pas éteint cette nuit, ils vont aux toilettes avec, ils déjeunent avec... (Sonnerie de téléphone). Oh, la, la ! Mais Ce n'est pas possible, cette sonnerie, il faudrait peut-être que je réponde, c'est peut-être important... (Sonnerie de téléphone). Clap de fin.
En dépit de rumeurs ou d'offres réelles, certains de ces ministrables ne seront pas, finalement, du casting !
Et l'annonce du nouveau gouvernement, à peine rendue publique, que voilà certains farfelus dont le nom a été cité par les médias, s'appliqueront à expliquer pour se justifier : « (...) oui, j'ai été contacté pour prendre tel et tel ministère, mais en dernière minute etc (...) » ; et aux plus effrontés de dire : « (...) j'ai décliné la proposition d'intégrer le gouvernement, j'ai posé des conditions etc (...) ».
En définitive, personne ne connait le calendrier du remaniement, sauf le maître du jeu, Abdelmadjid Tebboune.
Mais rien n'est pire que l'immobilisme, sachant que l'incapacité de certains hauts commis de l'Etat à suivre le tempo imposé par le président de la République doit être corrigée. Les compétences n'ont jamais manqué dans ce pays, pour peu qu'elles soient considérées et surtout exploitées à bon escient comme l'a rappelé un chroniqueur !


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