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MAROC : "Karkoubi", le psychotrope de la mort
Publié dans Réflexion le 17 - 04 - 2017

Au Maroc, la consommation des psychotropes est sans cesse revue à la hausse, même s'il est difficile de trouver des statistiques fiables. En tout cas, il est parfaitement logique qu'aux mêmes causes correspondent les mêmes effets: stress, urbanisation sauvage, chômage... autant de facteurs qui ont engendré un boom de la consommation des tranquillisants partout dans le monde.
La drogue des pauvres, plus connue sous le nom de "karkoubi", fait des ravages au Maroc. Vendue entre 2 et 100 dirhams la pilule, cette drogue serait à l'origine des actes de vandalisme commis partout dans le royaume chérifien. Le "touar" (révolutionnaire) par exemple, psychotrope qui arrive depuis peu directement de Libye, est une drogue qui fait perdre à son consommateur le sens des réalités. Ceux qui en prennent, commettent plus facilement des crimes crapuleux. Les accros au "Timssah" (crocodile) qui provient d'Algérie, meurent quant à eux pour la plupart au bout de deux ans. "Boula Hamra" (ampoule rouge), "Skhouna", "Khrichicha", ou encore "Guadalupe", sont toutes des drogues similaires aux effets dévastateurs. Des jeunes qui en ont consommé, ont été jusqu'à tuer leur propre famille, avait expliqué El Mostapha Daouf, coordinateur de l'association Kifah de lutte contre le karkoubi à Bladi.net. Les auteurs des attentats de Casablanca du 16 mai 2003, auraient eux aussi été endoctrinés grâce au karkoubi. El Mostapha Daouf, qui habite à Kariane central, célèbre bidonville de Casablanca, père de famille et ex-toxicomane sauvé par sa femme et la volonté de s'en sortir, nous explique également que les effets diffèrent en fonction des drogues utilisées. Le militant revient pour nous sur les origines du karkoubi au Maroc, qui remonteraient au début des années 1970. La drogue était alors achetée dans des pharmacies avec de fausses ordonnances. Aujourd'hui, le karkoubi arrive de différents pays, notamment d'Amérique Latine, et est vendu sur les marchés noirs. Une étude, réalisée en 1999 au Maroc, estimait le nombre de personnes consommant des psychotropes dans le pays à près de 3% de la population, d'après Khalid Ouqezza, psychiatre et l'un des auteurs de l'enquête, que nous avons questionné. Enfin - d'après des chiffres officieux - 57% des détenus de la prison Oukacha de Casablanca ayant commis des crimes, auraient agi sous l'effet du karkoubi, dont la consommation donne des envies de meurtre.
Ruée sur les calmants
Si au Maroc, les psychotropes commercialisés sont à peu près les mêmes que l'on trouve ailleurs, les prescriptions varient selon les praticiens, mais également selon le milieu socio-économique du patient. Maladie du siècle, la dépression appelle à une consommation très forte des antidépresseurs. Pathologie sournoise, la déprime peut revêtir les formes les plus incongrues. Si le tableau clinique de la dépression est clair, les formes de tristesse souvent banalisées cachent parfois une dépression grave. Ce que les praticiens désignent par la dépression masquée. Dans ce cas, les symptômes révélateurs de la dépression sont relégués au second plan. Le patient a apparemment un comportement normal et sa dépression est masquée par des symptômes physiques: migraine, troubles fonctionnels, douleurs diverses, rebelles à une thérapie inadaptée. Néanmoins, à force de conjuguer le mot à toutes les sauces, le moindre petit changement d'humeur est considéré comme un symptôme dépressif. Ce qui explique en partie le recours systématique aux psychotropes. Comme ailleurs, les laboratoires qui commercialisent ce type de médicament ont compris les enjeux d'un marché en plein essor. Par une politique de communication discrète mais efficace, de nombreux produits ont été vulgarisés sous le silence bienveillant des médecins. Pilule miracle, pilule du bonheur, les anxiolytiques sont entrés petit à petit dans les mœurs, au grand bonheur des fabricants et au détriment du consommateur. Si la consommation des psychotropes constitue un délit en dehors de la prescription médicale, il n'en reste pas moins que producteurs et consommateurs usent, chacun de son côté, de mille subterfuges pour trouver son compte. L'UCLAD avait révélé des chiffres effarants, concernant le trafic des substances médicamenteuses apparentées à la drogue. De nombreux produits destinés en principe à un usage strictement médical sont détournés au profit d'un marché parallèle florissant. Alors que la consommation des psychotropes ne va pas sans dangers, les fabricants qui sont très prolixes dès qu'il s'agit de vanter les qualités de leurs produits deviennent subitement moins bavards dès qu'il est question des effets secondaires et surtout d'une consommation abusive. Pour de nombreux laboratoires il ne s'agit là que de broutilles eu égard aux enjeux financiers. Le cas le plus remarquable est celui du Prozac. La pilule du bonheur récemment commercialisée au Maroc est au centre d'un combat sans merci entre le producteur et ses détracteurs qui l'accusent de vendre un produit dangereux. Accusé de provoquer chez certains patients des idées noires, susceptibles de conduire au suicide ou à l'automutilation, le Prozac aurait conduit de nombreux utilisateurs à des comportements pour le moins suspects. Aux Etats-Unis plus d'une centaine de procès auraient été intentés aux laboratoires Lilly pour des affaires de violences ayant parfois conduit au meurtre ou au suicide.


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