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La politique algérienne du général de Gaulle
Publié dans AlgerieNetwork le 03 - 06 - 2011


Brahim Younessi
La quatrième République succombe au système des partis qu'elle a instauré, à l'instabilité gouvernementale qui la caractérisait mais aussi et surtout à la guerre qui s'intensifie et se durcit en Algérie. La question algérienne, comme l'on disait alors, a pris, depuis la conférence de Bandung en avril 1955, une dimension internationale. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes accélère un mouvement de décolonisation par la voie de la négociation ou par le moyen de l'insurrection armée comme en Algérie.
« La seule négociation, c'est la guerre », avait déclaré François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, le 5 novembre 1954 au palais Bourbon en réponse à la lutte pour l'indépendance que les Algériens viennent de déclencher. Les autorités coloniales qui pensaient pouvoir la réduire en quelques semaines se rendent à l'évidence que la solution militaire les conduit à la crise et à l'impasse politique. A peine investi, le 13 mai 1958, le gouvernement de Pierre Pflimlin est contraint à la démission le 28 mai à la suite du coup de force qui se produit, ce même 13 mai, à Alger. L'armée soutenue par les colons, partisans de l'Algérie française, se soulève contre Paris. Le général Jacques Massu qui commandait la 10ème division parachutiste que la bataille d'Alger a rendue célèbre prend la tête du « Comité de Salut Public » qui vient d'être créé.
Il exige immédiatement des autorités françaises de mettre en place à Paris « un gouvernement de salut public, seul capable de conserver l'Algérie partie intégrante de la métropole. » Le lendemain, le général Massu supplie, au nom du CSP, le général de Gaulle « de bien vouloir rompre le silence en vue de la constitution d'un gouvernement de salut public qui seul peut sauver l'Algérie de l'abandon ». Le général Raoul Salan qui détenait les pouvoirs civils et militaires en Algérie intervient, à son tour, sur le Forum d'Alger pour crier, à l'incitation du gaulliste Léon Delbecque, « Vive de Gaulle ! » à une foule surexcitée.
Et le 4 juin de la même année, le général de Gaulle devenu, le 1er juin, Président du Conseil lance du balcon du Gouvernement Général sur le Forum son fameux « Je vous ai compris » à une population européenne en délire.
La stratégie des deux fers au feu
Charles de Gaulle commence son règne par une ambiguïté. En déclarant savoir ce qui s'était passé le 13 mai en Algérie, il laisse penser aux Européens que l'Algérie resterait française tout en faisant croire aux Musulmans qu'ils étaient des Français à part entière, ce qui signifiait la reconnaissance d'un droit à la citoyenneté de plein exercice et, par voie de conséquence, la suppression des deux collèges électoraux. Lors de son passage à Mostaganem en juin, il conclut son intervention par un « Vive l'Algérie française » retentissant. Durant les tout premiers mois de son investiture à la tête du gouvernement, Charles de Gaulle rassure les Français d'Algérie et fait des promesses aux Musulmans sans que personne ne sache vraiment ce qu'il prépare réellement.
Après avoir proposé le 23 octobre 1958 la « Paix des Braves » au FLN qui l'a rejeté, le général de Gaulle élu Président de la République en décembre 1958, évoque, à la surprise générale, le 16 septembre 1959 dans un discours radiodiffusé, « le libre choix que les Algériens eux-mêmes voudront faire de leur avenir. » C'est-à-dire l'application du principe de l'autodétermination qui consistait à décider, le moment venu, entre trois options : « La sécession, où certains croient trouver l'indépendance ». Selon lui, « la France quitterait alors les Algériens qui exprimeraient la volonté de se séparer d'elle » tout en se disant convaincu « qu'un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux ». La seconde option concerne « la francisation complète, telle qu'elle est impliquée dans l'égalité des droits », faisant des Algériens « une partie intégrante du peuple français, qui s'étendrait, dès lors, effectivement de Dunkerque à Tamanrasset. » Dernière alternative : le choix d'un « gouvernement des Algériens par les Algériens, appuyé sur l'aide de la France et en union étroite avec elle, pour l'économie, l'enseignement, la défense, les relations extérieures. Dans ce cas, estime-t-il, le régime intérieur de l'Algérie devrait être de type fédéral, afin que les communautés diverses, française, arabe, kabyle, mozabite, etc., qui cohabitent dans le pays, y trouvent des garanties quant à leur vie propre et un cadre pour leur coopération. »
La réponse du GPRA
Ferhat Abbas devenu depuis le 19 septembre 1958 Président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) répond le 28 septembre 1959 que « l'évolution (de la position de la France, ndlr) n'a été possible que parce que depuis cinq années le peuple algérien résiste victorieusement à l'une des plus sanglantes guerres de reconquête colonialiste. Elle n'a été possible que parce que le FLN et l'ALN poursuivent et poursuivront s'il était nécessaire le combat libérateur. Elle n'a été possible, enfin que grâce au soutien de tous les peuples frères et amis et à l'appui de l'opinion publique internationale. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, inscrit dans laproclamation du Front de Libération Nationale, a toujours été un objectif fondamental de la révolution algérienne. Il constitue un moyen démocratique et pacifique pour le peuple algérien d'aboutir à l'indépendance nationale. Inscrite dans la charte des Nations unies, l'autodétermination, c'est-à-dire le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, restitue au peuple algérien l'exercice de la souveraineté nationale qu'une conquête militaire – d'où ne saurait découler aucune légitimité – lui a momentanément ravi. »
La sortie par la guerre
En même temps qu'il parle d'autodétermination et d'amélioration des conditions d'existence de la population musulmane à travers le plan de développement économique et social dit « Plan de Constantine », le général de Gaulle mise sur la guerre que le « Plan Challe » renforce et accentue sur l'ensemble du territoire algérien. Nommé en septembre 1958 à la tête du commandement général des forces françaises en Algérie, le général Maurice Challe met très vite en place le plan qui porte son nom pour tenter de venir à bout du FLN et de l'ALN qui continuent, en dépit des forces extraordinaires en hommes (plus de 400.000 soldats appelés y compris mais sans compter les 120.000 supplétifs algériens qu'il incorpore) et en matériel militaire des plus sophistiqués pour l'époque.
La stratégie de Challe était aussi simple que claire : isoler les combattants de l'intérieur de ceux de l'extérieur par le renforcement de la ligne Morice, une nouvelle ligne de barbelés électrifiée dite Challe est posée à 70 kms de la première sur les frontières Est et Ouest, concentrer les troupes françaises sur un même théâtre d'opération aidées par l'artillerie et l'aviation qui bombardent les positions des combattants de l'ALN. Pour ce faire, le général Challe a créé des zones interdites, vidant entièrement des centaines de villages incendiés de leurs populations regroupées dans des centres d'internement entourés de fils de fer barbelés, de miradors, contrôlés et surveillés 24h sur 24 par l'armée et la police.
L'action psychologique
L'objectif de Challe n'est pas exclusivement militaire, il est aussi politique et surtout psychologique, action qu'il confie au cinquième bureau chargé du renseignement qui met sous une pression permanente les détenus et les populations infiltrées et surveillées par des supplétifs qui se font passés, par leur accoutrement, pour des moudjahidines.
Comme le disait le Parti communiste français, l'offre d'autodétermination du général de Gaulle au peuple algérien « couvrait en réalité une guerre à outrance » sur le terrain. De Gaulle cherchait d'abord à remporter une victoire militaire avant d'engager des négociations en position de force face au FLN qui est, internationalement, reconnu comme l'unique et légitime représentant du peuple algérien.
L'affaire Si Salah
A la recherche d'interlocuteurs, le général de Gaulle va confier cette mission à Bernard Tricot qui va monter, avec l'aide des services spéciaux qui ont donné à cette opération le nom de code de « Tilsit », ce que l'on a appelé « l'affaire Si Salah ». Mohamed Zamoum, de son vrai nom, accompagné d'une délégation d'officiers de l'ALN appartenant à la wilaya IV, engage secrètement, dès le mois de mars 1960 des négociations avec le représentant du général de Gaulle en la personne de Bernard Tricot et celui du Premier ministre, Michel Debré, le colonel Edouard Mathon. Le commandant Si Salah et ses adjoints rencontrent même le général de Gaulle à l'Elysée pour conclure cette « Paix des Braves » à laquelle il semblait tant tenir. Mais cette affaire, longtemps tenue dans le secret, tourne à l'échec comme cela pouvait être prévisible dès lors que ni le GPRA ni les chefs nationalistes de l'extérieur notamment ceux détenus à l'Ile d'Aix n'avaient été mis au courant de ce qui se tramait.
La reconnaissance du GPRA
Immédiatement après l'échec de cette opération, le général de Gaulle lance un nouvel appel au GPRA, cette fois-ci, pour ouvrir publiquement des négociations qui ont commencé le 25 juin 1960. Elles se soldent également par un échec. Le général décide de se rendre le 9 décembre 1960 à Alger pour faire, de nouveau, la promotion de son projet d'Algérie algérienne lorsque le 11 décembre éclatent des manifestations réprimées dans le sang. Résultat : le 8 janvier 1961, le général de Gaulle organise un référendum sur l'autodétermination de l'Algérie qui obtient l'approbation de 75% des suffrages exprimés en France et en Algérie. Les partisans de l'Algérie française s'enflamment. Et la semaine des barricades débute le 24 janvier.
L'armée d'Algérie entre, à son tour, dans la contestation du chef de l'Etat français. Les généraux Salan, Challe, Jouhaud et Zeller tentent le 22 avril 1961 un pronunciamiento qui échoue après l'appel lancé par le général de Gaulle au contingent d'Algérie de leur désobéir.
Parallèlement, des entretiens entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République algérienne sont ouverts à Evian du 13 mai au 20 juin sans donner de résultats. Ces entretiens reprennent le 20 juillet au château de Lugrin en Haute-Savoie pour être presque immédiatement ajournés à cause de la position française sur le Sahara. De Gaulle continue de tergiverser en déclarant le 5 septembre 1961 que « l'Algérie indépendante associée à la France avait vocation à réclamer le Sahara ».
Les manifestations d'octobre
Mais la situation en Algérie se dégrade et s'aggrave avec la création de l'OAS en juillet 1961 qui pratique jusqu'à la veille de l'indépendance du pays la politique de la terre brûlée.
La guerre urbaine entre l'OAS et le FLN fait encore rage lorsque le 17 octobre 1961 les Algériens installés en France sortis manifester à Paris leur soutien à leurs compatriotes sont massacrés par la police. Des dizaines de corps sont repêchés dans la Seine. La responsabilité du carnage est attribuée au Préfet de police de Paris, Maurice Papon qui avait reçu de l'Elysée l'ordre, quelques jours auparavant, d'empêcher les Algériens d'agir. D'autre part, comme le dit Omar Boudaoud, le chef de la VIIème wilaya, ni le général de Gaulle ni son ministre de l'Intérieur, Roger Frey, ne pouvaient ignorer ce qui se déroulait sous leurs fenêtres.
Enfin l'indépendance
Les attentats se succèdent en Algérie et redoublent d'intensité depuis le début de l'année 1962. Devant cette situation inextricable qui gagne la Métropole où le 8 février une manifestation organisée par des syndicats et des partis politiques est sévèrement réprimée à Charonne : 8 morts et plus d'une centaine de blessés.
Après les pourparlers des Rousses le 18 février 1962, des négociations sont engagées le 7 mars 1962 à Evian. Des accords connus sous le nom « d'accords d'Evian » sont signés le 16 mars. Ils décident l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu annoncé officiellement le 19 mars.
Les Français d'Algérie s'insurgent obligeant les troupes françaises à ouvrir le feu sur les manifestations européennes contre les accords d'Evian. Habile tacticien, le général de Gaulle fait approuver le 8 avril par référendum ces accords qui ont obtenu plus de 90% des voix. En Algérie où le même référendum est organisé le 1er juillet, l'indépendance obtient près de 100% des suffrages exprimés. L'Algérie devient officiellement un pays souverain le 5 juillet.
Brahim Younessi
parti udma et algerie network


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