LDC : Sans Ronaldo, la Juventus chute à domicile face au Barça    LDC : Man United balaye le RB Leipzig. Triplé pour Rashford    LDC : Facile victoire de Chelsea face à Krasnodar    Ligue 1-MCA: "nous avons porté l'affaire de Rooney devant la Justice"    Mawlid Ennabawi-1er Novembre: Sonelgaz met en place un plan spécial pour assurer la continuité de ses services    Sahara occidental: le Conseil de sécurité reporte à vendredi    Les mines capables de fournir plus de 30 matières premières fondamentales    Tebboune transféré en Allemagne pour des "examens médicaux approfondis"    Conférences autour de l'Homme et de la Culture dans la pensée de Malek Bennabi    Mawlid Ennabaoui à Tlemcen: les enfants en tenues traditionnelles en force chez les photographes    Forum de l'Algérie: les citoyens doivent lire le projet d'amendement constitutionnel et exprimer leur opinion en votant    Coronavirus : 320 nouveaux cas,191 guérisons et 10 décès    Chanegriha instruit la GN de prendre toutes les mesures pour sécuriser les centres et bureaux de vote    Lutte anti-terroriste: multiples opérations de l'ANP reflétant son haut professionnalisme    Ouverture à la circulation automobile du tronçon El-Hamdania-Médéa    Cour d'Alger : début du procès en appel de Maheddine Tahkout    Arrestation d'un terroriste à Tlemcen    Mercato estival : marché déséquilibré, les grosses écuries ne dérogent pas à la règle    Taoufik Makhloufi : "Je suis un athlète propre"    Assemblée générale ordinaire de la FAF : Les bilans adoptés    Israël va construire de nouveaux logements à Hébron    Tlemcen: mise en service du gaz de ville au village de Maaziz    Une nouveauté pour les routiers algériens    Le groupe Condor reprend les exportations    L'inflation amorce une nouvelle accélération    «Il y a alliance entre la bande en prison et les ennemis à l'étranger»    Changement dans la continuité    Toyota en leader dans l'automobile    USM El Harrach : Sept recrues en un jour    Succès annoncé pour le colosse électrique    Libye: Le Conseil de sécurité de l'ONU entérine l'accord de cessez-le-feu    Les communaux protestent devant le siège de la Wilaya    Fondant au chocolat    Universités : Inscriptions et portes ouvertes en ligne    Lancement d'un projet de bande verte    La mercuriale en roue libre à Sétif    La médiation demande l'accès au chef de l'opposition en Guinée    Quand les Etats-Unis s'en mêlent    Abou Leila et les autres    Si on cale déjà sur un dossier pareil...    Mawlid: lancement de la caravane culturelle "El Manara"    Pour une révolution d'encre !    Farid Abache revient avec un album musical poétique    Lancement des travaux de restauration du site Haouch El-Bey    UN COMBAT CONTRE SOI    Blida: Le ministre du Commerce incite les industriels à se préparer à l'exportation    Le Vote Des Expatriés En Question    La campagne référendaire s'achève aujourd'hui à minuit. Place au silence électoral    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Duel en haute mer
Publié dans El Watan le 28 - 07 - 2005


La gloire a choisi de sourire aux James Fenimore Cooper (1789-1851), Mark Twain (Samuel Langhorne Clemens ,1835-1910) et même un peu à Edgar Allan Poe (1809-1849). De tous ceux-là, pourtant, Melville n'a cure, car il place au-dessus de tous, son ami, son aîné, son modèle, Nathaniel Hawthorne (1804-1864) qu'il met au-dessus de tous. Dans ses rêves les plus fous, Melville n'ose pas imaginer pouvoir atteindre la grandeur de Hawthorne. Il ne se considère pas comme un génie des lettres américaines, mais comme un écrivain qui avait le talent suffisant pour raconter sa part d'expérience de la vie. Né en 1819 à New York, Herman Melville n'était pas destiné à une carrière d'auteur, mais sans doute à une existence de marin et d'aventurier des mers. A la mort de son père, Herman Melville avait été embauché dans un baleinier avec lequel il bourlinguera jusque vers les îles Marquises. C'est cet épisode de sa vie, qui nourrira plus tard son chef-d'œuvre Moby Dick. Personne ne doutait du don extraordinaire de Melville, mais ses premières tentatives ne rencontrent pas un accueil triomphal. L'inspiration du romancier est disparate, il se cherche encore et ne parvient pas à prendre la mesure de sa place dans le paysage littéraire américain. En un mot, Herman Melville est en proie à une sorte de doute existentiel, alors qu'il est déjà dans la force de l'âge, la quarantaine presque atteinte. L'Amérique est alors une nation ambitieuse, dont les premiers pas sont minutieusement surveillés par des observateurs européens qui la considèrent encore comme un pays de sauvages. Ses littérateurs pourtant démontrent le contraire et parmi eux Melville qui couve un projet grandiose lequel fera de lui l'un des écrivains américains les plus incontournables, toutes générations confondues. Ce sera l'immense Moby Dick, le combat à la vie et à la mort entre un marin, le capitaine Achab et une monumentale, une monstrueuse baleine blanche qui hante les profondeurs. Le capitaine Achab est un homme mortifié, il a déjà perdu une jambe dans ce terrible affrontement avec Moby Dick. Lorsqu'il se rétablit, il n'a plus que des idées de vengeance en tête. Il embarque avec un équipage à bord du Pequod, un de ces baleiniers à bord duquel avait voyagé Herman Melville lui-même quand il était matelot. Le récit des péripéties du capitaine Achab est rapporté par Ishmael, le narrateur en qui les lecteurs retrouveront Herman Melville lui-même. Le combat entre le capitaine Achab et Moby Dick est titanesque, il est à la mesure de la hargne haineuse que se vouent les deux adversaires. On pourrait qualifier aujourd'hui ce roman écrit au milieu du XIXe siècle de thriller psychologique. Au fil des pages, des chapitres, on comprend que la quête du capitaine Achab est suicidaire. Davantage encore, son duel exprime ce qu'il y a d'animal dans l'homme et d'humain dans la bête. Sublimes pages dans lesquelles Herman Melville, avec le souffle lyrique d'un Victor Hugo, décrit le face- à-face entre Achab et Moby Dick, l'œil de la baleine blanche froidement fixé sur son ennemi dans une atmosphère de fin du monde, car le baleinier a été mis en pièces et les rares rescapés avaient crié : «Sauve qui peut.» Le choc ultime, c'est celui de l'anéantissement, le moment fatal où le capitaine Achab est terrassé. Moby Dick n'est pas accessible aux sentiments. Elle poursuit son destin de grande prédatrice mythique alors que le silence qui suit – ou qui précède l'Apocalypse -tombe sur l'épave démembrée du Pequod. L'œuvre formidable par sa simplicité et sa complexité tous ensemble de Melville installait définitivement des archétypes littéraires qui nourriront l'imaginaire de millions de lecteurs. Le roman n'est pourtant pas tout de suite compris. Melville, obligé de travailler pour vivre, prend un emploi dans le corps de la Douane à New York. Sa santé est fragile et il est menacé de cécité. Il continue d'écrire des essais, des nouvelles, de la poésie, mais ne trouve pas la consécration que mérite son œuvre. Herman Melville meurt le 28 septembre 1891. Ce n'est qu'après sa disparition que justice est rendue à sa production d'une saisissante modernité de ton et d'esprit. Herman Melville avait annoncé, s'il ne les avait pas directement influencés les grands écrivains que sont Joseph Conrad (1857-1924) et Jack London que la postérité regarde comme ses héritiers spirituels. John Huston avait adapté le roman de Melville en confiant à Gregory Peck le rôle du capitaine Achab. Moby Dick, dans la démarche de Melville, résume le débat jamais épuisé des pulsions de vie et de mort, dont la psychanalyse avec Freud avait dû se saisir. Sans changer significativement le dilemme que pose toujours l'œuvre de Herman Melville.

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.