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Dib, Djaout et Mimouni, des nouvelles qui se nourrissent à des sources inépuisables
Publié dans El Watan le 04 - 10 - 2010

La nouvelle est un genre très peu répandu dans la littérature algérienne de langue française. Nos écrivains ont toujours préféré les grandes formes narratives, et ils y ont fréquemment recours. Il faut dire que les traditions éditoriales européennes ont joué un grand rôle dans le choix des écrivains algériens. En effet, pour des raisons commerciales, les éditeurs européens ont jeté leur dévolu sur le roman et ont relégué la nouvelle (et sa sœur «la poésie») «aux calandes grecques». Parmi la grande génération de Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Malek Haddad et Mohamed Dib, seul ce dernier a publié un recueil de nouvelles (Au Café).(1) Rachid Boudjedra, qui s'est fait connaître en 1963 par son recueil de poèmes intitulé Pour ne plus rêver, a certes publié quelques nouvelles éparses dans les journaux, mais il n'a jamais fait sortir ses nouvelles dans un recueil.
Comme ses prédécesseurs, il a choisi le roman comme moyen d'expression. Il faut attendre le début des années 1980 pour voir deux écrivains confirmés et célèbres publier chacun un recueil de nouvelles : il s'agit de Tahar Djaout qui a fait éditer, en 1983, Les Rets de l'oiseleur chez l'entreprise nationale du livre (ENAL) et de Rachid Mimouni, qui fait sortir, en 1986, La ceinture de l'ogresse, chez Laphomic. Mohamed Moulessehoul a certes publié un recueil de nouvelles intitulé La fille du pont (ENAL-1983), mais son livre est passé inaperçu. Les lecteurs le découvriront plus tard, dans les années 1990, comme romancier constitué sous le pseudonyme de Yasmina Khadra. Revenons à notre nouvelliste-pionnier qui est Mohamed Dib.
En 1960, date de la publication du recueil Au Café, la guerre d'Algérie faisait rage. Comme dans sa trilogie Algérie, Mohamed Dib s'enquit, dans ses nouvelles, du passé et du présent de son pays natal, y fit des esquisses de portraits, observa attentivement la nature, insolublement liée, chez lui, avec l'homme. Utilisant un style «tout en symboles», l'écrivain regarde au fond même de ce qui se passe. Il considère les événements à travers le prisme des changements qui s'opèrent dans les âmes humaines et les faits concrets, et la fidèle peinture de l'esprit et des mœurs du temps, tout ce qui a été écrit par Mohamed Dib, dans les nouvelles de son recueil, est subordonné à ce thème principal, le seul : l'homme, avec son insatiable soif de vivre, avec ses faiblesses et ses espoirs, et l'époque – celle de la guerre d'Algérie – qui le soumet à ses exigences, qui le force à se chercher soi-même, à chercher sa voie. Le cinéma a certainement influencé Tahar Djaout. Ses effets ont été bénéfiques sur l'évolution de son écriture.
Dans ses nouvelles, notre écrivain recoure aux techniques propres au septième art : montage, superposition des plans, etc. Cependant, les nouvelles de Djaout se nourrissent à des sources inépuisables et, tels des ruisseaux de montagne, font se jeter dans des fleuves aux eaux limpides qui grossissent l'océan de la littérature algérienne. Les nouvelles recueillies dans Les Rets de l'oiseleur sont fort suggestives. On peut y suivre toute la gamme des ressources de l'auteur curiosité souveraine, sens décoratif, dons de peindre, raffinements d'intuition. Courageusement, audacieusement, Djaout brise «les chaînes d'une Algérie malade de ses dirigeants», fond les timidités et libère le moi profond qu'il étale dans toute sa nudité. L'influence du récit oral se fait nettement sentir dans les nouvelles de Rachid Mimouni recueillies dans La Ceinture de l'ogresse. Cependant, les thèmes qui revenaient surtout dans les nouvelles de l'écrivain étaient la confrontation de «la réalité algérienne des années quatre-vingts» avec se qui se passait dans «le monde évolué».
Désertant les sentiers battus, pour mieux étudier l'homme et la vie, Mimouni s'est amusé à satiriser les humains avec infiniment de malice, de verve et de… finesse. Les rêveurs qu'il met en scène finissent en désappointés, mais ils n'ont pas l'air «de regretter leur vie» et à la ferveur avec laquelle ils se la rappellent, on sent toujours en eux des militants impénitents. Les nouvelles de Mimouni sont profondes et tragiques. Chez lui, la satire et le drame sont inséparables. Dans une Algérie bouillonnante, les personnages de Mimouni ont perdu la foi en eux-mêmes et en leur pays. Ses nouvelles en disent long sur le désarroi et la révolte des consciences. Son style avait, comme dans ses romans, des profondeurs, des résonnances et un éclat nouveaux.
1) Editions Gallimards – Paris 1960.
2) Il y a eu quelques recueils de nouvelles publiées dans les années deux mille. Nous y reviendrons plus tard.


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