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Réflexion sur la prise en charge du cancer dans la wilaya de Blida
Publié dans El Watan le 13 - 01 - 2013

C'est le résultat d'une large prospection réalisée grâce au dévouement et la contribution du personnel médical, paramédical, d'établissements de santé et de citoyens. Sachant l'ampleur, la complexité et le coût de la pathologie, sa prise en charge mérite la participation de l'ensemble de la société. Pour cela, et dans la perspective de sensibiliser, d'informer et de proposer aux décideurs une meilleure vision pragmatique de cet état, la société citoyenne de la ville de Blida, parrainée par M. le wali et en collaboration avec l'association des notables de la ville de Blida, a regroupé une équipe pluridisciplinaire d'universitaires, de chercheurs, de professionnels de santé, de personnalités du mouvement associatif d'aide aux malades atteints du cancer et de sujets concernés par la pathologie.
Au terme de cette journée honorée par la présence du wali de Blida et à laquelle ont participé les citoyens et praticiens du secteur de la santé, des débats ont eu lieu sur les principaux thèmes et communications sur la pathologie du cancer. Les points forts ainsi recueillis, ont été débattus et largement étudiés.
Je souhaiterais, en ma qualité de promoteur de cette réflexion et au nom de tous les participants, que ce travail aussi simple dans sa rédaction, mais exhaustif dans son contenu, puisse s'assurer une pérennité en faisant bonne lecture d'abord, car c'est un document édifiant à l'endroit d'une stratégie thérapeutique du cancer pour améliorer le dispositif et les mécanismes de sa prise en charge. Ce document servira à déclencher certainement un débat serein, constructif et orienté vers le seul thème de la pathologie. Il ne s'agit pas d'un travail au demeurant relatant une fin en soi, mais plutôt un moyen stimulant de lutte permanente contre le cancer en Algérie.
Réfléchir à une nouvelle approche dynamique et réaliste de cette pathologie consiste tout simplement à soigner et accompagner dignement le sujet atteint par le cancer.
Un aperçu sur les monographies de la santé est nécessaire. En effet, au lendemain de l'indépendance, l'Algérie faisait face à deux problèmes majeurs :
– un analphabétisme chronique touchant presque la totalité de sa population ;
– absence de cadres supérieurs en mesure de mettre en place le projet de société ambitionné au cours de la Révolution algérienne.
La situation était davantage plus critique en ce qui concerne le secteur de la santé puisque, d'une part, très peu d'Algériens étaient autorisés ou pouvaient accéder à ce type d'études relativement longues et coûteuses et, d'autre part, une population très marquée par la mortalité infantile et exposée, en même temps, à certains fléaux tels que la tuberculose, le paludisme, etc.
L'encadrement humain du système de santé accusera, cependant, un certain retard car il a fallu dans un premier temps démocratiser l'enseignement de base, ensuite le lycée et, enfin, à la fin des années 80, l'université. Aussi, l'organisation du système de santé est conçue de façon à faire face, à ce moment-là, aux principales pathologies du moment au sein de la population. Ce mode d'organisation s'est révélé très efficace puisqu'il aboutit à la disparition quasi totale de ces maladies, ainsi qu'à une régression fantastique de la mortalité infantile.
Pour assurer une couverture harmonieuse du système de santé sur le territoire national, les nouveaux médecins étaient astreints à l'obligation d'un service civil pour une certaine période. Au cours de cette période, le lieu d'exercice de leur profession est arrêté de manière autoritaire et centralisée (ministère de la Santé) en fonction des besoins spécifiques à chaque région.
Les médecins spécialistes, en nombre relativement limité au lendemain de l'indépendance, ne pouvaient exercer leur profession qu'au sein des structures publiques de santé. Le médecin généraliste était alors le pivot central de cette organisation. Au cours des années 80, on assiste à l'émergence d'un certain nombre d'événements :
– une crise économique qui impose une réorganisation en profondeur de
l'économie, avec une place relativement plus importante réservée au secteur privé, notamment dans le secteur médical, soit :
– l'apparition de nouvelles pathologies (maladies chroniques, cancers, etc.) ;
– une production massive de médecins et de médecins spécialistes.
Pour le cancer et en termes de travail des monographies de données, la tenue du registre des cancers permet d'asseoir une connaissance considérable de la pathologie. Ces ouvrages, pour être efficaces, correspondront à plus de 25 ans d'activité, confirmant ainsi tout l'intérêt d'une telle structure dans les établissements spécialisés, notamment les tendances d'évolution récente de l'incidence thérapeutique et de la mortalité à cause des différents cancers.
Ce sont les principales localisations cancéreuses qui seront présentées, 21 chez la femme et 19 chez l'homme. Pour chaque localisation étudiée, les résultats seront déclinés sous forme de taux (bruts, standardisés sur la population de la wilaya, par classes d'âge). Des comparaisons sont également effectuées dans le temps (par rapport à des périodes distinctes) et selon la zone géographique de résidence des patients.
Ces changements appellent nécessairement à un redéploiement de l'organisation actuelle du système de santé, ainsi qu'une refonte en profondeur des programmes de formation en sciences médicales. En effet, cette mutation épidémiologique impose une mutation thérapeutique dans les directions suivantes :
– une révision des contenus de la formation des médecins : une plus grande place à la connaissance de ces nouvelles pathologies (maladies chroniques, cancer, etc.) pour améliorer leur dépistage ;
– un renforcement de la formation post-graduée dans les sciences fondamentales tels que la biologie moléculaire, le génie génétique, etc.
En effet, nombre de maladies héréditaires se traitent aujourd'hui par la thérapie cellulaire et la thérapie génique. Il est indispensable d'encourager les jeunes de s'orienter vers ce type de formation indispensable pour aborder les pathologies émergentes de ces dernières années et mettre fin à l'orientation actuelle trop massive vers les études universitaires les plus valorisantes socialement.
Evidemment, cette stratégie ne risque d'aboutir qu'à la condition d'une organisation plus attrayante qu'aujourd'hui, de la carrière universitaire dans le domaine des sciences fondamentales et notamment un renforcement considérable de la formation post-graduée en médecine et le développement de la recherche, aujourd'hui quasiment absente dans nos universités dans ce domaine.
En effet, le premier poste d'importation de l'Algérie est celui des médicaments et cette situation exige une stratégie industrielle pour limiter notre très grande dépendance vis-à-vis de l'extérieur.
Un décloisonnement des spécialités : les démarches thérapeutiques caractéristiques actuelles telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires ont une approche plus globale. La démarche actuelle face aux pathologies lourdes privilégiant l'approche thérapeutique risque de trouver ses limites sur le moyen et long termes. Le coût de leur prise en charge est relativement élevé et il n'est pas évident que dans le futur les ressources du pays soient en mesure d'y faire face.
Aussi, la démarche actuelle doit être complétée par une politique de dépistage systématique et de prévention : l'ouverture du secteur privé aux médecins spécialistes pose le problème du rôle du médecin généraliste.
En effet, et notamment dans les grandes villes, le passage par un médecin spécialiste est devenu la règle dévalorisant ainsi le statut social du médecin généraliste. Aussi, il nous semble indispensable de redéfinir les rôles et les missions de différents intervenants (établissements, médecins généralistes, médecins spécialistes) et l'accès démocratique aux établissements publics et privés de santé.
L'environnement existant de la pathologie nous amène à une prospection axée sur :
– l'état de la démarche thérapeutique de la maladie ;
– l'état des infrastructures et équipements en charge de la maladie ;
– La place du patient dans cet environnement.
En termes de constats, la démarche thérapeutique est fonction du praticien spécialiste en place, de la gestion du dossier du patient et du déroulement des soins prescrits dans les différents services existant pour les activités spécialisées de chirurgie, oncologie adulte et pédiatrique, hématologie, radiothérapie, assistées par l'activité d'ana- pathologie, de cytologie, en interne et/ou en externe, l'activité pharmaceutique, l'activité de transfusion sanguine affectant 25% des prélèvements au CAC, l'activité de radiologie, en externe au CAC.
Le traitement du cancer se fait en coordination des différents services : CAC, neurochirurgie, chirurgie générale, chirurgie orthopédique, gynécologie, pédiatrie, ORL, maxillo-facial et chirurgie plastique.
Au CAC-EHS, la consultation se fait sur rendez-vous fixé par une personne chargée «d'accueillir» le patient, généralement orienté par le médecin généraliste traitant, sur présentation d'une lettre de liaison, d'un dossier médical contenant les premiers examens cliniques et autres documents pathologiques. Le dossier médical est complété pour une consultation approfondie, suivie d'une orientation du patient vers les services spécialisés pour une prise en charge, suivant le diagnostic prescrit par le spécialiste en charge du patient, l'affectation des rendez-vous nécessaires et le début des traitements nécessaires.
Cela reste en grande partie dépendant des délais, un aléa non maîtrisable. Afin d'éclairer les différentes étapes du processus existant, ci-après la chronologie des étapes du parcours thérapeutique du patient, et leurs traçabilités :
– accueil et réception du patient muni d'une lettre de liaison pour RDV consultation ;
– consultations en chirurgie, oncologie médicale, radiothérapie ou hématologie ;
– premier diagnostic, suivi d'une constitution d'un dossier aussi complet que possible ;
– en cas de chirurgie, consultation d'anesthésie suivie d'un diagnostic chirurgical ;
– en cas d'intervention chirurgicale, faire une biopsie en cas de besoin pour analyse ;
– début de traitement post-opératoire en chimiothérapie, et/ou en radiothérapie.
Les délais moyens au cours du circuit thérapeutique d'un patient atteint du cancer s'étalent comme suit : de l'accueil du patient pour une première consultation, diagnostic, au traitement d'oncologie et/ou radiothérapie sont estimés en moyenne à six mois. Ensuite, la période de suivi et de contrôle peut s'étaler sur cinq ans.
L'état des infrastructures et équipements en charge de la pathologie se caractérise par :
– un équipement de traitement sporadiquement en panne, car surutilisé (forte demande) ;
– une concentration des activités dans un agencement infrastructurel trop exigu, s'adaptant de moins en moins ;
– le nombre insuffisant de lits reste une contrainte pour la thérapie ;
– une marginalisation des activités-clés de la thérapie ;
– une architecture inadaptée à la thérapie ;
– un manque flagrant de servitudes communes, aussi bien pour le grand public que le personnel praticien.
En marge de l'infrastructure du CHU Frantz-Fanon, le CAC, établissement hospitalier spécialisé dans la lutte contre le cancer (EHS), abrite les principales activités de traitement du cancer. L'organisation de la gestion est sous l'autorité d'une direction assistée d'un conseil administration et d'un conseil médical. En résumé, au CAC-EHS :
personnel médical : 4 professeurs, 1 docent, 21 maîtres-assistants, répartis dans les quatre services,
1 bloc opératoire, 195 lits, soit un taux d'occupation de 123% au CHU : 17 professeurs, 5 docents, 114 maîtres-assistants 29 blocs opératoires, répartis au CHU, dont la chirurgie générale et la neurochirurgie, 790 lits, soit un taux d'occupation de 75%.
L'état du patient se caractérise par :
– un désarroi au premier contact du CAC ;
– une peur du diagnostic ;
– l'angoisse de ne pas être pris en charge ;
– les délais du début de traitement ;
– l'hébergement ;
– une prise en charge psychologique aléatoire ;
– une lueur d'espoir de guérison.
La prise en charge du patient se fait sans contrainte de son statut propre :
– assuré, non assuré ;
– démuni, sans ressources propres ;
– résidents, non résidents, en provenance de toutes les régions du pays.
Afin d'argumenter cette situation et notamment le nombre sans cesse croissant de patients convergeant vers le CAC, ci-après les régions et localités en forte progression durant l'année 2011 :
– Centre (Alger, Blida, Chlef, Aïn Defla, Béjaïa, Bouira, Tizi Ouzou, Djelfa, Médéa, Tipasa, Boumerdès, Bordj Bou Arreridj, M'sila) : 5536
– Est (Sétif, Constantine, Batna, Oum El Bouaghi) : 70
– Ouest (Oran, Tiaret, Mostaganem) : 429
– Sud (Adrar, Laghouat, Ouargla, In Salah) : 138
En termes de niveau thérapeutique de la pathologie, la prospection a porté sur :
– les spécialités existantes dispensant les soins nécessaires ;
– les moyens mis en œuvre dans la thérapie ;
– la coordination dans l'environnement thérapeutique.
En termes de constats des soins dispensés au CAC, les spécialités suivantes sont assurées en chirurgie, oncologie médicale, hématologie et radiothérapie.
Les soins dispensés au CAC-EHS sont assurés avec les moyens suivants :
– par un personnel médical au demeurant suffisant, assisté d'un personnel paramédical assez ou peu formé, à l'exception de ceux de l'oncologie et des manipulateurs d'appareillage des équipements de traitement. Les diverses spécialités sont présentes et assurent dans un contexte difficile leurs missions quotidiennes :
– par un ensemble d'équipements et d'appareillages de pointe, 2 simulateurs dont un à l'arrêt pour obsolescence, 1 accélérateur, 1 simulo-scanner, 2 cobalts, 1 mammographe, 1 colonne téléthorax, 1 stéréotaxie, 1 colonne celiochirurgie, 1 appareil cytaphérèse, 1 appareil de contact pour la curie thérapie superficielle, (prise en charge des parties molles) ;
– pour l'accompagnement du patient, l'action psychologique reste inopérante et peu efficace, des psychologues entretiennent des contacts sporadiques avec les sujets malades.
La coordination dans cet environnement se caractérise par un agencement infrastructurel de l'existant, engendrant une situation disparate dans les relations techniques entre les services et créant de fait une faiblesse et une lenteur dans la coordination. Les moyens de communications inter-services sont inexistants (Intranet).
En termes de développement des moyens thérapeutiques, la prospection a porté sur les moyens en personnel médical et paramédical, les moyens en équipements et les moyens infrastructurels.
Le développement des moyens en personnel se résume par :
– manque de formation sur le cancer du personnel paramédical ;
– manque de formation du personnel technico- médical.
Le développement des moyens en équipement se résume par :
– la mise en service du deuxième accélérateur ;
– l'affectation d'un clino-mobile pour le Centre de transfusion sanguine, vu la forte demande en sang. Dans ce cadre, souhait d'autoriser les collectes auprès des institutions militaires, principalement les casernes couvrant la wilaya de Blida, comme c'est le cas à Constantine, par exemple.
Le développement des moyens infrastructurels se résume par :
– la construction en cours d'une unité de consultation commune, chirurgie et oncologie ;
– l'extension et la réhabilitation du laboratoire d'anatomie-pathologie du CHU, dont le personnel en place fait preuve de hautes compétences ;
– renforcement de la prise en charge en radiothérapie par un redéploiement d'un équipement en adéquation avec la forte demande sans cesse en croissance, accusant des décalages de trois à six mois, souvent fatales pour le sujet malade.
En termes de recommandations, les points énumérés ci-après découlent des annotations des principaux acteurs, praticiens, universitaires et chercheurs, ayant soumis des réflexions sur la pathologie en général et sur la prise en charge du patient en particulier.
Nous nous efforçons de regrouper les points forts, lesquels inciteront les décideurs à entreprendre des actions urgentes, à travers une démarche réactive jugée adéquate, générant un gain de temps appréciable dans le parcours thérapeutique du patient atteint de cancer.
Ces recommandations s'inscrivent dans une logique d'amélioration des conditions de travail plus attrayantes pour le praticien d'une part, et mieux appréciées par le patient pour sa prise en charge, d'autre part. Les recommandations se résument comme suit :
Points forts, accueil et thérapie
– accueil du patient à la hauteur de sa souffrance, (fatigue, éloignement, état moral bas, peur) ;
– une consultation commune du nouveau patient, dotée du personnel médical nécessaire ;
– une orientation et intégration aussi rapide que possible du patient au processus de traitement ;
– une gestion rigoureuse du dossier médical du patient afin d'assurer une traçabilité convergente vers la tenue d'un dossier commun informatisé, intégré à un réseau intranet administré inter-services en vue d'une concertation pluridisciplinaire de la pathologie ;
– réhabilitation systématique du colloque commun dans le processus thérapeutique.
Points forts, les médicaments
Une gestion prévisionnelle plus rigoureuse des médicaments, basée essentiellement sur les besoins exprimés et assurant une traçabilité médicamenteuse.
Points forts, formation et assistance sociale
Renforcement du personnel paramédical spécialisé dans la pathologie : formation qualifiante en soins, et celle technico-médicale : secrétariat médical, archivage, accueil ;
– formation dans la prise en charge des médecins généralistes en charge du patient pour suivi en proximité évitant les déplacements laborieux de patients, soulagement des services ;
– création d'un réseau de coordination entre les établissements publics spécialisés dans le cancer et les médecins libéraux en charge du suivi du patient, en vue de générer un pôle de cancérologie régional ;
– le corps de l'assistance sociale dans le circuit thérapeutique est inexistant ; il a été tari au moment où les besoins sont énormes. Leur affectation au CAC doit être systématique par les services de la DAS, caractérisés souvent par une lenteur bureaucratique relative.
Points forts, prise en charge et couverture par les organismes sociaux
Participation des assurances complémentaires dans la couverture des frais dépensés par le malade et/ou ses proches ;
– convention avec les cliniques spécialisées dans la pathologie lourde du cancer ;
– en marge de la carte Chifa, le cancéreux disposera d'une facilitation pour l'accès gratuit aux examens lourds (bilans, imagerie, biologie) et une totale prise en charge des médicaments prescrits exclusivement par les cancérologues, souvent très coûteux.
En termes de prise en charge psychologique et soins palliatifs.
Points forts, cellule d'écoute et prise en charge psychologique
Formation qualifiante des psychologues du cancer en TCC, STT, EMDR ; une cinquantaine sont en cours de formation, leur intégration au CAC sera d'un grand apport ;
– autant d'apport afin d'éviter des situations de «burnout» du personnel médical et notamment les soignants.
Points forts, convalescence et soins palliatifs
Difficultés pour le médecin à avouer la situation d'échec, et donc nécessité d'annoncer la possibilité d'échec au début des soins.
La violence de l'entourage est parfois insupportable pour le personnel soignant non-qualifié, ce rôle étant à la charge du psychologue ;
– début des soins dits de confort, et psychologiques, complémentarité du médecin de proximité.
– création d'unités de soins palliatifs sous forme de centre de convalescence dans les régions jugées à forte progression de cas de cancer en traitement.
En termes de prise en charge par les associations d'aides aux cancéreux :
Points forts, orientation, hébergement, transport, aide à l'accès aux médicaments et à l'imagerie
Le travail fait par ces structures est énorme, mais est-il suffisant ?
D'où la nécessité d'intégrer dans les programmes et budgets de développement locaux les besoins de ces structures, notamment en subventions étatiques et affectation d'assiette foncière pour la construction de centre d'hébergement et d'accueil.
Une gestion plus rigoureuse et contrôlée des associations permettra un apport opportun et une meilleure assistance orientée vers ces prestations.
Pour les recommandations infrastructurelles et en termes de réhabilitation et de redéploiement :
Points forts, logistique thérapeutique Reconversion de l'EPSP de Ouled Yaïch, disposant d'un bloc opératoire, en unité de chirurgie, rattachée au CAC (chirurgie du cancer du sein) ;
– réhabilitation de l'unité de traitement des
douleurs ;
– extension et développement de l'hôpital de jour ;
– réhabilitation de la restauration des malades et des praticiens, de même que la certification hygiène et sécurité (normes QHSE) ;
– affectation d'une structure au sein du CAC pour la cellule d'écoute ;
– affectation d'une structure pour archivage médical et une bibliothèque spécifique à la pathologie.
En termes de construction :
Points forts, développement des moyens : accueil et moyens diagnostics
Impulser l'avancement des travaux de l'unité de consultation en cours de réalisation au CAC ;
– construction d'un nouveau centre ou extension conséquente de l'actuel CAC ;
– construction d'un centre d'oncologie pédiatrique, l'actuel étant surexploité ;
– aménagement d'une structure au niveau du CAC, pouvant abriter les moyens de diagnostic en imagerie, ana-pathologie, biologie et une banque de sang gérée par le CTS, une proximité nécessaire dans la prise en charge ;
– construction d'un nouveau CTS, l'actuel centre étant trop exigu. Pour les recommandations organisationnelles et en termes de redéploiement.
Un état des lieux est nécessaire pour l'élaboration d'un plan de mise à niveau afin de
booster une démarche de gestion quotidienne dynamique du CAC.
Points forts, l'information, la communication, et l'informatisation
L'intégration des NTIC : un levier stimulant rapide pour le travail commun (protocole) ;
– la mise en place d'un réseau intranet avec accès administré et sécurisé par l'instance de la direction du CAC : sécurité, traçabilité du dossier et gain de temps dans le parcours du patient ; Cette alternative aura une répercussion pertinente à l'endroit de la rigueur dans la prise de décision en temps nécessaire.
En résumé :
Croissance du nombre de malades orientés par le médecin généraliste des diverses régions du pays vers le CAC de Blida, (besoins exprimés en soins anticancéreux en croissance) ;
– infrastructure d'accueil insuffisante et souvent surexploitée ;
– surutilisation des moyens de traitement existants ;
– pannes fréquentes des équipements de soins ;
– prise en charge thérapeutique en fonction des moyens, malgré le plein dévouement du corps médical et paramédical traitant, situation redondante de «burnout».
Démarche réactive et mesures urgentes
Redéploiement et réhabilitation de l'infrastructure existante : nécessité d'un état des lieux suivi d'un plan de mise à niveau progressive ;
– activer l'ouverture du service orthopédie et traumatologie en cours de réception au CHU, spécialisé dans les tumeurs, scolioses, prothèses et les chirurgies des membres supérieurs ;
– activer l'ouverture de l'unité d'accueil/consultation commune du CAC ;
– mise en place de moyens examens cliniques propre au CAC ;
– en matière de médicaments lourds, renforcement du point de ravitaillement du CAC auprès d'une agence nationale du médicament en mesure d'assurer en permanence la disponibilité de ce produit précieux ;
– renforcer le cadre conventionnel de sécurité social (CNAS/CASNOS) d'accès aux coûteux diagnostics cliniques en externe, comme palliatifs aux établissements étatiques spécialisés, souvent surexploités ;
– renforcer les moyens radiothérapeutes du CAC, pour pallier les longues attentes de prise en charge, souvent fatales pour le patient ;
– renforcer la maintenance des équipements spécifiques ;
– intégration des NTIC : Intranet administré ;
– mise en place d'une cellule d'écoute animée par l'assistance sociale dotée d'un n° d'appel vert : aide et orientation du patient, une nécessité absolue ;
– intégrer la participation des associations d'aide aux patients, au processus de prise en charge dans un cadre réglementé et en harmonie avec les besoins spécifiques des patients (transport, hébergement).
Les thèmes des communications ayant attiré l'attention de l'auditoire se résument comme suit :
«Etude épidémiologique des cancers de l'os» par le Pr K. Z. – EHS M'hamed Yazid – Blida.
Résumé de la communication et points forts
Importants cas de pathologie du cancer de l'os en provenance de toutes les régions du pays ;
– majorité des cas en phase avancée et métastasée ;
– manque de soins de proximité, défaillance du médecin généraliste formé sur le cancer ;
– exiguïté des locaux et déficit en lits d'hospitalisation ;
– déconcentration de l'EHS avec l'ouverture imminente de service orthopédie et traumatologie en cours de réception au CHU Frantz-Fanon, spécialisé dans les tumeurs, scolioses, prothèses et les chirurgies des membres supérieurs. «L'oncologie chirurgicale dans la prise en charge du cancer» par le Dr en chirurgie cancéreuse M. Med – CAC de Blida.
Résumé de la communication et points forts
Importants cas de pathologie du cancer du sein, col utérin et la prostate, en stade avancé ;
– grande affluence de malades vers le CAC de Blida ;
– manque de soins de proximité, défaillance du médecin, pas assez formé sur le cancer ;
– nécessité de doter le CAC de moyens thérapeutiques conséquents et consistants,
notamment en radiothérapie ou la presque totalité des patients convergent.
«La formation médicale spécialisée» par le Pr B.M, doyen de la faculté de médecine de Blida.
Résumé de la communication et points forts
La transition épidémiologique constatée à partir des années quatre-vingts, faisant suite à l'amélioration sensible de la situation sanitaire dans le pays, a permis «l'éclosion» des maladies dites non-transmissibles, notamment cancéreuses.
Nécessité de création des pôles de spécialisation assurant la mobilité de l'équipe soignante et les soins aux patients atteints de maladies souvent invalidantes, qu'il faudrait prendre en charge précocement.
«La place du pathologiste dans la prise en charge des affections cancéreuses» par le Pr L.M, chef de service anapath au CHU Frantz-Fanon de Blida.
Résumé de la communication et points forts
La pathologie est un carrefour interactif entre biologie, imagerie et clinique, obligation d'être en progression continue de connaissances pour une rapide prise en charge des patients ;
– la biopsie avant l'acte thérapeutique ;
– informer sur l'état des limites de résection (caractère complet de l'ablation) ;
– examen extemporané permettant d'orienter l'acte opératoire pendant l'intervention ;
– surveillance et suivi après traitement (analyse des lésions engendrées) ;
– confrontations anatomo-cliniques.
En conclusion, le but recherché est le rétablissement de la santé du patient atteint du cancer par :
– une prise en charge précoce afin d'éviter le désarroi du patient par l'accueil, l'orientation, l'accès rapide à la première consultation et le suivi de chaque phase du diagnostic ;
– une distribution régulière et suffisante des médicaments prescrits et des réactifs nécessaires aux différents protocoles thérapeutiques ;
– redéploiement des établissements de santé existants et insuffisamment exploités, en lieux de soins intensifs de la pathologie, par exemple comme unités d'oncologie ne nécessitant pas d'équipements spécifiques importants à l'exception d'un personnel qualifié ;
– une implication de la société civile, nécessitant une réglementation couvrant la chaîne des
soins palliatifs, groupe de parole, assistance sociale, réintégration professionnelle,
etc ;
– mise en place de l'union des spécialistes cancérologues afin d'assurer une coordination des
actes, une nécessité du fait de la complexité de la pathologie ;
– la tenue et la mise à jour du Registre du cancer, un indicateur nécessaire à la thérapie ;
– le perfectionnement pour les formateurs et des échanges avec des équipes références pour la mise à niveau de connaissances, de pratique d'exploration, d'investigation et de prise en charge ;
– une mise à niveau des structures spécialisées dans le traitement de la pathologie par une réhabilitation de la dynamique de gestion permanente et pleinement intégrée à la politique de santé tracée par le gouvernement. L'objectif à atteindre est l'élaboration d'un plan national de lutte anticancéreux.


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