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A Monsieur John Kerry, secrétaire d'Etat des Etats-Unis d'Amérique


Votre Excellence,
Vous allez venir en visite en Algérie et nous vous souhaitons la bienvenue. Vous allez rencontrer les autorités de notre pays au moment où il aborde un tournant décisif de sa jeune histoire.
Notre pays est indépendant depuis 1962. Notre peuple a payé un lourd tribut pour se libérer du colonialisme. C'est à ce titre que la guerre de Libération nationale, qui a marqué la spécificité du peuple algérien, constitue pour nous un repère fondamental. A cet égard, nous n'oublierons jamais la position du peuple et du gouvernement des Etats-Unis qui ont soutenu la juste cause de la liberté et de la justice face à la tyrannie de la puissance coloniale, qui était alors pourtant leur allié naturel.
Mais 52 ans après, les gouvernements algériens successifs n'ont malheureusement pas réussi à créer les conditions d'une gouvernance démocratique pérenne et, aujourd'hui, les institutions de l'Etat sont construites sur la corruption généralisée et le mensonge. Le mensonge d'une démocratie de façade, qui ne respecte pas la volonté des citoyens de choisir librement la forme de leurs institutions et leurs dirigeants par le trucage systématique des élections. L'absence de transparence totale dans la gestion des deniers publics, qui sont détournés massivement pour alimenter les corrompus et leurs corrupteurs, est au détriment du développement du pays.
La fraude annoncée pour l'élection présidentielle prévue le 17 avril prochain en atteste encore une fois.
Or, seul un véritable système démocratique, à l'instar des institutions que les fondateurs de la Constitution des Etats-Unis ont su doter leur peuple pour la prospérité que l'on connaît, serait apte à répondre aux aspirations légitimes du peuple algérien, au regard de ses potentialités en ressources humaines et matérielles et de ses immenses sacrifices pour sa liberté.Depuis quelques années, le Moyen-Orient et le Maghreb sont traversés par des mouvements de revendication populaires qui attestent d'un changement radical des opinions publiques. Celles-ci n'acceptent plus d'être dirigées par des gouvernements autoritaires.
Les peuples de la région exigent désormais de changer le modèle de gouvernance pour adopter de véritables systèmes démocratiques. Ces changements en cours ont malheureusement provoqué une grande instabilité dans ces pays, avec son cortège de malheurs, non à cause de la demande démocratique des populations, mais en premier lieu à cause du refus de changement de la part de leurs dirigeants. Plus ces derniers s'accrochent au pouvoir, plus grand est le chaos.
Ceci confirme d'ailleurs l'analyse de votre gouvernement, lequel a rompu avec le faux choix entre, d'un côté, le progrès démocratique légitime des peuples et, de l'autre, la stabilité «virtuelle» promise par l'autocratie de dirigeants aux conceptions passéistes.
Cette nouvelle politique a été très justement définie par Son Excellence, le Président des Etats-Unis, en mai 2011 : «Les Etats-Unis d'Amérique auront pour politique de promouvoir la réforme à travers la région et d'appuyer les transitions vers la démocratie.» Aujourd'hui, votre visite intervient au moment où notre peuple réclame le changement démocratique face à des dirigeants qui veulent se maintenir coûte que coûte au pouvoir, en faisant précisément un chantage inadmissible au risque d'instabilité pour empêcher toute évolution citoyenne. Vous pouvez constater que tous les segments de la société civile, toutes tendances confondues, sont d'accord sur un point : la nécessité de la transition démocratique.
Seuls les réseaux de la corruption et des dirigeants aux conceptions dictatoriales et aux bilans désastreux veulent maintenir le statu quo, dont nul ne doute qu'il risque de mener le pays au chaos et provoquer une très grande instabilité aux conséquences incalculables sur la paix et la sécurité dans toute la région.
Votre Excellence,
Le peuple algérien aspire à la paix, à la stabilité et à la prospérité. Seule la transition vers un système réellement démocratique peut le lui garantir, comme le prouvent tous les pays qui ont adopté ce système à travers tous les continents. Le peuple algérien aspire à se doter d'institutions démocratiques légitimes et refusera toute solution qui tende à maintenir un statu quo qui menace gravement son devenir.
Notre peuple désire coopérer avec tous les peuples du monde et construire des relations à la hauteur de ses ambitions de paix et de prospérité pour l'humanité. Une Algérie démocratique, au regard de ses potentialités et de sa position géostratégique, est en mesure de jouer un rôle majeur de stabilité et de progrès pour l'ensemble du sous-continent nord-africain.
Votre Excellence,
Nous vous demandons de bien vouloir ne pas donner une caution morale à une élection basée sur la fraude au profit du président-candidat, handicapé et absent, lui-même pris en otage par un groupe qui gouverne le pays par procuration depuis maintenant une année. Nous espérons ainsi qu'une telle position de votre part puisse contribuer à faire comprendre à ces dirigeants que leur intérêt est de respecter le choix souverain du peuple algérien dans sa volonté d'organiser la transition démocratique de son système de gouvernance.
Nous vous prions d'agréer, Votre Excellence, l'expression de notre haute et très respectueuse considération.
Alger, le 31 mars 2014


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