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De l'Agha à Zéralda : Le train du changement
Publié dans El Watan le 20 - 12 - 2016

Inaugurée en grande pompe par le président de la République il y a une semaine, la nouvelle ligne ferroviaire commence à faire parler d'elle. On entend depuis quelque temps plusieurs phrases comme : «On évite la circulation, le gain de temps est considérable, les distances se réduisent grâce au train.»
Pour confirmer ces propos, nous avons décidé de prendre le train jusqu'à Zéralda en aller-retour. Notre trajet débute à la gare des Halles. Le ticket coûte 65 DA, il y est indiqué l'horaire de départ, soit 9h22. On s'installe sur le quai où s'entassent de nombreuses personnes, on croise des universitaires qui se dirigent vers Bab Ezzouar, des employés d'entreprises, qui préfèrent se passer de leur véhicule pour éviter la circulation.
Tout cela dans une station bien dégradée et qui n'a rien d'attirant. Il est 9h32mn, le train arrive enfin et le quai est déjà vide, nous embarquons et prenons place à bord. Si de l'extérieur le train est très dégradé, avec le pare-brise à moitié troué par des impacts d'objets divers, l'intérieur semble avoir reçu un traitement de faveur. Les sièges sont neufs et le parquet est très propre. Au départ des Halles, beaucoup de passagers ont pris place et à la station du Caroubier, d'autres personnes montent et d'autres descendent et c'est le même enchaînement jusqu'à la station de Aïn Naâdja.
Avant d'arriver à cette station, notre regard s'est perdu entre les stations, non pas à cause de leur nombre, mais plutôt en raison de l'absence de plaques indiquant le nom de la station où l'on se trouve. On a également remarqué des kilomètres de voies qui semblent abandonnés. Les herbes hautes trahissent le manque de passage des trains et l'absence de toute activité d'entretien. Mais malgré cela, on a pu voir des cheminots à l'œuvre pour entretenir certaines voies. A la station de Aïn Naâdja, deux hommes d'un certain âge sont montés et se sont installés à côté de nous. A les entendre parler, ils semblent être du métier. Le train redémarre vers Zéralda.
En cours de route, après la station de Aïn Naâdja, le paysage change complètement, la nature est plus verte, le train fait découvrir aux passagers un autre visage d'Alger, où les vergers sont omniprésents, on observe à travers la fenêtre des champs d'orangers sur plusieurs hectares. La vigne est également de la partie. Pendant que le train avance jusqu'à la station de Baba Ali, le récif change lui aussi, des ouvrages d'art font partie du trajet qui ne dure que 40 petites minutes. Deux tunnels nous attendent.
Une véritable aventure qui semble faire frémir les petits comme les plus grands. Nous sommes à Birtouta, point névralgique pour beaucoup de personnes en raison la forte population qui s'y concentre. Les opérations de relogement de la wilaya y sont pour beaucoup. De nombreuses cités ont fleuri et chacune contient entre 780 et 2000 logements. Sur le quai à Birtouta vers Zéralda, il n'y a pas grande foule, mais en sens inverse, la population se fait plus jeune.
On redémarre vers le prochain arrêt à Tessala Merdja et depuis Birtouta, les stations semblent devenir plus belles et plus attrayantes. Les nombreux passages à niveau sont gardés par des agents qui bloquent la circulation, certains passages sont surveillés aussi par des gendarmes permettant ainsi au train de circuler en toute sécurité. Depuis Tessala El Merdja, on traverse un long ouvrage d'art qui s'allonge sur 500 m et dès qu'il est dépassé, le paysage devient magnifique avec des champs agricoles et des agriculteurs qui travaillent la terre. «C'est vraiment magnifique», dit l'un des deux hommes assis à nos côtés.
Les stations suivantes, à savoir Sidi Abdellah université et Zéralda sont magnifiquement conçues. L'architecture est moderne, avec une touche stylistique qui semble venir de chez nos voisins européens. Un jeune homme s'installe avec nous et nous engageons la conversation à quatre. Chacun d'entre nous se présente et le dernier intervenant est un contrôleur qui a travaillé à la réalisation de cette ligne. Il explique que les stations ainsi que le gros œuvre ont été réalisés par des entreprises turques spécialisées dans le domaine.
Retour au bercail
Chaque station étant dotée d'un parking, les automobilistes peuvent laisser leur véhicule en toute sécurité, a expliqué notre compagnon de voyage. En descendant à la station de Zéralda bien agencée, l'un de nos interlocuteurs soulève un point crucial : «Même si les stations sont modernes, elles sont malheureusement loin de la ville, de Tessala El Merdja jusqu'à Zéralda tous les arrêts sont en retrait de la ville, ce qui pose problème pour les habitants, surtout s'il n'y a pas de transport.»
Le contrôleur qui était également avec nous a expliqué que ce n'est pas sans raison. «La réalisation a été projetée pour les années à venir, d'ici quelques années les environs changeront et ces zones limitrophes seront plus animées avec une forte augmentation de la population», précise-t-il, tout en affirmant que pour la plupart des stations fraîchement inaugurées, l'Etusa assure un transport régulier et sans interruption.
Quelques minutes après, nous prenons le train du retour vers la capitale. Au départ de Zéralda, le train semble presque vide, mais c'est tout à fait normal, il en est à sa première semaine mais dès la station de l'université Sidi Abdellah, le train commence à être animé. On voit à travers les fenêtres de nombreux bidonvilles reculés où l'accès est difficile, une nature envahie par des tonnes d'ordures qui sont jetées par les habitants de ces contrées perdues. A Birtouta, quelques wagons affichent complet.
De nombreux jeunes montent pour se diriger vers la capitale et les pôles universitaires. On aborde un groupe composé de deux filles et trois garçons, tous sont en première année à l'USTHB, et tous sont visiblement contents de quitter le cous pour le train. Salima, qui semble être la tête pensante du groupe, donne une définition plutôt inattendue de la part d'une jeune demoiselle. Utilisant un style narratif qui semble tout droit venir des bancs de la Sorbonne : «Il faut savoir qu'avec le train, les distances se réduisent, et le temps de parcours aussi est réduit.
Le train, une alternative ?
La circulation matinale n'est plus qu'un mauvais souvenir». Ses compagnons sont d'accord avec elle. Son ami Hamid reprend en disant : «Si j'ai un cours a 9h30, je n'ai pas besoin de me réveiller tôt pour espérer arriver à l'heure, je peux ainsi gagner une heure de sommeil.»
Nous continuons notre discussion avec nos jeunes voyageurs et le sujet des vacances arrive tout seul.
«Dès qu'on descend à la station de Zéralda, la mer nous fait signe, je suis convaincu que ce train fera des heureux, surtout les personnes qui habitent dans des villes reculées, comme Birtouta, Tassalla El Merdja. ça sera vraiment bénéfique, surtout quand on sait que le dernier train quittera le quai vers 19h», rappelle un autre jeune. Après avoir fait l'aller-retour entre Alger-Centre et Zéralda en à peine 85 mn, le train semble sortir du lot comme étant un joker pour les habitants des zones reculées de la capitale.
La circulation qui effraye chaque jour et qui oblige aussi des milliers d'automobilistes à prendre leur mal en patience ne sera plus qu'un mauvais souvenir, si ces mêmes conducteurs décident de laisser leur véhicule. Cependant, quelques problèmes subsistent et ce sont les usagers qui les ont relevés. Une dame, qui l'emprunte depuis le premier jour pour rallier la place du 1er Mai de Zéralda, explique que certaines choses doivent être améliorées.
«J'ai noté que l'heure n'est pas respectée et c'est un problème pour les employés, il peut y avoir beaucoup de retard entre l'heure de départ annoncé et le temps que l'on passe sur les quais à attendre», explique-t-elle. Notre interlocutrice précise aussi que le prix reste un peu cher pour certaines bourses. «L'aller-retour revient à 140 DA et si on veut laisser le véhicule stationné dans le parking de la gare, il faudra rajouter 60 DA, au fil des jours, les comptes sont vite faits et on se retrouve rapidement avec les poches vides et certaines personnes ne peuvent pas se permettre», rajoute-t-elle.
Notre interlocutrice conclut par un troisième désagrément qui peut être réglé rapidement. «Les navettes de l'Etusa qui transportent les voyageurs vers les gares prennent 20 DA en plus des 70 DA qu'il faudra débourser pour le ticket, il faut aussi mettre en place un système de navettes qui relieront d'autres zones, comme Staouéli, Aïn Benian aux gares, si les autorités veulent vraiment désengorger la ville, mais il faut qu'elles soient gratuites pour ceux qui prennent le train», ajoute notre interlocutrice.
En somme, le train est une véritable alternative, il apportera un changement considérable dans les années à venir, mais d'un autre côté, certains points devront être rectifiés pour que le voyageur profite pleinement de cet outil à la pointe de l'innovation. Des cartes de l'Etusa sont déjà disponibles, et des cartes pour étudiants devraient voir le jour pour soulager les universitaires.


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