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Politique européenne de voisinage : L'Algérie n'a pas respecté l'accord d'association, selon l'UE
Publié dans El Watan le 09 - 03 - 2010

L'Algérie se place en position de force et, de ce fait, exige un traitement particulier.
Bruxelles
De notre envoyée spéciale
Il y a cinq ans, l'Union européenne (UE) a mis en place un nouveau concept connu sous l'appellation de la Politique européenne de voisinage. Une démarche qui vise à maintenir l'équilibre au sein de l'Union européenne en raison de son élargissement à d'autres pays et la stabilité au niveau de sa périphérie. De 15 Etats membres, l'Union européenne est passée à 27. Contrairement au Maroc et la Tunisie, la Libye et l'Algérie, pays importants dans la rive méditerranéenne, ont refusé pour l'heure d'adhérer à la politique européenne de voisinage. Pourquoi ce refus ? Et pourquoi l'Union européenne s'intéresse-t-elle autant aux pays du Maghreb ? Des experts et des membres de la Commission européenne ont tenté de répondre à ces questions lors d'un séminaire de formation organisé cette semaine au quartier général de la Commission européenne, Bruxelles, par l'organisation non-gouvernementale britannique, Thompson Foundation, autour du thème « La Politique européenne de voisinage (PEV) et ses perspectives ».
Devant une brochette de 24 journalistes venus d'Algérie, de Tunisie, du Maroc et du Liban, les intervenants ont confirmé à l'unanimité la réticence de l'Algérie vis-à-vis de cette nouvelle politique de voisinage. Etant un pays riche, l'Algérie se place en position de force et de ce fait, elle exige un traitement particulier. Elle veut tout simplement négocier son entrée en la matière. « L'Algérie veut d'abord négocier avant de s'impliquer dans ce processus. Etant une force dans la région, étant riche de par son gaz et son pétrole, l'Algérie refuse qu'on lui dicte la démarche à suivre et considère cette politique comme étant en quelque sorte, une ingérence dans ses affaires internes. Ce qui, à notre avis, n'est pas le cas », a précisé Monica Liberati, membre de la Commission européenne chargée d'aide et de coopération.
Une coopération pour lutter contre le terrorisme
Le Maroc figure parmi les privilégiés : on n'hésite pas à dire qu'il est le bon élève de l'UE. Pour décrocher des marchés, il exécute à la lettre les directives de l'UE. Seulement ces déclarations, quoique positifs à l'égard du Maroc, dégagent aussi un sentiment de « peut mieux faire » car le royaume chérifien n'est pas coté sur le plan des droits de l'homme à l'instar de son voisin la Tunisie. Celle-ci est très critiquée sur le plan des droits de l'homme et de la liberté de la presse. Rosa Balfour, chargée de la politique européenne pour le centre au sein de la Commission européenne estime que « l'Etat tunisien est tout simplement un Etat policier, il doit se corriger s'il veut être dans les bonnes grâce de l'UE ». Pour sa part, la Libye est à la fois un pays intéressant pour l'UE, mais qui pose énormément de problèmes, selon l'intervenante.
Pour le moment, l'UE essaye de convaincre Tripoli d'intégrer la politique de voisinage. Bernard Brunet, membre de la Commission européenne chargé de l'unité Maghreb, a tracé les contours de la coopération avec les pays du Maghreb. Tout en insistant sur les ambitions de l'UE en matière de coopération avec ses voisins, il a rappelé les liens historiques et humains liant les deux rives. Pour l'UE, la coopération intervient essentiellement dans trois domaines : la lutte contre le terrorisme, l'émigration clandestine, la sécurité et la concrétisation de projets socio-économiques.
Sur le chapitre économique, les entreprises européennes espèrent investir au Maghreb, une région où la croissance économique est importante. Les pays du Vieux Continent s'intéressent également à la sécurité énergétique de ces pays. Dans ce sillage, l'Algérie et la Libye sont considérées comme les producteurs importants d'hydrocarbures, alors que la Tunisie et le Maroc sont aussi importants en termes de transit de ces flux énergétiques. En tout état de cause, aujourd'hui le Maghreb est considéré comme un important partenaire et il le sera davantage dans le futur, si le potentiel en matière d'énergie renouvelable, notamment au niveau du solaire et de l'éolien se développe de façon considérable.
Du point de vue politique, le volet sécuritaire est devenu une préoccupation majeure pour l'UE, notamment les questions liées au développement du terrorisme à la fois dans certains pays du Maghreb et surtout dans la région du Sahara et du Sahel. Pour les membres de l'UE, Al Qaîda au Maghreb représente une véritable menace d'où la nécessité et l'importance d'une coopération entre l'Europe et les pays du Maghreb. Au delà des dossiers liés au terrorisme, il y a aussi la coopération maghrébine contre les trafics illégaux. Le Maghreb est devenu indéniablement, selon les membres de l'UE, une zone de transit. « Il y a lieu de souligner qu'une partie de la cocaïne qui est produite en Amérique du Sud transite par l'Afrique de l'Ouest et remonte ensuite en Europe par les pays du Maghreb », observe Bernard Brunet. Il estime que le Maghreb constitue à la fois une source de menace potentielle pour l'UE et une source de coopération pour lutter contre ces fléaux qui gangrènent y compris leur société.
« Le trafic de drogue et d'êtres humains est très répandu au Maghreb. Ces populations viennent d'Afrique subsaharienne, d'Asie et transitent par certains pays du Maghreb, plus particulièrement la Libye et l'Algérie », a souligné M. Brunet. La rive de la Méditerranée, selon les membres de la Commission européenne, est aussi une zone où le trafic d'armes de petit calibre et d'autres substances illicites s'exerce couramment. Ces facteurs nuisibles sont autant de raisons qui appellent au développement d'une coopération entre l'UE et les autorités de ces pays. En outre, l'environnement et le défi de l'emploi constituent une autre priorité pour l'UE. Sur un autre chapitre lié à l'accord d'association, les intervenants ont tous soutenu que ce projet, qui est entré en vigueur en 2005, avance difficilement.
l'UPM, un projet mort-né
En 2008, les deux rives ont élaboré une feuille de route qui vise justement à mettre en œuvre cet accord afin de déterminer de manière précise les objectifs et accélérer par la même le rythme de la coopération. Néanmoins, entre 2007 et 2008, L'UE commençait à s'interroger sur la nature de la participation de l'Algérie en matière de coopération. Les éléments ayant alimenté ces interrogations sont entre autres les nouvelles dispositions introduites dans la loi de finances complémentaire, notamment celle liée au démantèlement tarifaire. L'Algérie, selon l'UE, n'a pas ainsi respecté l'accord d'association. « Nous sommes actuellement en phase de renégociation », a observé M. Brunet. Evoquant le projet de l'Union pour la Méditerranée (UPM), les intervenants, sans hésitation, l'ont tous qualifié de mort-né, ajoutant que le projet était une « invention » du Président français.
Rosa Balfour est pour sa part persuadée que la remise sur rails de l'UPM est tributaire ni plus ni moins du règlement du conflit au Proche- Orient. Abordant la question de l'immigration clandestine, Elisabeth Collet, représentant le groupe de la politique de l'immigration, n'a pas nié que les Etats membres ont adopté la politique de l'immigration sélective. Une politique qui n'était pas du goût des pays tiers. Attitude justifiée ! « A travers cette politique, l'UE a clairement fait savoir aux pays tiers qu'elle ne prenait en charge que les immigrés dont elle a besoin ». « Ce message a eu des effets très négatifs sur les pays de la rive du Sud. L'UE devrait revoir sa stratégie dans le domaine de l'immigration pour arriver à un équilibre dans la région », a soutenu Mme Collet.
S'agissant des enveloppements financiers, 12 milliards d'euros sont destinés à la rive Sud mais aussi en direction des pays de l'est de l'Europe, détenteurs eux aussi de quelques richesses minières ; hydrocarbures. L'UE et ses différents organes, services, départements, délégations, consentent à prélever une taxe d'aide à la construction d'infrastructures des pays de la rive Sud, le niveau de la taxe dépend du degré de dépendance aux pays détenteurs d'énergie servant à alimenter les foyers du Nord. L'UE verse ces taxes, imposées au citoyen européen, dans des fonds au profit de réalisations diverses. C'est entre autres avec ce financement, qu'au Maghreb on contribue à construire des écoles, des universités, des routes, des édifices publics, on forme des diplômés, on appuie des entreprises etc.
Cet argent est-il justifié ? Serait-il un échange ? Un gage pour maintenir la prospérité précaire du Nord ? Entre 2011 et 2013, le Maroc recevra un peu moins de 600 millions d'euros en aides dont une bonne partie ira pour l'appui budgétaire sectoriel. Loin, très loin de la Tunisie et de l'Algérie. La Tunisie a eu 300 millions d'euros et l'Algérie 220 millions d'euros. Concernant les programmes bilatéraux, le Maroc a bénéficié d'un montant de 194 millions d'euros, la Tunisie 78 millions d'euros, l'Algérie 55 millions d'euros et enfin la Libye n'aura que 20 millions d'euros par an. Bref, l'Europe sait que le seul équilibre possible entre le Nord et le Sud viendra des reformes des institutions, de la démocratisation politique et de la vie publique, tout ceci nécessite une véritable révolution. Cependant, une révolution dans ces régions impliquerait un flux migratoire désastreux, avec tout son lot de trafic en tout genre et d'insécurité. C'est ainsi que le cœur de l'Europe balance entre réforme et stabilité au Maghreb.


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