Se voulant un pôle urbain moderne et technologique d'excellence et un modèle de ville moderne, Sid Abdellah attend toujours l'émergence de ses start-up dans son Cyberparc, qui fait partie de trois autres, à Ouargla, Oran et Annaba. Scindé en deux structures opérationnelles, l'une dédiée aux entreprises des TIC (le multilocataire lancé en 2010), et l'autre à l'incubation des start-up. C'est dans cette deuxième structure, qui s'étale sur 2150 m² «Techno bridge», l'axe nodal du process d'innovation, dont dépend l'éclosion des projets de nouvelles entreprises TIC que sont accompagnés les jeunes porteurs de projets. Et ce, dans le cadre d'un process entaché de lourdeurs à ses débuts, d'où d'ailleurs l'abandon de certains projets. Nabil Belmir, directeur de l'incubation et de la formation, ne manque pas de le reconnaître: «Au début, le process d'incubation prenait deux ans ou plus, ce qui poussait les gens à laisser tomber leurs idées.» Une situation qui a connu des changements au fil du temps, pour arriver aujourd'hui à mettre en œuvre «un accompagnement ajusté», toujours selon M. Belmir, qui précisera : «Avec la révision du process d'incubation, le taux d'abandon a baissé de 75%.» Par exemple, en 2016, sur les projets reçus, 10 ont été réalisés et se sont soldés par la création d'une quarantaine d'emplois, alors que pour cette année, l'on mise sur la concrétisation de toutes les idées, une vingtaine au total, après la mise en place de nouveau mécanismes de suivi. Une réforme qui se poursuivra dans le temps, notamment pour le volet financement. «Nous avons développé un modèle d'incubation pour trouver des financements pour les start-up, sachant que l'innovation vient des petites entreprises», nous révélera Nabil Belmir. Comment se traduira se système ? «Les grands opérateurs, qui sont obligés de développer de nouveaux produits face à la concurrence, seront appelés à financer le prototypage et la production. Pour cela, ils feront appel aux start-up», répondra le directeur de l'incubation. Et d'annoncer le développement prochain d'une coopération avec les grandes écoles. «Il faut aller chercher les jeunes talents et les sensibiliser à l'entrepreneuriat en assurant une phase de préincubation à l'université. Ce qui est inscrit dans la nouvelle stratégie», annoncera-t-il, insistant sur la nécessité d'aller à la recherche des talents sur les lieux de formation dans une période où les TIC représentent le levier de développement économique et social et créent des opportunités nouvelles de développement à saisir, tant à l'échelle nationale qu'africaine. Alegria 2.0 revient d'ailleurs cette année du 5 au 9 décembre prochain au Cyberparc de Sidi Abdellah avec l'ambition qui se veut être une opportunité à mettre en relation les professionnels des TIC et du web de toute l'Afrique et les opérateurs économiques.