La salle « Atlas » de Bab El Oued a accueilli dans la nuit de mercredi à jeudi une qaâda artistique dédiée au chaâbi, l'un des genres musicaux les plus emblématiques du patrimoine algérien. Organisée dans le cadre du programme d'animation du mois de Ramadhan par l'Office national de la culture et de l'information, cette soirée a réuni trois figures appréciées du public : Mourad Djaâfri, Sid Ali Driss et Hakim El Ankis. Ensemble, ils ont offert plus de deux heures de spectacle, ponctuées de chansons intemporelles et d'un échange chaleureux avec les spectateurs. Devant une assistance nombreuse et attentive, la soirée a débuté avec la prestation du chanteur Hakim El Ankis, reconnu pour son attachement au répertoire chaâbi et à la tradition des chants spirituels. Accompagné d'un orchestre composé de neuf musiciens, il a interprété plusieurs qacidate religieuses ainsi que des pièces puisées dans l'héritage artistique de son père, le regretté cheikh Boujemâa El Ankis. Les spectateurs ont ainsi pu redécouvrir des titres devenus incontournables, tels que « Ya Mohamed 'Ilaj Qalbi », « Jit 'Andek Qassed Ya Habib Allah », « El Aziz El Ghali » ou encore « El Haram Ya Rassoul Allah ». L'interprétation sensible et maîtrisée de ces œuvres a suscité une forte émotion dans la salle, où les youyous et les applaudissements ont rythmé chaque passage marquant. La veillée s'est poursuivie avec l'entrée en scène de Sid Ali Driss, artiste chevronné dont le parcours dans le chaâbi est jalonné de nombreuses performances saluées par les amateurs du genre. Fidèle à l'esprit du patrimoine musical algérien, il a choisi de revisiter des classiques immortalisés par de grandes figures disparues, notamment El Hachemi Guerouabi, Amar Ezzahi et Mohamed El Badji. Son interprétation de chansons inspirées des poèmes du melhoun, comme « Qalbi Melkou El Hawa », « Ma Baqat Dounia Ya Hasra 'Ala Zmane », « Nesthel El Kiya » ou encore « El Bareh Kan Fi 'Omri 'Ichrine », a plongé le public dans une ambiance empreinte de nostalgie et de respect pour la mémoire artistique nationale. La dernière partie de la soirée a été animée par Mourad Djaâfri, dont la présence scénique et la voix puissante ont contribué à maintenir l'enthousiasme du public jusqu'aux dernières minutes. Connu pour sa manière personnelle de revisiter les chefs-d'œuvre du chaâbi, il a interprété plusieurs titres appréciés des familles présentes dans la salle. Parmi eux figuraient « El Kahwa wel Atay », « Abda Ma Nzid Netlefet Louwraya », « Tfekert w Jrat Dmou'ti », « El Mal El Mal », « El Hawawiya » et « Dank Doni ». Ces chansons, mêlant émotion et énergie, ont permis de conclure la soirée sur une note festive et chaleureuse. Au-delà de la dimension artistique, les trois chanteurs ont souligné l'importance de préserver et de transmettre ce patrimoine musical. Hakim El Ankis a affirmé que le chaâbi continue de séduire les jeunes générations, comme en témoignent les nombreuses soirées programmées à travers le pays. Sid Ali Driss a, pour sa part, salué la qualité de l'organisation des événements culturels durant le mois sacré, estimant qu'ils jouent un rôle essentiel dans la valorisation de ce genre musical. Enfin, Mourad Djaâfri s'est dit heureux de se produire devant un public fidèle, profondément attaché à une tradition artistique qui demeure vivante malgré la diversité des styles contemporains.