«Des forces non constitutionnelles gèrent le pays»    «La grève ne doit pas toucher le système pétrolier et gazier»    L'ADE prépare la saison estivale    L'après-Bouteflika a déjà commencé    Bronn forfait face au Swaziland et l'Algérie    Les Verts pour terminer sur une bonne note    Le GS Pétroliers passe en quarts    Saisie de 100 g de cocaïne et 12,5 kg de kif    Saisie de 9 322 comprimés psychotropes    ON A TOUJOURS REFUSE DE NOUS ECOUTER. AUJOURD'HUI, ON VA SE FAIT ENTENDRE    USM Annaba: L'attaque, ce maillon faible    RCK - Démission du président Farès: Un directoire mis en place    Le coup de pied de l'âne    Retards dans le lancement des VRD et malfaçons: Les souscripteurs AADL dénoncent    Tébessa: La pénurie d'eau s'installe    Seddik Chihab: Le pays est gouverné par «des forces anticonstitutionnelles»    Algérie - USA: Des experts du FBI pour la formation aux enquêtes sur les vols de patrimoine culture    Programme spécial vacances à la salle Ahmed Bey    2.150 logements AADL-2 livrés le 5 juillet    Refus des visas pour les Algériens    Réunion de travail entre les présidents de clubs et la FABB    Les joueurs poursuivent leur grève    Le corps du pilote italien Giovani Stafanit en voie d'évacuation vers son pays    Aide du PAM pour plus d'un demi-million de personnes    L'ONU présente un nouveau plan pour le retrait des combattants    200 millions d'euros de dégâts depuis le début du mouvement    Première section de formation pour les enfants autistes    Les postiers rejoignent el hirak    «Le mois de mars marqué par "les hauts-faits aux objectifs nobles" du peuple»    Cinq partis politiques lancent un «Rassemblement pour une nouvelle République»    Manifestations populaires et perspectives    Un artiste promis à un million de dollars au Japon    Cheïkh Aïchouba Mostefa dit Si Safa    Célébration du 57e anniversaire de la fête de la victoire    Lamamra maintient le cap    Cascade de démentis    VEHICULES CKD-SKD: Légère baisse de la facture d'importation    De pluies assez soutenues    Constantine : Fin des travaux de consolidation des stations du téléphérique    MARCHES POUR LE CHANGEMENT : Les personnels de la santé appellent au "respect de la Constitution", à "l'indépendance de la justice"    Tamanrasset : Adapter les textes régissant le commerce extérieur avec les spécificités des régions frontalières    Les derniers terroristes del'EI acculés au bord de l'Euphrate    El-Qods occupée: Escalade israélienne, condamnations et mises en garde palestiniennes    Crise au Venezuela : Washington parle de "négociations positives" avec Moscou    Après près de 30 ans à la tête du pays : Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev démissionne    France : La croissance 2019 revue en baisse à 1,4%, dit Le Maire    Ghardaïa, la 51e édition de la fête du tapis reportée sine die    Tlemcen : Les accords d'Evian au centre d'une rencontre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Iwal : La nouvelle génération de la musique moderne chaouie
Publié dans El Watan le 16 - 02 - 2018

Un couple d'artistes, Fayssal Achoura et sa compagne Nesrine, qui le composent, ne cesse de grimper les échelons. Ils font de la musique universelle, du folk et touchent même à la musique classique, mais pas que.
Leur engagement va encore plus loin que l'on peut penser. Fayssal, guitariste et chanteur, est aussi informaticien de formation. Il a pu créer un clavier en tifinagh et il est même en phase de négociation avec Microsoft pour pouvoir intégrer sa simulation dans le Windows 7 et 10.
De son côté, Nesrine, amoureuse de la mythologie en plus de la musique, anime aussi des conférences en compagnie de Fayssal sur la mythologie berbère et le lien qu'il peut y avoir entre cette dernière et les caractères de tifinagh. Le couple propose aussi une correction au tifinagh modifié par l'Institut royal de la culture amazighe marocain (Ircam), car il pense que ce dernier n'a pas respecté la mythologie dans sa formation des caractères berbères proposés.
Ce n'est pas tout. Iwal fait aussi du théâtre et compte plusieurs scènes avec Debza, notamment avec son pionnier Merzouk Hamiane. «A vrai dire, nous essayons de toucher à plusieurs styles musicaux tout en gardant la touche acoustique. C'est la raison pour laquelle nous avons préféré utiliser la contrebasse cette fois-ci avec la guitare électrique qui devient incontournable dans la musique chaouie», explique Fayssal.
Harmonie
Fayssal, 30 ans, est originaire de T'kout, cette région rebelle et engagée dans le combat identitaire située à 80 km au sud de Batna. Quant à Nesrine, elle est d'origine algéroise mais a épousé la culture chaouie dont elle fait aujourd'hui sa principale vocation. «Avant, quand j'entendais la musique chaouie à la radio, on nous montrait que des chants folkloriques en arabe en plus. Mais quand je suis venue ici, j'ai découvert autre chose.
J'ai découvert la profondeur de la culture chaouie, devenue mienne depuis ce jour où je l'avais découverte», révèle Nesrine. Et d'ajouter : «J'aime la nature et l'histoire de cette région. Ici, je suis loin du monde superficiel d'Alger. Je ressens une paix à l'intérieur de moi. Je suis en totale harmonie avec moi-même. Je me sens libre.»
En 2014, alors qu'ils interprétaient de la musique près de la loge de Dihya, venue donner son dernier spectacle dans sa région natale, Fayssal et Nesrine ont été entendus jouer par son mari, Messaoud Nedjahi. Ce dernier leur propose de monter sur scène avec lui. Ils avouent qu'ils n'étaient pas préparés et leur groupe n'avait pas encore de nom.
Dans le tas, ils lui ont choisi celui d'une chanson de Dihya, Iwal, qui veut dire un infini espoir. Le couple monte avec Nedjahi et cartonne dans la soirée. Il faut dire qu'à ce moment-là, Nesrine et Fayssal ignoraient que ce qu'ils venaient de réaliser n'était que le début d'une carrière qui s'annonce longue.
Depuis, ils ne cessent d'enchaîner les scènes et organisent plusieurs spectacles, notamment un gala artistique chaque 30 avril à Batna, en hommage à une jeune féministe trotskiste, décédée à l'âge de 33 ans. Ils sont à leur 3e édition et préparent déjà la 4e pour cette année. Le concept s'appelle Iwal, dans lequel ils chantent 33 chansons, en rapport à son âge. Ces chansons se suivent et racontent l'histoire de cette jeune morte à la fleur d'âge. «Nous l'organisons chaque 30 avril, car c'est la date de naissance de la jeune militante. Nedjahi organise aussi le même événement en France le jour de sa naissance», indique Fayssal.
Marseille
Cette fois-ci, dans la même tournée que celle organisée pour Merzouk, Iwal, attendu par le public, a émerveillé ce dernier par ses chantons qui joignent la touche moderne à l'originalité de leurs textes. Il faut dire que leurs textes ne sont pas fortuits, car ils sont de ceux qui font tout pour garder le patrimoine chaoui, les contes et le vocabulaire de la région.
Cela fait même partie de leur combat. Cette fois-ci, sur la contrebasse, Iwal a eu un invité surprise de Marseille. Il s'appelle Nicola et fait partie désormais de la troupe. A la batterie, Ali Zaidi d'Oum El Bouaghi, à la sonorisation, Sly de Sétif et pour les choralistes, les deux jolies filles Ibtissem d'Alger et Tinhinan de Barika (Batna).
Mais un élément du groupe reste central dans l'équipe de par sa musique et son caractère un peu particulier. Il s'agit de Khelifa Djaghrouri, guitariste qui n'est que le membre du groupe Numidas qui font du rock chaoui. Des chansons comme Hertelis ou bertelis, choumana techa yellis, racontant l'histoire de Mqidech et la sorcière cannibale, adaptée par Iwal à la réalité d'aujourd'hui, ou Bouzahtala, qui est un refrain ancestrale chanté dans les fêtes dansante chaouies, sont déjà connus du public.
Les membres d'Iwal sont aussi des militants progressistes et tentent à travers leur travail d'encourager certaines luttes, dont celles en lien à l'égalité entre la femme et l'homme. D'ailleurs, ils exigent souvent que leurs publics soient mixtes et commencent toujours par inviter leurs propres familles dans les soirées qu'ils animent.
Quant à leur projet d'avenir, Nesrine dit «vouloir continuer à s'intéresser à la mythologie et souhaite ouvrir un théâtre pour enfants à T'kout, où elle est installée avec son mari Fayssal».
Quant à ce dernier, il nous a plutôt parlé des prochains albums d'Iwal. «Nous espérons sortir trois albums à la fois. Le premier comptera les chansons d'Iwal. L'autre, qui sera un double album, regroupera les 33 chansons de l'événement que nous organiserons chaque 30 avril», espère Fayssal.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.