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L'habit d'Arlequin… ne fait pas le moine !
Publié dans El Watan le 27 - 06 - 2010

Et les clameurs se sont tues…, après une période passée dans l'euphorie et l'espoir d'aller jusqu'en finale de la CAN et, plus tard, celle du Mondial sud-africain. Une ambition, qu'« on » savait tant désirée, notamment par la jeunesse et si facile à entretenir au café du commerce.
Des fariboles semées à tout vent par des spécialistes de l'agit-prop, fussent-ils de la plus haute crème du pays. Une animation « des grands jours », entretenue et alimentée par des happenings collectifs, pour faire oublier l'incontestable frustration, voire le dépit ressenti face à la déroute du football et du sport en général dans notre pays. Le souvenir de la glorieuse équipe du FLN et les succès des années quatre-vingts ne font qu'aiguiser davantage un sentiment de gâchis face à une incompétence ambiante. Dieu merci, notre émigration est venue une fois de plus à la rescousse pour nous éviter une débâcle annoncée et réussir à nous faire rêver. Ainsi, cette sélection nationale algérienne, constituée en dernière minute grâce à l'apport de ces jeunes pris au sein de notre communauté à l'extérieur, a incontestablement apporté une fraîcheur et un engagement dignes de respect. Néanmoins, cela ne peut en aucun cas occulter les raisons-mêmes qui ont motivé la constitution de ce « jeune groupe de pompiers ». Cette sélection, par-delà la qualité de ses joueurs, traduit l'échec du football national, tant dans son organisation que dans sa gestion.
La déliquescence du championnat, la gestion « beguar », l'absence d'orientation précise et de mode opératoire, sont autant de points qui n'ont pas manqué d'être soulevés à plusieurs reprises par d'éminents experts nationaux et des responsables du mouvement sportif national, tant par des écrits que par des interventions énergiques, à partir de tribunes… officielles. Il faut croire que la manipulation, les réseaux extrasportifs et la cooptation sont des choix fondamentaux. A marginaliser la compétence et à faire fi de la vérité militante et de l'honnêteté intellectuelle ne peuvent mener qu'à des situations scabreuses dont le mouvement sportif paiera un prix fort. C'est pour toutes ces raisons qu'il est dangereux, à mon humble avis, de continuer à occulter le grand marasme au niveau de ce « sport-roi » — quel bel euphémisme ! — qui vit une situation dramatique à l'image de tout le mouvement sportif national.
Là, nous disons attention, car la partie immergée de l'iceberg est plus difficile à contrôler. Et comment ne l'est-elle pas, quand nous persistons, depuis quelques années, à cause de notre démagogie insidieuse, prétentieuse, d'aller à contresens de solutions logiques, plutôt raisonnables et non moins ambitieuses, qui nous auraient permis de circonscrire le mal et lui opposer une thérapie de choc à la mesure de son étendue et de sa dangerosité ? Mais ceux qui détiennent le « monopole » du mouvement sportif national l'entendent autrement puisqu'ils n'ont d'oreilles et de considération que pour le football, et actuellement que pour cette fameuse sélection nationale. Ainsi, « jouez violons, sonnez crécelles », personne ne vous écoutera, personne ne s'intéressera à vos projets ni même à vos réussites. La preuve nous a été donnée par cette disponibilité outrancière — je ne me serai jamais permis ce qualificatif incongru si les autres disciplines avaient eu les mêmes égards — où des sommes faramineuses ont été dépensées et d'importants moyens matériels ont été mis à la disposition de celle-ci, depuis notre confrontation africaine jusqu'à cette dernière, celle du Mondial sud-africain.
Une simple comparaison nous conforte dans nos justes impressions et nous agrée dans le cercle de ceux qui ne peuvent avoir de remords quand ils s'expriment de la sorte. Oui, nous disons les mots justes car, lorsque l'équipe nationale de handball s'est déplacée en Egypte pour jouer sa CAN, peu de temps après que nous ayons été agressés dans ce « pays frère », elle s'est présentée devant ses adversaires comme une orpheline, puisque l'encadrement qui convenait n'y était pas ou… était très faible. Les moyens financiers étaient juste ce que la « directive interne » leur prescrivait… En d'autres termes, elle n'avait pas droit à ce « rabiot » de potache ni même à de toutes petites faveurs pour une équipe qui allait se battre pour l'emblème national. Les moyens de transport ? Eh bien, le courrier normal d'Egyptair, parce que nos avions n'étaient pas « disponibles », comme ils l'étaient pour le Caire, le Soudan, l'Angola et, il y a à peine quelques jours, pour l'Afrique du Sud. Que le directeur général d'Air Algérie ne se sente pas visé, car je m'adresse aux « marionnettistes », et ils se reconnaîtront !
D'aucuns peuvent nous dire, en lisant cette perception, que nous avons du sport et de ses responsables d'aujourd'hui, mais « qu'avez-vous fait hier, vous qui étiez responsables de ce secteur, pour venir gloser sur un monde qui marche mieux qu'avant, parce qu'il est bien organisé et convenablement structuré » ?
Dans cet esprit, si vraiment la question nous sera posée, nous nous permettrons, pour toute réponse, de nous risquer dans ce sujet, combien passionnant, autour duquel s'engagera un débat de fond, nous l'espérons bien. Nous affirmerons combien était riche notre période dans toutes les disciplines, à travers les réalisations de structures de base, malgré le peu de moyens, si l'on va dans la comparaison avec ceux alloués présentement au secteur de la jeunesse et des sports. Nous ferons, à ce moment-là, aisément, publiquement, le bilan des années passées, de cette période de richesse morale et d'abnégation — les mots ici ne font pas dans la démesure — qui ne nous permettait pas de tergiverser sur les principes ou d'aller vers des solutions alambiquées qui, tôt ou tard, pouvaient révéler, au vu des résultats très peu déterminés, notre étalage vulgaire de la vantardise. C'est alors, qu'à l'image de tous ceux qui nous ont accompagnés dans ce secteur, fraternellement, inlassablement, nous nous tenons prêts à développer dans une longue étude, quand les esprits seront plus calmes, ce qui a caractérisé cette période en matière de projets, de réalisations et de réussites.
Nous serons très à l'aise pour nous expliquer devant tout le monde, surtout devant la jeunesse, ce large public aimant le sport, comme nous serons prêts à confronter, si cela est nécessaire, certains qui laissent vagabonder leur imagination pour aller dans les verts pâturages de l'affabulation ou… de la diffamation, c'est selon. Mais nous ne sommes pas encore là. Aujourd'hui, nous voulons développer une situation qu'un de nos grands dirigeants d'hier appelait « l'habit d'Arlequin », cet habit fait de morceaux rapportés et cousus ensemble au petit bonheur la chance… Et là, nous disons, pour attirer l'attention de cette situation qui va à vau-l'eau, dans un langage qui peut ne pas plaire, dans certaines sphères : « Cet habit d'Arlequin ne fait pas le moine ! »
En effet, nous avons le droit de parler, de confier nos impressions, surtout de faire des comparaisons, parce que nous nous sentons interpellés en tant qu'anciens responsables de ce secteur de souveraineté — nous l'avons toujours considéré ainsi —, et nous nous devons de nous investir dans le débat, que nous voulons rassembleur. Tout de go, nous disons que nous sommes fatigués du bricolage. Et comment devrions-nous nous en accommoder lorsque la situation du sport, aujourd'hui, n'est pas au niveau qui nous permet d'espérer des lendemains meilleurs ? Jamais les cadres d'antan, ceux qui ont ahané à la tâche, ne pourront accepter un tel abandon alors que beaucoup de moyens existent, comparativement aux années précédentes, dans ce même ministère de la Jeunesse et des Sports. Un exemple seulement, très significatif, pourrait étonner plus d'un. Savez-vous que le budget global annuel de la discipline football, en tant que coût économique, avoisine les mille (1000) milliards de centimes, sans avoir produit seulement onze joueurs pour l'équipe nationale ?
Dans ce marasme, nos responsables ne prennent aucune disposition pour remédier à cette situation dramatique en utilisant des « moyens très convaincants ». Mais au fait, ont-ils cette détermination et ce courage pour prendre des décisions qui conviennent ? Non, ils ne vont que vers les méthodes de substitution, vers les succédanés qui leur garantissent des résultats immédiats qui créent des bains de foule, sous le fallacieux prétexte de la mobilisation spontanée. En réalité, cette exubérance, dans une ambiance de joie et de liesse, suscitée au demeurant par une grotesque préparation — suivez notre regard ! —, pour des raisons que la raison ne peut que désavouer, ne doit pas être la panacée, ce remède prétendu universel, capable de résoudre tous nos problèmes ou, tout simplement, cette grande muraille qui cache nos malheurs.
Enfin, le Mondial vient de se terminer pour nous. Les Verts n'ont pas démérité., ils doivent se projeter dans l'avenir. Pour cela, un bilan rigoureux doit être fait et des conclusions doivent être tirées afin de saisir cette occasion pour dire toute la vérité sur l'état de notre football et, par voie de conséquence, sur l'état du mouvement sportif national. Aujourd'hui, tout le monde se remet en cause…, y compris les plus grandes nations sportives, pourquoi pas notre pays ? Il nous semble que le moment est opportun pour tous les décideurs, les sportifs, les médias…, chacun dans son domaine. Tous doivent participer à un bilan aussi rigoureux qu'objectif, en un mot, à un bilan qui soit une introspection des uns et des autres pour arriver à mieux percevoir les potentialités du sport national et ses perspectives, mais également ses failles et ses faiblesses. Il serait indispensable de savoir, une fois pour toutes, qui bloque, qui refuse de donner suite à la demande du chef de l'Etat d'organiser une conférence nationale sur le sport, pour quelles raisons ? Sinon la crainte de se retrouver face aux réelles exigences du mouvement sportif national.
A notre humble avis, de telles assises sont plus que jamais nécessaires si l'on souhaite réellement parvenir à une refondation du sport national. Cette demande urgente est motivée par le fait que le monde du sport est bien malade et qu'aucun n'a le droit de se complaire dans une position de notable ou d'attentiste. Comme l'a rappelé M. Tifaoui en septembre 2009 : « Il faudra bannir les habituelles commissions réunies à ‘‘huis clos'' et faire appel à des compétences reconnues et respectées à même de préparer en toute loyauté et complémentarité avec les pouvoirs publics une conférence nationale responsable, sans pression ni ingérence d'aucune sorte et simplement au service de l'intérêt national ». Le temps nous presse, car à deux ans des Jeux olympiques de Londres, il est impératif de connaître où en est la préparation des athlètes, quels sont les choix stratégiques qui ont été arrêtés, comment s'opère l'évaluation par la feuille de route... si elle existe.
Cela est indispensable si l'on veut éviter la désillusion connue à Pékin et à Athènes. C'est là où réside la priorité, et c'est à travers de bons résultats que nous pouvons sensibiliser davantage les jeunes à la pratique sportive et favoriser leur participation à l'essor économique, social et culturel de notre pays. Dans une contribution parue dans le Quotidien d'Oran, si Mohamed Baghdadi signale très justement : « A l'heure où le MSN, aujourd'hui, tourne le dos au fair-play, au respect des jeunes et de leurs champions, de la règle et de la loi, il est grand temps de penser à une rencontre nationale pour jeter les fondements d'un autre MSN ! Les Etats généraux d'un mouvement sportif national rénové ! »
Nous devons mobiliser les jeunes avec du concret, du palpable et non en utilisant des moyens médiocres et indignes, car ceux qui utilisent ces procédés montrent toutes leurs limites. Quant à nous, nous déplorons que tout se paupérise — même intellectuellement — au fil du temps ! Nous nous insurgeons dans notre retraite contre ces échanges de « primates », au moment où, en d'autres pays, on avance inexorablement dans le progrès. Et comment ne pas s'insurger contre des irresponsables qui, dans leurs tours de passe-passe, vous assènent leurs vérités, dans cette ennuyeuse langue de bois qui n'est plus de mise aujourd'hui ? « Que cette victoire, parlant de notre victoire sur l'Egypte, a été décidée en haut lieu », par exemple ou que « la mobilisation de la jeunesse algérienne doit se faire par l'équipe nationale de football » ! Etaient-ils sérieux, ceux-là mêmes qui jouaient de grands mots pour créer une atmosphère de véritable mobilisation dans le pays ? Non ! Ils n'étaient pas plus responsables ni mêmes conscients que celui qui, connu pour être un bon spécialiste de l'esbroufe, promettait aux jeunes universitaires, qui ne trouvaient pas encore de débouchés, de leur offrir, en attendant, du boulot dans les vespasiennes de la capitale.
Nous nous excusons pour cette digression nécessaire par laquelle nous avons voulu montrer cette paupérisation que nous avons déjà signalée dans les comportements de certains individus qui, dans un climat délétère, se choisissent des échappatoires pour faire semblant de se concentrer sur les véritables problèmes. Nonobstant cela, nous revenons au monde du sport pour dire qu'il ne saurait y avoir de renouveau et de réel développement sans un changement radical au niveau des idées, de l'action et des hommes. Il faudrait, dans ce contexte-là, que la priorité soit accordée au regroupement des compétences et de l'expérience, loin de toutes formes de démagogie et de clanisme. De même qu'« en l'absence d'un système cohérent, organisé, évalué et réadapté sans cesse, nous n'aurons et au mieux que quelques météorites. Voyez-vous, sous toutes les latitudes, l'on ne peut s'inviter ou encore moins durer dans les rangs de la réussite et du progrès par simple effraction ou « el haffa » ! A travers le monde, la substitution des ressources humaines hautement qualifiées aux ressources naturelles constitue aujourd'hui la clé de tout processus de développement durable », disait un de nos éminents experts, en l'occurrence Hamid Oussedik.
Il est à signaler enfin que ce nouveau départ pour le sport national ne peut se construire sans l'abrogation du décret 405/05 qui obstrue actuellement toute perspective positive dans ce vaste domaine qui intéresse la jeunesse, car, depuis son application, la division et la démobilisation ont atteint un seuil inégalé dans l'histoire du mouvement sportif national. Un constat pertinent doit être fait, de même que doivent être lancées des actions concrètes, comme celles de pénétrer la technique de remise à niveau, de recyclage et de spécialisation des personnels, pour les utiliser de façon rationnelle et dynamique, dans toutes les missions dévolues au sport et les associer à la définition des objectifs et des moyens de réalisation.
En conclusion et en un mot, il faut que tout le monde comprenne que cet habit d'Arlequin que nous mettons, en tout temps, ne fera jamais de nous des moines… Il faut aller de l'avant avec des idées nouvelles pour s'inscrire dans la restauration des valeurs qui pourra nous mener vers les grandes réussites et le progrès. Faut-il encore que la conférence nationale sur le sport réclamée par le chef de l'Etat ne soit pas prisonnière de tiroirs subalternes ou circonscrite à un applaudimètre choisi d'avance.
K. B. : Ancien ministre de la Jeunesse et des Sportsambassadeur, écrivain


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