L'opération de recensement des habitations illicites lancée récemment à Tébessa remet sur le devant de la scène un dossier sensible qui perdure depuis des années : la prolifération des quartiers informels, localement appelés « 15-08 ». Ces agglomérations, composées de constructions érigées sans permis ni plans approuvés, se sont progressivement implantées non seulement en périphérie, mais également au cœur même du chef-lieu de wilaya. L'absence de contrôle rigoureux, les retards dans l'aménagement urbain et une gestion jugée permissive par de nombreux observateurs ont favorisé l'extension de ces quartiers. Si les autorités locales ont annoncé un recensement en vue d'un éventuel raccordement aux réseaux d'électricité et de gaz, la mesure soulève une question centrale : comment ces constructions ont-elles pu se multiplier durant des années sans intervention dissuasive effective ? Pour certains acteurs de la société civile, la responsabilité incombe en partie aux services communaux et aux instances chargées de l'urbanisme, accusés d'avoir laissé la situation se détériorer. Le dossier a d'ailleurs franchi l'échelle locale. Le député Messaoud Zerfaoui est intervenu devant le Assemblée populaire nationale pour interpeller le gouvernement sur la situation des quartiers « 15-08 » et appeler à une solution globale et définitive. Selon lui, la problématique dépasse la simple question du raccordement aux réseaux ; elle renvoie à la nécessité d'une politique claire de régularisation foncière et de mise en conformité urbanistique. La résolution de ce problème, qui affecte des centaines de familles, nécessite désormais l'intervention coordonnée des ministères concernés, notamment l'Intérieur, l'Habitat et l'Energie. Entre impératif social et exigence de respect de la loi, les autorités centrales sont appelées à trancher un dossier devenu emblématique des déséquilibres urbains que connaît la wilaya.