Recensement des habitations illicites    Attaf participe aux travaux de la réunion du Conseil de la Ligue arabe sur la situation au Moyen-Orient    La plus jeune victime des frappes contre l'Iran était une fillette de 8 mois    394 martyrs, victimes de l'agression sioniste    La JSEB conserve son leadership tout comme le CAB    « Un ancien de l'OM pour remplacer Regragui, le roi du Maroc intervient ! »    Plusieurs femmes honorées par la wilaya    Réception prochaine de plusieurs projets de développement    Près de 200 trésors exposés à Londres    Un savant algérien à la croisée des sciences et de la médecine    Les aspects spirituels du jeûne du mois de Ramadhan d'après l'Ihyâ' de Ghazâlî    Départ du premier vol des pèlerins le 29 avril prochain    La Confédération africaine de football pour la saison 2025/26 se dérouleront en mai prochain    Les députés adoptent la projet de loi relatif à l'organisation territoriale du pays    Ooredoo Algérie annonce l'extension de son réseau 5G à l'ensemble des wilayas    Sayoud et Badari rendent hommage aux 20.833 femmes policières    Les iftar collectifs    Abdelkader Teta nous a quitté    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un savant algérien à la croisée des sciences et de la médecine
Abderrezak Ibn Hamadouche El-Djazaïri
Publié dans La Nouvelle République le 10 - 03 - 2026

Abderrezak Ibn Hamadouche El-Djazaïri naît à Alger en 1695 dans une famille d'artisans. Son père ainsi que son oncle maternel exercent le métier de tanneur, une activité courante dans la société urbaine de l'époque.
Rien ne semble donc prédestiner ce jeune garçon à devenir l'un des savants les plus remarquables de son siècle. Pourtant, très tôt, il manifeste une curiosité intellectuelle qui dépasse largement les cadres traditionnels de l'enseignement.
À proximité de la Grande Mosquée d'Alger, Ibn Hamadouche possède un petit magasin qui sert bien davantage qu'à des activités commerciales. Ce lieu devient progressivement un espace de travail et d'échanges intellectuels : il y étudie, copie des manuscrits et reçoit d'autres érudits pour discuter de sciences et de médecine. Ce cadre modeste se transforme ainsi en véritable salon scientifique où se confrontent les idées.
Contrairement à nombre de ses contemporains, qui privilégient principalement les études religieuses et littéraires, Ibn Hamadouche s'oriente vers les sciences naturelles et les savoirs expérimentaux. Cette curiosité scientifique, inhabituelle pour l'époque, lui vaudra plus tard d'être comparé par l'historien Saadallah à des figures comme Galilée ou Newton, tant pour son indépendance intellectuelle que pour son esprit critique face aux conceptions dominantes.
Une formation nourrie par les grands textes scientifiques
La culture scientifique d'Ibn Hamadouche repose sur une lecture attentive des grands ouvrages hérités de la tradition savante arabe et grecque. Il étudie notamment les travaux d'Euclide en mathématiques ainsi que les écrits médicaux de Galien et d'Avicenne. Il s'intéresse également aux contributions d'érudits musulmans comme al-Qalasadi ou encore Ibn Rochd.
Parmi les ouvrages qui ont marqué sa formation figurent le traité de calcul d'El Kassali, l'explication de Mohamed Snoussi consacrée à l'astrolabe, ainsi que plusieurs écrits attribués à Avicenne, dont le Canon de la médecine et les Talassim. Il consulte aussi des textes historiques et biographiques, comme ceux d'El Malti consacrés aux savants et aux médecins. Son intérêt ne se limite pas à la médecine ou aux mathématiques. Il s'intéresse également à la logique et à divers domaines scientifiques, ce qui témoigne d'une approche encyclopédique du savoir. Parmi les ouvrages qu'il étudie figure même un traité d'Abderrahmane el-Fassi consacré aux bombes, preuve de la diversité des sujets qui nourrissent sa réflexion.
Les voyages, une école du savoir
L'une des caractéristiques majeures de la vie d'Ibn Hamadouche est son goût pour le voyage. Ces déplacements jouent un rôle essentiel dans l'élargissement de ses connaissances et dans la rencontre d'autres savants du monde musulman.
Son premier grand voyage commence vers 1717 lorsqu'il entreprend le pèlerinage à La Mecque. Il effectue ce trajet par voie terrestre, une route longue et exigeante qui lui permet de traverser plusieurs centres intellectuels importants. Sur son parcours, il séjourne notamment à Tunis, Tripoli et en Egypte, où il échange avec des érudits et découvre de nouveaux ouvrages.
Il poursuit ensuite sa route jusqu'au Hedjaz, accomplissant ainsi le pèlerinage tout en enrichissant son réseau scientifique. Ces rencontres marquent profondément son parcours et renforcent sa réputation d'homme de savoir.
Quelques années plus tard, en 1732, Ibn Hamadouche entreprend un nouveau voyage, cette fois vers le Maroc. Il séjourne successivement dans plusieurs villes importantes du pays, notamment Tétouan, Meknès et Fès. Ces centres intellectuels sont alors réputés pour leurs universités et leurs bibliothèques, ce qui lui permet de poursuivre ses recherches et d'approfondir ses études.
En 1747, il se rend de nouveau en Egypte. Les sources restent toutefois incertaines quant à la suite de ce dernier voyage : certains historiens ignorent s'il est finalement retourné à Alger ou s'il a terminé sa vie en terre égyptienne.
Un médecin fondé sur l'observation et l'expérience
Ibn Hamadouche se distingue particulièrement dans le domaine médical. À la fois médecin, pharmacien et herboriste, il développe une connaissance approfondie des plantes médicinales et de leurs propriétés.
Contrairement à une médecine strictement théorique, il privilégie l'observation directe et l'expérimentation. Cette approche empirique lui permet d'étudier les effets réels des remèdes et d'en préciser les usages thérapeutiques. Sa familiarité avec les plantes est telle qu'il parvient à en identifier de nombreuses variétés, souvent connues sous des noms locaux en arabe algérien ou en berbère.
Son travail s'inscrit dans la tradition de la pharmacopée arabe, mais il y apporte une dimension pratique fondée sur l'expérience personnelle. Grâce à cette méthode, il devient l'une des figures marquantes de la médecine maghrébine du XVIIIe siècle.
Une œuvre scientifique importante
Ibn Hamadouche est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages consacrés à la médecine, à la pharmacologie et aux sciences. Son livre le plus célèbre reste Kashf ar-Rumūz fi Sharh al-Aqaqir wa al-Aashab (« Révélation des énigmes dans l'exposition des drogues et des plantes »), rédigé au milieu du XVIIIe siècle.
Cet ouvrage constitue une véritable pharmacopée dans laquelle l'auteur décrit près d'un millier de substances médicinales. Chaque plante ou drogue y est présentée avec ses caractéristiques, ses propriétés thérapeutiques, les doses recommandées et parfois des substituts possibles. L'ouvrage est précédé d'une introduction qui explique les principes généraux des drogues et les méthodes de conservation. Les substances sont classées par ordre alphabétique, ce qui confère au livre l'aspect d'un dictionnaire des plantes et des remèdes. Ce travail connaît un large succès en Algérie et dans l'ensemble du Maghreb, où il influence durablement la pratique médicale.
Un autre ouvrage important est El Jawher el Maqrun min Bahr el Kanun (« Les perles cachées de l'océan du Canon »). Selon les explications données par l'auteur lui-même dans son récit de voyage, ce livre se compose de quatre volumes. Le premier traite des poisons et de leurs antidotes, le second aborde les remèdes composés appelés Tiryek, tandis que le troisième est consacré aux maladies et suit l'organisation proposée par Hynayn Ibn Ishak. Le dernier volume explique les termes médicaux et constitue un glossaire destiné à faciliter la compréhension des textes.
Par ailleurs, Ibn Hamadouche rédige également un récit autobiographique et de voyage intitulé Lisan al-Maqal, souvent appelé simplement Rihla. Cet ouvrage relate ses déplacements et offre un témoignage précieux sur les événements de son époque.
Le dernier grand représentant de la médecine arabe
Grâce à l'ampleur de ses recherches et à la richesse de ses écrits, Abderrezak Ibn Hamadouche El-Djazaïri occupe une place particulière dans l'histoire des sciences au Maghreb. Ses travaux ont contribué à préserver et à transmettre la tradition médicale arabe tout en l'enrichissant par l'observation et l'expérience. Pour cette raison, plusieurs historiens le considèrent comme l'un des derniers grands représentants de la médecine arabe classique. Son œuvre témoigne d'un moment charnière où les savoirs hérités de la tradition savante continuent de nourrir la pratique médicale, tout en s'ouvrant progressivement à de nouvelles méthodes fondées sur l'expérimentation.
Ainsi, à travers ses voyages, ses recherches et ses écrits, Ibn Hamadouche a laissé une empreinte durable dans l'histoire intellectuelle de l'Algérie et du Maghreb..


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.