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Tipasa : Une artisane aux doigts de fée
Publié dans El Watan le 04 - 08 - 2020

Centenaire dans trois ans, l'artisane Seraf Zoubida continue à offrir ses produits de qualité, réalisés par ses doigts de fée, aux jeunes mariées. Elle est la petite-fille de Mostefa Seraf, un Turc d'origine, inscrit sur l'état civil à Cherchell en 1820.
Son grand-père a préféré rester vivre en Algérie après l'invasion des soldats de la France coloniale en 1830. Il est enterré au cimetière de Cherchell.
L'artisane Hadja Zoubida affirme qu'elle n'a jamais fréquenté l'école. La sœur du défunt Si Braham Allem, Aouicha, l'avait convaincue pour intégrer l'unité de fabrication artisanale de tapis, en 1933.
Elle n'avait que 10 ans. «J'ai commencé à me familiariser avec le métier à tisser au milieu des femmes dans l'unique usine à tapis, nous confie-t-elle, chaque débutante était payée à la journée.» Hadja Zoubida se souvient encore de ces motifs que la responsable de l'atelier remet aux artisanes. Ces dernières reproduisent les motifs identiques sur les tapis. «Ma première responsable s'appelait Mme Canto, elle vérifie les travaux de chaque métier à tisser, la qualité du tapis était très importante, nous étions scotchées à notre machine artisanale pour produire le tapis de qualité.»
L'unité de tapis a été transférée du lieu où elle se trouvait, à proximité de la prison et la caserne militaire, pour être implantée à nouveau dans une grande salle, à quelques encablures du lieu où elle se trouvait. «Après avoir changé de lieu, nous continuons à fabriquer le tapis, nous précise-t-elle, mais cette fois-ci, la responsable avait changé, c'est une femme d'origine juive, Mme Fortine, qui gérait l'unité de tapis dans la nouvelle salle ; après un certain temps, nous étions obligés de déménager, on s'est déplacés vers une autre salle devenue par la suite une salle de cinéma ; d'ailleurs, c'est le Français Gériadès qui gérait l'unité de tapis.
Avec le temps, je me suis perfectionnée dans la fabrication du tapis, ajoute-t-elle, j'ai quitté l'unité de tapis après avoir passé 6 années avec les travailleuses, je me suis mariée», conclut-elle. Notre interlocutrice se souvient de cette camionnette qui venait récupérer les lots de tapis pour être livrés et vendus ailleurs. «Je suis devenue maman d'une jolie fille à l'âge de 18 ans», nous précise l'artisane.
Certaines maisons à Cherchell étaient pourvues de métier à tisser. L'artisane était invitée par les familles pour donner un coup de main afin de produire le tapis, sans contrepartie. «C'est une manière pour nous les femmes de nous rencontrer et nous échanger les idées et les nouvelles de la ville», indique-t-elle. «Avez-vous des photos de votre passage dans les unités de fabrication de tapis ?» lui demande-t-on. «Mon père, Si Abderrahmane, Allah Errahmou, n'aimait pas les photos, je n'ai gardé aucune photo», nous répond-elle.
Mariée et maman, avec les difficultés sociales, l'artisane Zoubida a commencé à travailler la broderie sur le tissu, (ch'bika, randa, ndlr), à tricoter avec la laine, afin de subvenir aux besoins de son foyer, pour aider son époux. «Il y avait du travail, nous dit-elle, des familles me ramenaient les draps, les couvre-lits et bien d'autres tissus, que je décorais selon les motifs désirés par les clientes, je veillais beaucoup pour terminer le travail, vous savez, c'était dur, car j'avais mes enfants en bas âge à élever, la maison à entretenir et les commandes des familles à satisfaire, voyez-vous, je n'avais pas le temps pour penser à une sortie», indique-t-elle.
Elle a quand même transmis son savoir à ses filles pour perpétuer son métier, en dépit de la disponibilité des machines aujourd'hui. Toutes ses filles sont mariées, certaines sont devenues des grands-mères. Son fils Mâamar demeure à ses côtés. Hadja Zoubida ne s'empêchait pas d'aller manifester à Alger aux côtés de ses voisins et de ses fils pendant le hirak. Malgré le poids de son âge, elle aimait se baigner au milieu de la gigantesque marée humaine du vendredi.
Elle a eu l'occasion de se retrouver côte à côte avec l'icône, la moudjahida Djamila Bouhired à l'occasion d'une marche pacifique du côté de la rue Didouche Mourad à Alger. En cette période de pandémie, elle supporte la chaleur et le taux d'humidité élevé.
Elle préfère rester chez elle dans un petit appartement d'une ancienne cité de sa ville natale, Cherchell, pour éviter toute contamination. Son sourire ne quitte pas son visage. Ses gentils mots, sa pureté et son éducation surprennent le visiteur.
Cette Algérienne, qui soufflera bientôt ses 100 bougies, n'a jamais fréquenté l'école, et pourtant, elle a éduqué positivement et affectueusement ses enfants dans des conditions sociales précaires. Elle est pourvue de mains de fée qui lui ont permis de réaliser des prouesses sur des tissus après avoir fabriqué des tapis.
Au forceps, Hadja Zoubida a réussi à contourner les entraves dressées le long de son parcours, pour demeurer rayonnante là où elle effectue une halte.


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