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Bernard Janicot, aux éditions Bayard (Paris) : Cinq décennies d'un catholique en Algérie
Publié dans El Watan le 26 - 01 - 2021

Bernard Janicot est arrivé en Algérie en 1969 un peu par hasard. Il ne quittera plus ce pays qu'il adoptera autant qu'il y sera adopté. Il raconte cette vie en Algérie dans son ouvrage récemment paru : Chrétiens en Algérie. Un grand signe de fraternité.
Ordonné prêtre du diocèse d'Oran, il évoque ses amitiés algériennes, son travail dans une bibliothèque au service des étudiants, à Oran, l'islam et le dialogue islamo-chrétien, les événements heureux ou douloureux vécus au cours de ces longues années. Sa vie est nourrie de nombreuses rencontres aux différentes périodes traversées par l'Algérie, de l'après-indépendance marquée par l'arrivée de nombreux coopérants venant participer au démarrage du pays après la guerre d'indépendance à l'Algérie d'aujourd'hui en passant par la décennie noire.
«Cédant à d'amicales pressions», écrit le journal La Croix qui évoque le livre, Bernard Janicot raconte son demi-siècle en Algérie : «Il le fait en évoquant de nombreux visages de cette ‘‘Eglise du signe'', disait Jean-Paul II. Du cardinal Duval à l'actuel évêque d'Oran, Mgr Jean-Paul Vesco, sans oublier la place centrale de Mgr Henri Teissier, archevêque d'Algérie décédé le 1er décembre dernier, il raconte simplement les liens tissés notamment avec les bienheureux, mais aussi avec les petites sœurs dans le désert ou ses paroissiens.»
Pour ce qui a été marquant, les années noires de la violence terroriste sont les plus douloureuses en même temps qu'un moment spirituel fort. D'abord parce que la présence chrétienne se posait avec acuité.
Mais face à une population algérienne souffrant de la barbarie, comment une poignée de catholiques auraient abandonné le navire en pleine crise abandonnant leurs amis ? Ce fut une décennie terrible : «Il fallait bien continuer à vivre, le plus "normalement" possible. (...) Demeurer pour donner une chance à cette Eglise de passer l'épreuve m'apparaissait comme une évidence, pas toujours aisée au quotidien».
«La solitude se faisait surtout sentir dans les longues soirées, et d'une façon encore plus palpable les jours où nous apprenions des massacres collectifs ou des morts de proches.»
Pour Bernard Janicot lorsqu'il parle des catholiques assassinés, il considère que «ces martyrs étaient des hommes et des femmes ordinaires plongés bien malgré eux dans une situation extraordinaire de violence, dans laquelle ils ont choisi de rester, en pleine connaissance des risques encourus».
Bernard Janicot, relève La Croix, reste modestement discret sur sa propre fidélité au pays endeuillé en cette période difficile. Il est vrai que «la mort des moines de Tibhirine, des religieuses et religieux, de Mgr Pierre Claverie s'inscrit dans un long cortège de douleur, aux côtés de quelque 200 000 victimes dont 114 imams».
Le fait que ce sacrifice ait abouti à la béatification des 19 martyrs transcende la modeste place de la petite église d'Algérie, vivant dans ce pays une présence d'amitié et de témoignage. L'auteur parle de ses années au milieu d'un peuple musulman : «Pendant ces cinq décennies, j'ai vu et j'ai participé à ma mesure, à la vie de cette église d'Algérie. Une église de la rencontre, qui n'a de sens que si elle est, dans le même mouvement, une église de la prière, de la rencontre avec son Seigneur. Alors, oui, j'ai prié avec cette église. »
Son histoire est pourtant née loin d'Algérie et d'Oran. La Croix résume ce parcours : «En 1969, le jeune séminariste originaire de Garges-lès-Gonesse débarque en Algérie comme coopérant. Accueilli pour enseigner le français dans l'école Saint-Augustin à Aïn-El-Turck, tenue par les Salésiens non loin d'Oran, Bernard Janicot découvre aussi l'église d'Algérie, et naît le désir de rester.»
Il s'en explique lui-même : « Pourquoi ? Pour tenter de vivre dans la durée l'intuition découverte et mûrie durant les trois années à Oran : une relation de confiance, une fraternité, une amitié est possible entre chrétiens et musulmans, en Algérie ».
« J'interroge sans nul doute un peu la foi de l'autre. Ma foi se trouve-elle aussi interrogée par la foi de l'autre. Le Dieu auquel je crois a quelque chose à voir avec le "Dieu unique et tout-puissant" auquel se réfère l'imam de la mosquée voisine, en face de mes fenêtres, quand il appelle à la prière.»
Directeur durant toutes ces années du Centre de documentation économique et sociale (CDES) du diocèse, pour Bernard Janicot, «une chose est sûre : quelque chose se passe là, sous mes yeux, qui est de l'ordre du respect, de l'amitié».
Lyon
De notre correspondant
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