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Le point du samedi
L'équation de la communauté politique (I)
Publié dans El Watan le 17 - 09 - 2005

Qu'est-ce qui nous divise irrémédiablement sans faire de nous des ennemis irréconciliables pour autant ? » Cette question, essentielle entre toutes, est au fondement de toute communauté politique ; tout lui est assujetti ou presque : le « contrat social », la paix civile, le « nation building », etc.
Si cette question est à ce point déterminante, c'est bien parce qu'elle renvoie aux fondations de l'ordre politique, c'est-à-dire à l'essentiel : en effet, qu'est-ce que le politique sinon ce processus interminable du vivre-ensemble ? La politique n'organise-t-elle pas, pour reprendre Hannah Arendt, des êtres absolument différents en considérant leur égalité relative et en faisant abstraction de leur diversité relative ? En dépit de son extrême importance, l'Algérie indépendante a d'emblée refoulé cette question, la considérant, populisme oblige, comme « malveillante » sinon déjà résolue, le code de la nationalité de 1963 faisant de la nation une communauté de croyants. En vérité, le problème a été dédaigneusement éludé parce qu'il impliquait la reconnaissance de facto d'une donnée sociologique incontournable et ce faisant, offensante pour le populisme : le pluralisme. Ce rejet procédait non pas tant de l'ignorance de la pluralité de la société algérienne mais au contraire de la connaissance de celle-ci. Une connaissance acquise par les élites dirigeantes le plus souvent sur le terrain de la lutte pour la libération nationale. Une connaissance pratique, pas toujours heureuse, qui a imprimé sur leurs représentations de la nation un sentiment confus d'appréhension et de méfiance à l'égard du pluralisme, synonyme de division. Après trente années d'unanimisme forcené, le « consensus » a fini cependant par voler en éclats, laissant apparaître au grand jour le conflit des normes devant régir... le vivre-ensemble. Tel un miroir brisé, l'Algérie s'est découverte, au sortir de la « décennie noire », brusquement plurielle mais farouchement intolérante. C'est que le conflit opposant les parti(e)s était, avant tout, culturel ; il renvoyait davantage à la re-définition de la communauté qu'au changement du système politique. L'éclatement de la crise était d'autant plus annoncé que la séquence politique jouée ne relevait pas à proprement parler d'une « transition démocratique » mais bien plutôt d'une liberté limitée et surveillée, concédée par un régime politique en panne de ressources de légitimation... Où en sommes-nous aujourd'hui par rapport à cette problématique ? Après plus de dix ans de « guerre civile », la question reste entière, quand elle ne redouble pas d'acuité : quelles seront, à l'heure du pardon, de l'impunité et de la « réconciliation nationale », les règles de notre coexistence pacifique ? Quelle « amitié civique », pour reprendre un concept clé du libéralisme politique, pourrait lier, dans l'espace public, les « frères ennemis » d'hier ? Sauf à dissoudre, une fois de plus, le pluralisme de la société, dans un unanimisme communautaire lénifiant, il faudra bien traiter la question cruciale du rapport entre pluralisme et tolérance : quel régime de tolérance pour quelle communauté politique ? Comment rendre possible la coexistence des « frères » ennemis d'hier dans une même communauté politique ? Un défenseur enthousiaste de la « charte pour la paix » invoquerait volontiers la « réconciliation nationale ». Soit, mais celle-ci, pour exister réellement, devrait reposer sur une vertu, celle de la tolérance. L'équation n'est pas de toute simplicité, car si le pluralisme ne garantit pas la tolérance, le refus de celui-ci entraîne immanquablement l'affaissement de celle-là. Mais avant d'aborder les contours accidentés de ce rapport politique, rappelons la définition de la tolérance. « La tolérance consiste à s'abstenir d'intervenir dans l'action ou l'opinion d'autrui, quoiqu'on ait le pouvoir de le faire, et bien que l'on désapprouve ou que l'on n'apprécie pas l'action ou l'opinion en question. » Comme toutes les idées complexes, la tolérance est paradoxale : « Comment expliquer qu'il est moralement louable d'accepter quelque chose que l'on considère, dans le même temps, comme étant mauvaise ? » ; « comment peut-il être bon de permettre ce qui est mauvais ? » Voilà qui déplace le centre de gravité vers une question laissée en suspens par les élites dirigeantes en dépit ou en raison de son aspect décisif : sommes-nous en définitive une « communauté de croyants » ou une « société ouverte » de citoyens ? Tel est bien, en dernière analyse, le véritable enjeu, le foyer de sens, le théâtre de l'ultime, la matrice à partir de laquelle tout découle ou peu s'en faut. La tolérance, si tolérance il y a, découlera en l'occurrence de la réponse apportée à cette question déterminante. La tolérance a revêtu au fil des siècles les formes politiques les plus diverses, selon que l'on soit dans un empire multinational (l'Empire ottoman) ou une société fédérale (le Canada), un Etat-nation (la France) ou une « consociation » (le Liban). Chaque régime de tolérance possède son historicité propre ; aucun d'eux n'a de pertinence universelle. Par-delà ces différences idéal-typiques, il y a trois manières de défendre la tolérance : le « scepticisme moral », la « neutralité de l'Etat » et l'« autonomie de l'individu ».
(A suivre)


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