Entre crise de représentativité, problèmes pédagogiques et couacs administratifs, l'université reste figée et n'avance sur aucun plan. Comment édifier un jugement, ou juste un avis, sur les conditions véritables du déroulement de la rentrée universitaire, alors même que face à l'autosatisfaction démesurée affichée par les pouvoirs publics s'installe une critique des plus acerbes faisant ressortir les moult insuffisances et les cafouillages de cette rentrée ? Des voix se sont ainsi exprimées pour pointer du doigt les problèmes pédagogiques, ceux relatifs notamment à l'insuffisance dans l'encadrement pédagogique, de places dégagées pour les postulants aux différents concours, mais encore les problèmes afférents à l'hébergement, la restauration, le transport et les conditions de vie déplorables dans les résidences universitaires. Les deux organisations estudiantines (UNEA-UGEL) qui tentent d'élargir leur base, tout en ne manquant pas de se livrer une hargneuse bataille, vont à qui mieux mieux s'autoproclamer seules organisations représentatives des étudiants, permettant par cette réactivité basique à l'administration de se jouer d'eux et d'annihiler assez facilement leur force de frappe. Notons dans le même sillage la montée au créneau des comités de cités U, pour la plupart affiliés à ces mêmes organisations, qui mettent à nu les carences nombreuses en matière de conditions d'hébergement et de vie dans ces cités. A ce propos et pour cette rentrée, des retards ont étés relevés par ces différentes parties concernant l'ouverture des restaurants dans lesdites cités, imposant aux étudiants à aller se nourrir ailleurs. Autre couac signalé par l'UGEL celui concernant le déficit en matière d'hébergement à la cité Ali Mendjeli 02 où l'on indique que sur les 3 200 inscrits existe un déficit de 1 200 lits. Et ce n'est pas tout car dans cette cité l'administration, il a réservé une quantité de 192 armoires de petites tailles pour pas moins de 442 étudiantes. Et les problèmes sont nombreux, entre autres, indisponibilité de microordinateurs, foyers inadaptés. Pour les étudiants en pharmacie, notamment ceux inscrits en chirurgie dentaire, un bras de fer les oppose au doyen de la faculté à propos du manque de place pour la spécialisation dans cette discipline médicale. En effet, ces derniers ont été contraints à tenir une assemblée d'urgence pour déterminer avec exactitude leurs revendications et les soumettre au doyen et au rectorat pour une énième tentative de solutionnement de ce problème. Hier, ces derniers ont rencontré le doyen qui a reconnu ne pouvoir rien faire, du moins pour cette année, arguant que le quota de 7 places a été décidé par le chef de la commission de post-graduation nationale et ce au vu du manque d'encadreurs. Les représentants de l'UGEL qui mènent la fronde sur cette question promettent de passer à l'escalade en recourrant ces jours-ci à un mouvement de grève ouverte. Pour clore ce tableau peu reluisant d'une rentrée universitaire qui s'est effectuée sur les chapeaux de roues, notons l'implication de deux syndicats, en l'occurrence celui des maîtres assistants et celui des professeurs et docents en sciences médicales, qui à travers un communiqué condamnent «les dérives survenues lors de la tenue du 34e concours de résidanat de médecine…» Pour espérer une rentrée sans accrocs ni embûches, il faudrait peut-être repasser l'année prochaine.