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«Un déficit de 21% est prévu par la loi de finances de 2013»
Mahdjoub Bedda. Docteur en économie
Publié dans El Watan le 16 - 07 - 2012

-Le débat sur la rentabilité des prix du pétrole et les équilibres budgétaires du pays fait rage, au moment où les institutions les plus puissantes de l'Etat tremblent sous l'effet du fléchissement des cours du pétrole. Quel sera, d'après vous, le scénario le plus plausible à court terme, si les prix de l'or noir venaient à s'installer dans des niveaux inférieurs ?
Des troubles sociaux sont aisément prévisibles à partir de 2015, si l'Algérie ne parvient pas à métamorphoser sa structure économique et le modèle de dépenses publiques actuellement en vigueur. Ce modèle de dépenses repose, comme vous le savez, exclusivement sur les recettes pétrolières qui représentent 97% des revenus du pays et 62% de la fiscalité, lesquels revenus sont donc fortement vulnérables aux fluctuations des marchés internationaux. Il est facilement constatable aussi que les dépenses de fonctionnement et autres transferts sociaux, qui sont de coutume incompressibles, deviendront, après 2015, un lourd fardeau à supporter, voire un danger pour le budget de l'Etat.
Ces dépenses sont appelées à croître à des taux très élevés, dont la hausse devrait se situer entre 7 et 10%, contre une croissance réelle du PIB ne dépassant pas les 5%. Face à ce tableau de bord aux voyants rouges, la création de richesse restera limitée au secteur des hydrocarbures, malgré l'importance, en valeur, des investissements publics consentis (plus de 300 milliards de dollars ont été injectés dans l'économie et dans l'infrastructure de base) sans qu'il y ait de résultats palpables sur l'économie réelle. En outre, le débat sur cette option de développement par l'infrastructure suppose que l'on détaille cette approche appliquée en Algérie, en précisant que 50%, voire 70% des grands projets d'infrastructures sont réalisés par des entreprises étrangères.
Et si l'on s'amuse à pousser le raisonnement un peu plus loin, on constatera que la structure de l'économie algérienne souffre d'un déséquilibre chronique. Détaillons par les chiffres : l'Algérie injecte annuellement entre 8 et 12% de son PIB pour réaliser une croissance réelle de seulement 4 à 5%, alors que le pays a besoin d'une croissance hors hydrocarbures à deux chiffres eu égard aux sommes injectées dans le cadre de la dépense publique.
-N'est-ce pas que le pays souffre chroniquement de l'absence d'une stratégie économique claire et fertile…
Cette problématique demeurera posée faute d'une bonne distribution de la richesse. Viendront ensuite les disparités sociales qui remettront dès 2015 au centre des controverses la problématique de la paix sociale. Il est prévu qu'un écart de 10 à 20% séparera les couches moyennes et de 10 à 20%, voire 30% aussi les couches pauvres de la société. Ceci en prenant en compte les normes usitées par le PNUD. C'est ainsi que les pouvoirs publics se retrouveront face au dilemme selon lequel le maintien du rythme actuel des dépenses de fonctionnement et des transferts sociaux s'avèrera impossible après 2015.
Nous remarquons aussi que le taux de 21% de déficit prévu dans la loi de finances 2013, face à un PIB actuel de 185 milliards de dollars, représente en valeur environ 40 milliards de dollars, ce qui pose un réel problème auquel il faudra apporter des solutions urgentes, surtout lorsqu'on sait que la facture des importations restera élevée et devrait atteindre les 60 milliards de dollars en incluant l'importation des services. Parallèlement à cela, les recettes sont appelées à se rétrécir comme peau de chagrin sous l'effet de la conjugaison de plusieurs facteurs, dont le recul de la production d'hydrocarbures ainsi que des exportations de gaz, la baisse des prix de pétrole (le Sahara blend a perdu deux dollars par rapport à la valeur du brent).
-La hausse des dépenses d'équipement est due en partie à une revalorisation permanente des coûts des projets. A quel scénario peut-on s'attendre si la menace qui pèse sur l'équilibre budgétaire venait à se confirmer ?
En effet, l'Algérie fait face aussi à ce défi de gérer les coûts des projets, car nous remarquons que faute d'une maturation parfaite des projets, l'Algérie perd entre 5 et 25 milliards des suites de cette non-maturation des projets. A cela s'ajoutent d'autres projets s'inscrivant dans le cadre du plan quinquennal 2010-2014 qui n'ont pas encore connu un démarrage réel. Aujourd'hui, avec le fléchissement des prix des hydrocarbures, les équilibres budgétaires sont à nouveau objet de débat et d'appréhensions. L'Algérie a besoin tout compte fait d'un baril de pétrole supérieur à 100 dollars pour pouvoir équilibrer son budget. Face à cela, la dette interne reste élevée sous l'effet des engagements de l'Etat et le scénario le plus plausible en l'état actuel des choses est celui qui consiste à dire que l'Etat procéderait à des coupes budgétaires au niveau des dépenses consacrées à l'équipement et à la réalisation de certains projets.
Ce scénario est bien décelable dans le texte initial de la loi de finances 2013 qui lève le voile sur une baisse sensible dans le budget d'équipement. Il faut reconnaître qu'il est tout de même impossible de comprimer le budget de fonctionnement pour ne pas lézarder la paix sociale. Il est donc plausible que l'on s'achemine vers ce scénario qui suppose l'abandon de certains projets, sacrifier une partie des dépenses d'équipement et retarder la réalisation de certains projets structurants.
L'autre défi est celui de limiter le recours aux importations des services, de plus en plus coûteuses ; 12 milliards de dollars en 2011 contre des prévisions de 12,5 milliards de dollars cette année. Mais l'Algérie est appelée à abandonner complètement le modèle actuel de dépense publique, lequel accroît sans relâche la dépendance de la manne pétrolière et l'anéantit des secteurs productifs de l'économie tels que l'industrie dont la contribution au PIB est inférieure à 7%. A toutes ces tares, s'ajoute le casse-tête permanent de la dette publique interne qui continue à être pesante et qui représente 12 milliards de dollars, soit le double de la dette externe.


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