Les nouveaux textes contenus dans le RTA ont fait péricliter des producteurs qui y ont laissé des plumes à Béjaïa. Une demi-dizaine de micro-entreprises, créées dans le cadre du dispositif de l'ANSEJ, a cessé d'activer parce que n'arrivant pas à se conformer aux nouvelles exigences de traçabilité. « Avec la généralisation de l'utilisation du logo et de la traçabilité, on est ‘‘poussé'' à l'arrêt, puisqu'on ne possède pas l'équipement d'impression et celui du traitement de surface du film en plastique qui sont des exigences du marché, et d'autre part les services de l'environnement et de la direction de commerce effectuent des opérations de contrôle sans merci et d'une manière totalement différentes par rapport aux autres wilayas. Ils exigent la traçabilité sur tous les types de sachets alimentaires et non alimentaires », se sont plaint par écrit les responsables de cinq entreprises auprès de la direction de l'ANSEJ, dont le dispositif a permis leur création depuis 2001. Ils ont aussi bien frappé aux portes des administrations de l'environnement et du contrôle et des prix, qu'à celles des institutions financières. A l'expiration du délai qui leur a été accordé pour écouler leurs derniers stocks, ils étaient dans l'obligation de ne plus commercialiser les sachets en plastique noir et encore moins d'en fabriquer. Le protocole d'accord, qu'ont cosigné, le 26 mars 2005, des représentants d'une demi- douzaine de producteurs de sachet en plastique, a traduit l'engagement de l'ensemble des producteurs à se conformer aux nouvelles dispositions de normalisation qui concerne le sachet alimentaire. Aux yeux de ces producteurs mécontents, l'accord n'a pas pris en considération les capacités d'investissement limitées de ces micro-entreprises. « Nous n'avons pas les moyens d'acquérir l'imprimeuse pour les besoins de la traçabilité », se plaint le représentant d'une SNC basée à Adekar. « Ce sont les analyses qui peuvent prouver que le sachet est alimentaire et non la traçabilité. Nous pouvons fournir les certificats de conformité des matières premières et des colorants utilisés », explique le responsable d'une autre SNC installé dans la commune de Oued Ghir qui considère, comme ceux qui sont dans la même situation que lui, que « cette loi dévalorise toute une activité et un équipement qui coûte des centaines de millions de dinars et nous pousse à perdre nos emplois ». Ce n'est pas tant l'exigence de répondre aux normes qu'ils contestent, mais la période durant laquelle la loi a été promulguée. « On n'a pas encore amorti nos équipements, qu'on vient nous exiger une réorganisation. Ajouté à cela, le fait que la banque nous met en demeure de rembourser nos prêts », se plaignent-ils en espérant un salut de la part des banques pour l'octroi d'un nouveau prêt.