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La lourde facture de l'incompétence politique
Pour une approche globale du conflit
Publié dans El Watan le 18 - 03 - 2014

Depuis quelques jours, Ghardaïa est en proie à un nouveau pic de tension qui a fait déjà trois morts, des dizaines de blessés et des dégâts matériels inestimables.
Une situation qui démontre une fois de plus, si besoin est, l'incurie des solutions mises en place par le gouvernement et son incapacité à rétablir durablement la paix dans la vallée du M'zab. Nous assistons de nouveau aux mêmes rituels : des officiels dépêchés en urgence pour répandre la bonne parole en parlementant avec des «représentants» d'une société civile triée sur le volet ; redéploiement des forces de l'ordre en un dispositif de guerre avec promesse d'ouverture d'une enquête. Un pack de mesures sociales est, le plus souvent, annoncé dans la foulée, avec allocation de généreuses rallonges budgétaires dans l'espoir d'acheter la paix sociale. Les choses se tassent pour un temps et, à la moindre escarmouche, les violences reprennent de plus belle. Et comme à chaque embrasement, nous assistons à toutes sortes de récits et d'hypothèses, avec leur lot d'imprécisions, mêlant le plus souvent les effets et les causes, et versant dans l'anecdotique en coupant le dernier épisode de la trame socio-historique dans laquelle il s'inscrit.
Mais la tournure que sont en train de prendre les événements disent, aujourd'hui, très clairement l'impuissance de l'Etat central (pour ne pas dire du pouvoir) à enclencher une dynamique réparatrice incluant véritablement tout à la fois, les acteurs institutionnels, un collège d'experts pluridisciplinaires et de vrais représentants locaux.
Le fait même que l'on parle, à propos de ce qui se passe à Ghardaïa et dans les autres cités du M'zab, de «violences cycliques» est un aveu d'échec. Par son approche du conflit, marquée par un traitement à dominante sécuritaire, et réduisant (nous caricaturons) le problème à une simple opération de rétablissement ou de maintien de l'ordre, le gouvernement fait, une nouvelle fois, preuve de son «incompétence politique» à régler définitivement la crise du M'zab. Les autorités peinent manifestement à proposer une approche globale qui tienne compte de l'historique du conflit, de la sociologie du M'zab, des aspects fonciers, urbanistiques, démographiques, identitaires, de l'aménagement du territoire, de la politique de développement local, de la justice, de la culture et, last but not least, de l'état de la citoyenneté et de l'architecture sociale de la région.
Des expertises à capitaliser
Pourtant, ce ne sont pas les appels à (injecter de) la raison qui manquent. Et ce ne sont pas les idées qui font défaut. Les publications de spécialistes de toute discipline, et dont la presse se fait largement l'écho et le support, l'attestent, offrant un précieux répertoire qui dissèque le conflit dans toute sa complexité. Il n'est, pour s'en convaincre, que de méditer la remarquable contribution de Abderrahmane Hadj-Nacer (in El Watan du 8 février 2014 sous le titre : Au-delà du M'zab, au-delà des clans, la servitude) qui dit et donne tout son sens au conflit et dicte, par là-même, la marche à suivre. L'ancien gouverneur de la Banque d'Algérie voit dans les événements qui secouent la Pentapole du M'zab la «démonstration du niveau d'incompétence extraordinaire atteint par l'organisation du mode de gestion de la société algérienne». Il ajoute : «Et il faudra bien sûr se demander si l'incompétence du mode de gouvernance actuelle est, tout simplement, liée à un système qui s'effrite ou à un plan mis en œuvre ?»
Et le péché originel de ce mode de gouvernance est sans doute dans son entêtement à gérer le conflit par le haut, par l'autisme et l'ostracisme, en faisant fi des compétences. De ce que prescrivent les nombreux analystes qui ont abordé la crise du M'zab, il ressort que les réponses sont à situer à trois niveaux : d'abord, une expertise froide, profonde et sérieuse de la crise dans toutes ses dimensions : politique, sociale, économique, foncière, ethnique, urbanistique, sans omettre la gouvernance locale. Si, à court terme, la mise en place d'un dispositif de sécurité hermétique couplé à un traitement judiciaire à l'endroit des auteurs d'actes criminels et autres faits de vandalisme urgent, une solution durable ne saurait faire l'économie d'une telle expertise. Dans le cas contraire, l'Etat continuera à agir par à-coups, mobilisant à l'année des milliers d'uniformes pour séparer les communautés, et bientôt il faudra une escorte pour emmener sa fille ou son fils à l'école.
Qui pour parler aux casseurs ?
Il tombe sous le sens que les meilleurs plans ne seraient d'aucun effet sans une participation et une adhésion de la société. Disons-le clairement : aucune mesure gouvernementale ne peut «prendre» dans la chebka tant que l'humus social la rejette. D'où la nécessaire implication des acteurs locaux, à commencer par ceux qui s'entredéchirent sur le terrain des affrontements, quitte à prendre un représentant par quartier. Ce qui suppose une médiation réfléchie basée sur de nouveaux processus de représentation, qu'il s'agisse des élus locaux, des organisations politiques ou associatives, des clubs sportifs ou des zaouïas. Les structures traditionnelles auront également leur mot à dire.
A long terme, la reconstruction d'une citoyenneté profondément cassée, castrée, abîmée, s'impose. Une citoyenneté active, participative, qui favorisera l'émergence d'une société civile opérante, à la page. Sur facebook par exemple, nous assistons à une véritable guerre civile virtuelle.
Cela appelle à la mobilisation d'une nouvelle catégorie de «sages», plus jeunes, plus en phase avec les outils et le langage de la nouvelle génération, maîtrisant les NTIC et prêts à s'impliquer jusque dans les pages de l'une et l'autre communauté pour modérer les débats, parler aux internautes des deux côtés et les ramener à un dialogue apaisé.
Ceci pour dire encore une fois que ce ne sont pas les idées qui manquent. Elles ont juste besoin d'être capitalisées, canalisées et transformées en du concret via les moyens de l'Exécutif.
La bonne gouvernance, c'est écouter, consulter, associer. Une gouvernance participative. Et elle vaut pour l'ensemble de l'Algérie, pas seulement Ghardaïa.


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