La polyclinique de Kenadsa (25km de Béchar) qui fonctionne avec 3 médecins ; un effectif jugé en deçà des normes fixées, rencontre des problèmes objectifs d'ordre organisationnel. Pareille situation ne peut naturellement qu'engendrer une réaction de colère de la part de la population locale qui a saisi le wali sur ce dysfonctionnement. Une mesure disciplinaire a été récemment prise contre le médecin de garde qui, dit-on ici, ne se trouvait pas à son poste de travail. Ce qui a davantage aggravé la situation de ce centre de santé. Le wali de Béchar en visite d'inspection, mercredi dernier dans la structure sanitaire, a refusé d'écouter les explications du médecin chef venu à la rescousse pour parler du manque crucial d'effectif qui caractérise cette polyclinique lié à la non-affectation de postes budgétaires, a-t-on appris de source médicale. Il a été interrompu illico et admonesté sans ménagement devant le personnel médical subordonné. « Vous étiez en congé lorsque le médecin de garde a été suspendu, et vous n'avez pas à prendre la parole », a crié sèchement le chef de l'exécutif au médecin chef. « S'il vous plaît Monsieur le wali, ne haussez pas le ton ! » a répondu le responsable de la polyclinique. La réaction de ceux qui ont assisté à cet incident n'a pas tardé. « Jusqu'ici nous approuvons le wali pour sa rigueur en matière de contrôle et les sanctions prises à l'encontre des entreprises en bâtiment défaillantes, mais le médecin-chef qui est en même temps président du syndicat des praticiens de la santé publique installé dans la localité depuis 1982 a quand même le droit de s'expliquer », nous a confié un ancien élu de la commune. Et d'ajouter que les griefs des citoyens fondés ou non sur le dysfonctionnement de la polyclinique sont d'ailleurs, ne n'oublions pas, formulés à l'encontre de la quasi-totalité de nos hôpitaux pour mauvaise prise en charge des malades. Une façon pour cet ancien élu de désapprouver l'humiliation puisqu'il ne semble pas avoir apprécié la méthode musclée du chef de l'exécutif pour rappeler à l'ordre le praticien de la santé publique.