Sorti en langue arabe en 2008, le roman intitulé Sur ma main encore le sang des coupables, de Habib Sayah, est désormais disponible en version française au niveau des éditions Dar El Hikma. Coïncidant avec la tenue de la 19e édition du Salon international du livre d'Alger, Sur ma main encore du sang des coupables a été traduit de l'arabe vers le français par l'universitaire Mohamed Sehaba. Tout au long des 342 pages, l'écrivain Habib Sayah revient sur l'histoire à la fois chaotique et dramatique d'un jeune étudiant qui décide de se venger à la suite de l'assassinat de sa famille durant la décennie noire. Cette dernière a été massacrée par un terroriste notoire. Le personnage principal décide de passer à l'acte suite à l'annonce de la charte sur la réconciliation nationale. Il apprend avec une grande stupeur que l'assassin de sa famille a été gracié et relâché dans la vie active. Prenant son courage à deux mains, il met à exécution son plan en tuant le criminel à l'aide d'un fusil à canon scié. Il est alors activement recherché par la police et la gendarmerie. Il arrive à passer tous les barrages de police grâce à la complicité d'un patriote et d'un moudjahid, lesquels lui ouvrent la porte de la capitale. Ces deux hommes ont une relation particulière avec le commandement du secteur. Lors de la vente-dédicace de son roman, l'auteur Habib Sayah a tenu à préciser qu'il s'agit d'une histoire romancée qui veut interpeller la mémoire collective. «C'est le seul roman qui dit non à la réconciliation nationale. Mon roman met en exergue le fait que les criminels n'ont pas été jugés. Il aurait fallu d'abord les juger pour ensuite les gracier», martèle-t-il. Et de préciser que tous ses romans sont basés sur la mémoire individuelle. «Je suis né au moment de la Révolution nationale, j'ai ainsi plusieurs images et souvenirs dans ma mémoire. J'essaye de transcrire de temps à autre ses souvenirs dans mon écriture. Mon écriture est basée sur la douleur, l'angoisse et l'autocensure. Je suis toujours tenu par cette autocensure dans mes écrits. J'interprète cette mémoire collective afin que personne n'oublie ce triste passé.» Après la publication de ce cinquième roman poignant, Sur ma main le sang des coupable», Habib Sayah compte rééditer en Algérie son ouvrage Mourir à Oran. Pour rappel, ce livre a été édité une première fois l'année dernière auprès d'une maison d'édition égyptienne.