Noureddine Abed, correspondant du quotidien arabophone El Chourouk est décédé samedi dans la soirée à l'hôpital d'El Kala, où il a été admis une seconde fois le jeudi d'avant. Le journaliste, mais aussi responsable de la bibliothèque de l'université Chadli Bendjedid d'El Tarf, a été emporté par ce qui semble être une tumeur au cerveau. Il y a quelques semaines, suite à une subite paralysie des membres inférieurs, il a été hospitalisé une première fois au CHU Ibn Rochd d'Annabad pour y subir une intervention chirurgicale sur le crâne. Il ne s'est plus jamais tout à fait remis. Diplômé en 1995 de l'institut des sciences politiques et de l'information de l'université d'Alger, Noureddine Abed est à peine âgé de 42 ans, mais il a une longue et très honorable carrière dans le journalisme local. Un plume de talent au service des couches les plus défavorisées de la population, dont il rendait compte sans complaisance. Ce qui lui a valu les foudres des précédents responsables locaux, qui l'ont traîné devant les tribunaux, ou qui lui ont coupé les vivres en subordonnant les administrations où il exerçait, avant de rejoindre la bibliothèque universitaire. Noureddine était un garçon très estimé et respecté par tous pour son sérieux, sa grande discrétion et ses engagements infaillibles pour les bonnes causes. C'était l'un des piliers de la défense de la presse et de la liberté d'expression à El Tarf. Pour ses confrères, c'est une perte irremplaçable. Noureddine Abed a été enterré hier au cimetière de Zitouna en présence d'une nombreuse foule. Il laisse une veuve et trois enfants en bas âge. Un vibrant hommage populaire, inopiné, lui a été rendu. Au passage du long et impressionnant cortège qui ramenait sa dépouille de l'hôpital vers son domicile, les gens de Zitouna sont descendus pour s'amasser silencieux le long de la rue centrale.