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On offre de la culture différemment...
Mahrez Rabia. Organisateur d'El Manzah au Bastion 23 à Alger
Publié dans El Watan le 02 - 06 - 2017

Après l'expérience de Sky night et de Bardo museum nights, l'agence La Fabrik organise durant ce Ramadhan 2017 El Manzah by Samsung au Palais des Raïs (Bastion 23) à Alger. Chaque soir de 21h à 23h, ce monument historique, décoré et aménagé, est ouvert au public pour des qaâdate et des soirées musicales. Mahrez Rabia, directeur de La Fabrik, détaille, pour El Watan Week-end, le programme et les objectifs d'El Manzah.
Manzah 2017 est-il la continuité de ce que vous avez déjà fait par le passé au Musée du Bardo à Alger en 2015 ?
C'est effectivement la continuité de ce que nous avons fait au Bardo avec le lounge, la mise en valeur du patrimoine et la visite guidée gratuite. En fait, il s'agit d'un processus de réconciliation entre la population et les musées. Là, on s'est dit comment peut-on changer de lieu où l'on pouvait développer quelque chose de nouveau.
Petit à petit, on s'est rapproché du Palais des Raïs et de son directeur, Boualem Belachheb. Au début, nous voulions accompagner la direction du Bastion 23 juste pour certains événements, pas forcément pour le Ramadhan. Le 31 octobre 2016, nous avons participé à l'organisation de la nuit blanche.
2000 personnes étaient venues à cette soirée. Nous avons sponsorisé l'exposition «Djenan dzaîr». Nous avons l'habitude des concepts du Ramadhan, avons tout le matériel et les techniciens qu'il faut, recrutons les serveurs parmi les étudiants et maîtrisons la lumière architecturale et l'aménagement immobilier.
Pourquoi le Menzah ?
Avec la direction du Centre des arts et de la culture (Bastion 23), nous avons cherché un nom qui ne soit pas dans le lounge. Car, ici, nous sommes au cœur même de l'Histoire d'Alger. Et comme on est au Palais des Raïs, on ne peut pas prendre l'appellation de Patio lounge, par exemple. Nous avons cherché quelque chose qui assimile réellement le concept. Nous avons wast eddar et deux terrasses. Et El Manzah veut simplement dire terrasse. C'est très connu chez les Tunisiens.
A Alger, nous avons aussi un Palais qui porte le nom d'El Manzah à La Casbah. Il est occupé actuellement par l'ONDA (Office national des droits d'auteur). Ici, au Bastion 23, il y a une terrasse sur la mer, une autre qui donne l'impression d'être au cœur de La Casbah et une autre à l'étage supérieur.
Qu'est-ce que vous avez prévu au programme artistique ?
C'est un programme varié. Nous allons commencer ce vendredi 2 juin avec l'humoriste algérien Reda Seddiki qui vit en France. Je pense qu'il sera la relève de Fellag. Il a le même verbe. Nous avons programmé de jeunes artistes comme Joe Batoury (3 juin), Anis Bourahla (8 juin), Ayoub Medjahed (10 juin), Lamia Aït Amara (17 juin) et Bambra (22 juin). Ifrikya Spirit (7 juin), Lila Borsali (9 juin), Djam (15 juin) et Hamidou (21 juin) sont également au programme de nos soirées. Le comédien Kamel Abdat viendra le 14 juin pour un spectacle. Les artistes invités ont été solidaires. Ils ont accepté de baisser leurs cachets.
Les cachets varient entre 80 000 et 280 000 DA. Sarah Aït Kaci, notre responsable artistique, a contacté une chanteuse qui lui a dit : «Nebdalek mel lekher, c'est 420 000 DA». Je ne comprends pas ce langage de «nebdalek mel lekher».
Je sais que les artistes peinent un peu chez nous, ils ne travaillent que durant la période du Ramadhan, mais ce n'est pas une raison pour «mordre» tout le monde ! Nous avons veillé à avoir une mixité entre générations, entre styles et entre genres dans notre programme musical.
J'espère voir ici, comme c'était le cas au Bardo, trois ou quatre grands-mères avec le haïk venir assister au concert de Hamidou, par exemple, ça sera ma grande satisfaction. Au Bardo, j'ai vu des femmes voilées, des femmes sans voile, des jeunes filles en short, j'ai vu de tout.
C'est ce qui m'a plu, car j'ai vu une société qui est arrivée au vivre ensemble. C'est le respect de l'un et de l'autre El Manzah, c'est également «Le bastion solidaire».
Qu'en est-il ?
Nous avons voulu ajouter quelque chose de nouveau. C'est l'insertion professionnelle des jeunes handicapés. J'étais très proche du monde associatif, surtout celui qui travaille sur les trisomiques et sur le programme «Mon école, mon avenir». L'idée de ce programme est que les enfants trisomiques accèdent à l'éducation avec des classes dans des écoles normales.
Qu'en est-il de l'avenir de ces enfants ? Que feront-ils une fois adultes ? Je n'ai pas trouvé de réponses. Ceux qui se battent pour la cause des trisomiques ont des enfants en bas âge. Ils ne pensent pas trop à la suite. J'ai rencontré des parents avant de recruter neuf jeunes trisomiques pour le Manzah
C'est une manière de les insérer dans le monde du travail...
C'est cela. Les jeunes ont entre 18 et 34 ans. Nous les avons placés dans plusieurs postes, pas pour la forme. Nous les avons réellement responsabilisés : Mohamed Réda est avec l'équipe de sécurité, Amir est à l'accueil, Tina et Narimane sont avec les hôtesses, Walid est en cuisine, Hassan est à l'artistique…Ils ont un vrai salaire, 25 000 DA pour ceux qui travaillent cinq jours par semaine. On n'est pas dans la fameuse indemnité de 4000 DA pour les personnes handicapées.
Nous voulons les assimiler comme des personnes normales. Certains m'ont dit que c'est du «chtih ouerdih». Je leur ai dit que mon père ne m'a pas laissé une usine de lait ou de fromage. Moi, je fais travailler ces jeunes trisomiques dans la culture. Il y a des entrepreneurs qui aident les trisomiques en silence. Montrer ces personnes au public dans un événement pareil, c'est une manière de dire qu'elles peuvent être recrutées normalement. Ils veulent une vie normale, travailler, se marier… Ils ne peuvent pas avoir cette vie s'ils restent reclus chez eux
Il y a aussi l'opération «Vendredi du partage» à El Manzah
Oui, chaque vendredi, nous nous associons avec l'Agence nationale du sang pour la collecte du sang. Une caravane s'installera à l'intérieur du bastion 23 à cet effet. C'est une manière de montrer aussi que les gens qui sortent le soir sont aussi dans ce côté solidaire, humain et spirituel. Cela dit, La Fabrik est une entreprise. Il y a le côté humain et il y a le côté business. Nous devons faire vivre nos salariés.

L'accès à El Manzah est fixé à combien ?
A 1200 DA. Aujourd'hui, il n'est plus possible d'accéder aux activités culturelles gratuitement. Le «batel», le gratuit, a banalisé l'acte culturel. On a bradé l'art et les artistes en Algérie. Si la culture était payante dès le début, nous aurions pu avoir, peut-être, un intérêt plus grand pour l'art dans notre pays. Tous nos spectacles sont payants. La Fabrik paye la location, l'installation et les salariés. Nous avons 97 personnes qui travaillent sur le projet El Manzah.
Au départ, nous devions travailler du mardi au samedi pour libérer le Bastion 23 aux associations. Après, nous avions peur que la cassure de dimanche et lundi soit comprise par les gens comme une fermeture. Nous avons alors décidé de donner de l'espace aux associations avec le son, la lumière et nos employées en gardant la partie spectacle et qaâda. Du coup, nous sommes sur le sept sur sept. Le 12 juin, nous allons organiser un baptême d'enfants. Ensuite, nous avons prévu une soirée poétique.

El Manzah est divisé en trois espaces...
Il y a d'abord la terrasse rouge qui donne sur la mer. C'est là où nous organisons les concerts. Il y a ensuite la terrasse «wast el Casbah». Là, c'est vraiment où l'on peut, par exemple, jouer aux dominos entre copains. Il y a des gens qui ne veulent pas assister à des concerts pour qu'ils puissent discuter entre eux. Donc, on s'est dit qu'une petit qaâda comme ça permet aux gens d'échanger, d'être à l'aise. Et il y a, enfin, wast eddar (au niveau supérieur du Bastion 23).
Dans cet espace, Hocine Benameur vient jouer du oûd. Ce musicien algérien vit en France. Il est passé du rap au oûd. Il a formé son groupe et il a fait une tournée dans les aéroports en France. Il est là, du mercredi au samedi. Il reprend des classiques et de la musique orientale.
Le 27e jour du Ramadhan, vous avez prévu une conférence avec le chercheur en théologie Kamel Chekat...
C'est notre soirée spiritualité. Il y a deux ans, nous avons organisé une qaâda avec cheikh Khaled Bentounes, de la tariqa alawiya. Kamel Chekat sera entouré d'un public représentatif de toutes les classes sociales pour parler de la religion. En 2015, nous avions eu la même expérience. Les gens ont posé toutes sortes de questions. Une femme, par exemple, a demandé si elle pouvait obliger son chien à jeûner ! Kamel Chekat n'était pas du tout gêné, répondait calmement en disant que les animaux n'étaient pas soumis à Ramadhan.
Je trouve bien qu'on puisse parler de l'islam dans des décors différents et qu'on sorte des sentiers battus. Comme on offre de la culture différemment, on doit aussi aborder la religion différemment dans le respect de nos valeurs. La religion n'appartient pas à un clan, ne doit pas être figée dans les mosquées. L'islam est dans le cœur de tous.
On doit accepter de parler de l'islam dans des lieux comme celui-là. C'est un premier pas. Cela peut amener à un dialogue. Nous vivons aujourd'hui l'époque qui nécessite la compréhension de l'autre. Il faut casser les barrières et dépasser l'ignorance. C'est l'ignorance qui nous amène vers l'intolérance et vers l'irrespect. On ignore l'autre, on a peur de lui, donc on se renferme sur nous-mêmes
Est-il possible d'avoir ces initiatives en dehors du Ramadhan ?
Nous souhaitons bien organiser des projets comme El Manzah durant toute l'année. Nous allons peut-être organiser des week-ends au Bastion 23 en juillet prochain. Sur le plan logistique et technique, c'est assez dur. Nous avons acheté le matériel son et lumière. Nous avons investi pour en finir avec la location qui coûte souvent cher.
C'est parfois compliqué d'organiser des événements. Cette année, la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale) nous a aidés. Nous lui avons envoyé un courrier pour demander l'accès au parking (à côté du bastion 23). La DGSN nous a offert son parking.
Sans cela, il aurait été difficile de demander aux gens de venir car il leur sera difficile de garer leurs voitures. Alger doit trouver une solution à ce problème. «No parking, no business». A côté des centres commerciaux, il y a bien des parkings. Il faut penser à faire la même chose pour les établissements culturels.


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