Ouyahia et Sellal condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison ferme    Benflis répond au procureur de la République    Banques De nouveaux P-DG à la tête de la BEA et de la BNA    Election présidentielle du 12 décembre Le scrutin constitue l'étape pour l'édification de l'Etat de Droit    Taleb Ibrahimi, Benbitour, Rahabi et autres personnalités appellent à ne pas empêcher les Algériens de voter    Tout est fin prêt    Gita Gopinath, conseillère économique auprès du FM "Les réformes dans les pays émergents et les pays en développement sont plus efficaces ...    La dette fiscale dépassait les 3.600 milliards DA à la fin 2016    Selon Ghania Eddalia, ministre de la Solidarité " Près de 900 000 bénéficiaires de micro-crédits jusqu'en octobre dernier"    Agriculture: Installation de six unités de recherche scientifique à l'INVA    Arabie-Saoudite : Quels enjeux concernant le plan Vision 2030 ?    Etats-Unis : Après les tueries, Donald Trump face aux critiques des démocrates    Poutine, Merkel et Zelensky à Paris: Qu'est-ce qu'un sommet au format "Normandie" ?    Qualifications Afro-paralympiques-2020 de handi-basket: L'Afrique du Sud obtient l'organisation du tournoi    Prix du sport africain 2019 : L'EN algérienne sacrée meilleure équipe, Mahrez meilleur joueur    MC Alger: Confiance renouvelée à l'entraîneur Casoni    Les conditions d'inscription fixées    La mosquée de Sidi Ghanem à Mila : Un centre de rayonnement de l'Islam et un haut lieu de la mémoire    Manifestations du 11 décembre 1960/Mouvement populaire 2019 : 59 ans après, la soif de l'indépendance est toujours vive    EN : Belmadi aurait aimé jouer un match à Marseille    D'anciens ministres et hommes d'affaires condamnés à verser 20 milliards DA au Trésor public    Mobilis obtient un accord d'attribution provisoire d'une licence 2G, 3G et 4G au Mali    Adoption à la majorité de plusieurs projets de lois    Un sursis accordé jusqu'à la phase aller    Quatre à cinq mois d'absence pour Youcef Atal    Report de toutes les compétitions jusqu'au 15 décembre    Création à Tokyo d'une «Association des députés japonais pour le Sahara occidental»    Démantèlement d'un réseau de trafic de drogue et saisie de 510 kg de kif traité    Un motocycliste renversé mortellement par une voiture    Au moins 44 Palestiniens tués par les forces d'occupation en novembre 2019    Pour un débat serein sur la loi des hydrocarbures devant s'insérer dans le cadre d'une loi organique de la transition énergétique en Algérie    GREVE DES CONTROLEURS AERIENS FRANÇAIS : Air Algérie annonce des perturbations    Toutes les dispositions organisationnelle et sécuritaires prises pour le bon déroulement du scrutin    Téhéran se dit prêt à d'autres échanges de prisonniers avec Washington    3 ans de prison pour l'ex-directeur du commerce    «Consensus» chez les sunnites pour garder Hariri Premier ministre    Un soldat tué dans une attaque contre un camp de l'armée    Standing-ovation pour Robert Redford à Marrakech    «Genèse», première exposition de Yasmine Siad    "Une révolution délicieuse" à l'Espace Ouest-France    Miss Côte d'Azur est d'origine algérienne    Jijel : Acquisition d'ambulances médicalisées    Campagne: l'individu arrêté a perpétré des actes d'intelligence avec un Etat étranger    Coupe de la CAF (2e journée) : Coup d'arrêt pour le Paradou AC    Akid Lotfi: 37 kg de viande hachée impropre saisis    Les enseignants du primaire partagés: Entre gel momentané et poursuite de la grève    «Irishman» de Martin Scorsese arrive sur Netflix    Littérature Lynda Chouiten, prix Assia Djebar : " Une valse est née, durant mon voyage à Vienne"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Une œuvre essentielle
Théâtre. La pièce Babor GhraQ
Publié dans El Watan le 20 - 03 - 2018

C'était mercredi dernier au TR Abdelkader Alloula. Remontée pour les 50 ans de carrière de son auteur-metteur en scène, voulue comme une «visite muséale», selon l'expression de Benaïssa, la pièce n'a rien perdu de sa pertinence, sa thématique résonnant parfaitement avec l'actualité nationale.
Sauf que l'on sort de sa représentation avec un goût d'inachevé, du moins au vu de celle donnée au TRO, pour quiconque qui, comme nous, avait en tête sa captation réalisée par Khaled Oulebsir dans une distribution où Abdelkader Tadjer et Omar Guendouz partageaient avec truculence ses savoureuses réparties en compagnie de Slimane Benaïssa.
Etait-ce parce que les trois comédiens, Mustapha Ayad à la place de Tadjer, étaient dans un jour sans, même si Guendouz a mieux tiré son épingle du jeu ? Il y avait sûrement de cela : jeu extérieur, attitudes dans la posture plutôt que dans l'incarnation, pas de complicité entre comédiens sur scène, voire peu de plaisir à jouer… Mais du coup, la densité et le rythme du jeu s'en sont ressentis.
Conséquemment, le spectateur étant moins empoigné dans la fiction, la question de la vraisemblance se manifeste à son esprit. Pour quelle raison les trois personnages se retrouvent-ils ensemble sur un bateau de…. pêche? Nulle indication. Il est question de «naufrage», selon les propos des personnages, alors qu'en fait le bateau est à la dérive.
Et puis, parce qu'emblématiques, les personnages n'ont pas d'histoire personnelle qui aurait pu corser une intrigue se résumant en fait à une situation. Ceci étant, il n'en reste pas moins vrai que le spectacle est un régal et rassure sur le fait que le théâtre «engagé» n'est pas dépassé, pour peu qu'il soit poignant, dans la justesse et la vérité politique plutôt que dans la manipulation. Cependant, parce que «muséal», le spectacle date terriblement au plan de la forme. Benaïssa a été confiant dans le fait que l'aspect spectaculaire de la représentation tient dans le texte, à son écriture dense, à sa critique féroce et à ses répliques percutantes, l'intrigue n'étant qu'un prétexte à dire.
En ce sens, Benaïssa est demeuré prisonnier du formidable feed-back du public dans les années 1980, une période où la parole libre était férocement opprimée. Ce qu'il a perdu de vue, c'est que, depuis les années 1990, le public a goûté au visuel, d'une part, et d'autre part, le théâtre algérien a connu une évolution qui l'a éloigné du théâtre du dire. Une réactualisation par une mise en scène inventive, loin du statisme, aurait judicieusement remis au goût du jour Babor Ghraq.
Aussi, vivement que Slimane Benaïssa nous revienne en dramaturge actuel, plus en phase avec le public d'aujourd'hui ! Avec des créations plus en phase avec le ressenti d'une nouvelle génération loin de celle des seventies et eighties.
El moudja walate, terrible malentendu, relève plus du one-man-show, spectacle exquis au demeurant, et non du théâtre, qui fait mouche avec les Algériens de l'étranger parce que leur cadran est encore rivé à trois décennies auparavant. Vivement, parce que Benaïssa est un dramaturge de talent doublé d'un intellectuel de haute volée, une denrée rare.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.