Golan occupé.. Les habitants du Golan dénoncent Washington    Eliminatoires CAN 2019 U23 (match aller).. Guinée Equatoriale 0 Algérie 0    ligue 1.. Lamine Kebir : «L'USMA a toujours son destin entre les mains»    Journée internationale des forêts.. Près d'un million d'arbres ont été plantés en Algérie    Festival «lire en fête» à Khenchela.. Grande affluence    Tébessa.. Deux bombes artisanales détruites    En amical hier à Paris.. La JSK s'incline face au Red Star (1-0)    JOURNEE NATIONALE DE L'AVOCAT : Nouvelle marche pour le respect de la volonté populaire    TRANSFORMATEURS ELECTRIQUES DEFECTUEUX : Un danger pour les citoyens de Tiaret    PROTECTION DES VEGETAUX : Nouvelle alerte au mildiou à Ain Nouissy et Hassi Mamèche    Les différentes logiques du pouvoir de 1963/2019    MASCARA : Saisie de comprimés de psychotropes à Baba Ali    MOUVEMENT POPULAIRE : Bouabdellah Ghlamallah insiste sur l'unité nationale    La nuit a toujours peur du soleil    MINISTERE DE LA CULTURE : Abdelkader Bendamèche nommé directeur de l'AARC    Trucs et astuces    Un seul mot d'ordre : «Système dégage»    Pas de communication    Benzia et Slimani s'entraînent hors du groupe    Les 4 samedis    Rencontre avec une «bleue» des marches    «Libérez la télévision»    Intempéries: Des inondations et des routes coupées    CHU d'Oran: Lancement des travaux de rénovation du réseau AEP    Conflit OM-JSK: La FAF appelle les deux présidents à la sagesse    Chlef: Le commerce informel fait toujours parler de lui    Aéroport Ahmed Benbella: Saisie de 108 cartouches de cigarettes    Alors que les manifestants contestent toute ingérence étrangère: Paris émerveillée, Moscou prudente    Mohamed Mebtoul à Médiapart: «Bouteflika et sa clientèle continuent de mentir au peuple»    Blida: Collision entre un bus et deux camions, 1 mort et 11 blessés    La Ligue arabe dénonce la saisie des recettes d'impôts par l'occupant israélien    La solution de classe mondiale pérenne et performante pour l'efficacité énergétique des bâtiments AIRIUM    Prenez votre envol avec la technologie intelligente de LG    La FNAI alerte contre des transactions immobilières douteuses    Tizi Ouzou au rendez-vous    Une cache contenant des armes et des munitions découverte à Tamanrasset    La Guinée Bissau croit en la qualification    L'Algérie décroche 37 médailles dont 9 en or    Contrat de partenariat entre la Fédération algérienne et BP jusqu'en 2020    Meeting du Front El Moustkbal à Aïn Temouchent    Une autre étape du processus du règlement du conflit    Une production d'oeuvres sur fond de contestations    Une "conférence nationale" en avril pour dresser une "feuille de route"    Les explications de l'ambassade US    Des familles évacuées et plusieurs routes coupées    "C'est l'Algérie qui décide de son avenir"    L'Algérie est devenue un "exemple à suivre"    Création prochaine de la 1re école de musique militaire en Afrique    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Parution. Comprendre Kateb Yacine
L'éternel inspirateur
Publié dans El Watan le 15 - 02 - 2007

La recrudescence, ces derniers temps, d'ouvrages sur Kateb Yacine, montre qu'il continue à susciter une formidable fascination, autant pour sa plume que pour son personnage.
C'est le cas de Ismaïl Abdoun qui l'a connu de près, comme en témoignent les photos présentes dans son ouvrage Lecture(s) de Kateb Yacine publié récemment*. Abdoun a réuni les éléments du travail qu'il a mené durant des dizaines d'années pour faire connaître ce pilier de la littérature algérienne : cours prodigués à l'université, travaux de recherche, réflexions diverses, lectures, interprétations de certains textes fondateurs… En parcourant ce travail académique, on est saisi par le souffle de passion qui le traverse. Ceux qui connaissent l'auteur ne peuvent être étonnés outre mesure. Abdoun, en effet, nous donne à comprendre la richesse de Kateb Yacine qui, homme d'un seul roman, fut aussi poète, journaliste, dramaturge, commentateur, conférencier et conscience de la société algérienne dont il avait une certaine idée et qu'il désirait libre et belle. Les différents articles et cours rassemblés dans la première partie sensibilisent le lecteur et tentent de montrer la continuité et l'unité de l'œuvre katébienne. Trois axes de l'œuvre sont abordés. D'abord l'énoncé lyrique qui est en quelque sorte la genèse du personnage de Nedjma. Qui est-elle ? Quelle est l'origine de cette femme inspiratrice ? Quelles sont les premières ébauches d'écritures qui parlent de cette femme sublime et sublimée ? La rêverie, le corps de la femme désirable, désirée mais inaccessible. Ce personnage de Nedjma construit l'œuvre littéraire de Kateb Yacine. Elle est la mère, la cousine, l'institutrice et tant d'autres. Cette Nedjma, femme sauvage, issue d'une union adultérine entre une Française juive et un membre de la tribu des Keblout, représente toutes les femmes rêvées. Figure récurrente et fascinante, Nedjma symbolise finalement cette Algérie multiple. Vient ensuite l'énoncé historique qui convoque l'histoire de l'Algérie avec pour fondement la dénonciation de l'univers colonial. Enfin, l'énoncé mythique rappelle les ancêtres, le clan, la tribu qui peut se transformer en énoncé idéologique. Il y a aussi l'appartenance de l'Algérie à l'Afrique en tant que réalité bien présente (qui rejoint ma communication sur « L'Afrique dans l'œuvre de Kateb Yacine » au Colloque international d'Alger sur l'écrivain en 1990). Kateb Yacine a puisé, nous dit Abdoun, dans le patrimoine algérien en utilisant le personnage mythique de J'ha, porte-parole de la verve satirique du peuple. La seconde partie de l'ouvrage consiste en un choix d'extraits choisis par l'auteur selon ses coups de cœur et, lorsqu'on sait la cherté ou la rareté des livres, l'initiative est louable. Ce choix judicieux apporte une vision globale de l'œuvre katébienne : Soliloques, Nedjma ou le poème ou le couteau, La première apparition, Nedjma dans ses appartements, Nedjma enfant précoce. Abdoun a retenu aussi la fameuse scène où Nedjma sort du bain, sublime morceau d'anthologie, des extraits du Polygone étoilé, du Cadavre encerclé, rappelant le massacre du 8 mai 1945, ainsi que des morceaux de Les ancêtres redoublent de férocité, de L'homme aux sandales de caoutchouc, qui n'est autre que Ho Chi Minh, et de La poudre d'intelligence. Sont inclus aussi des extraits de la revue Dialogues et des entretiens où Kateb exprime notamment son point de vue, en 1963, sur la langue française et sur l'opportunité et la chance du multilinguisme en Algérie, passages qui devraient être lus ou relus par les concepteurs des programmes linguistiques scolaires. L'écrivain et le pouvoir est une réflexion de Kateb Yacine qui clôt ce choix de textes et où il affirme avec pertinence trois principes : l'écrivain doit se méfier de n'importe quel pouvoir, il ne doit jamais perdre son esprit critique et, enfin, il ne doit surtout pas se prendre pour un homme politique. Cet ouvrage incite donc à lire ou à relire les écrits de Kateb Yacine, à donner envie d'aller au-delà de la première lecture, ou de la simple prise de contact, avec le texte katébien car, comme nous le dit Abdoun, « la littérature a quelque vertu, entre autres, d'exhausser notre imaginaire au-delà des platitudes du quotidien pour nous faire imaginer l'inimaginable ». Cet ouvrage illustré en couverture par une œuvre du peintre Mohamed Khadda est un véritable outil didactique pour des lecteurs intéressés par une littérature qui allie beauté et message, pour des étudiants et des lycéens qui prendraient, il faut l'espérer, la relève d'une écriture belle et rebelle, pour la construction de cette Algérie plurielle que certains veulent étouffer.
* Ismaïl Abdoun, Lecture(s) de Kateb Yacine. Casbah Editions, Alger, 2006.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.