Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite, dont le pays est l'un des principaux alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient, a dénoncé « l'occupation étrangère illégitime » de l'Irak et « des forces étrangères à la région » qu'il a accusées de vouloir dessiner l'avenir du Moyen-Orient. « Dans l'Irak bien-aimé, le sang coule entre frères dans l'ombre d'une occupation étrangère illégitime et les conflits religieux menacent de déclencher une guerre civile », a déclaré le souverain saoudien lors de la séance d'ouverture du sommet arabe de Riyad, dont son pays est l'hôte. Dans le passé, les dirigeants saoudiens, notamment le ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud Al Fayçal, avaient déjà critiqué la politique américaine en Irak, affirmant qu'elle avait fait le jeu de l'Iran voisin et permis à la République islamique d'étendre son influence dans la région. Mais ils n'avaient jamais qualifié d'« illégitime » la présence militaire américaine dans ce pays. Le souverain s'en est ensuite pris à « des forces étrangères », sans toutefois les identifier. « La première chose pour les Arabes est de rétablir la confiance en nous-mêmes et entre nous, qui entraînera la crédibilité et l'espoir », a-t-il dit. « Alors, nous ne permettrons pas à des forces étrangères à la région de dessiner le futur de la région et il n'y aura de drapeau hissé sur la terre arabe que le drapeau de l'arabisme », a-t-il poursuivi. Comme le président soudanais, Omar El Béchir, qui avait ouvert le sommet juste avant, le roi a aussi appelé à la levée du boycott international contre le gouvernement palestinien d'union nationale formé par le Fatah et le mouvement Hamas grâce à une médiation saoudienne ayant abouti en février à l'accord de La Mecque. « Il devient nécessaire de mettre fin au blocus du peuple palestinien frère au plus tôt, afin que le processus de paix puisse avancer loin du climat d'oppression et de force, ce qui lui permettra, par son succès, de réaliser son but, l'établissement d'un Etat palestinien indépendant », a-t-il dit. A propos du Liban, il a déploré que ce pays, « qui était un exemple de cohabitation », soit maintenant « paralysé » et que « ses rues soient transformées en hôtels ».