Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé, hier lundi, à Batna, les funérailles de l'ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zéroual, décédé, à l'hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache, de Aïn Naâdja à Alger, dans la soirée de samedi, après une longue maladie. En présence du ministre Délégué auprès du ministère de la Défense Nationale, Chef d'Etat-Major de l'Armée Nationale Populaire, le Général d'Armée Saïd Chanegriha ainsi que des membres du Gouvernement, de hauts responsables et de personnalités éminentes de l'Etat. Une foule nombreuse de citoyens venus de tous les coins du pays a tenu à accompagner la dépouille de l'ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual à sa dernière demeure au cimetière central de Bouzourane, dans la wilaya de Batna. De nombreux citoyens, issus de différentes wilayas, dont Oum El Bouaghi, Djelfa, Relizane et Mascara, ont exprimé leur profonde tristesse et leur vive émotion suite à la disparition du moudjahid Liamine Zeroual, qui a lutté et combattu pour la libération de l'Algérie du joug colonial et le recouvrement de la souveraineté nationale, après avoir rejoint, à un jeune âge, la glorieuse Révolution de libération, consacrant sa vie au service de la patrie. La moudjahida Sassia Halis, l'une des fondatrices d'une cellule secrète durant la glorieuse Révolution de libération, a tenu à rendre un dernier hommage à l'ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual. Exprimant sa profonde tristesse et sa grande émotion suite à la perte de l'ancien Président et moudjahid Liamine Zeroual, qui a consenti d'énormes sacrifices pour l'Algérie et servi la patrie et le peuple avec dévouement et sincérité. Pour sa part, le politologue Mehdi Boukaouma a indiqué que Liamine Zeroual est bien plus qu'un ancien Président. Il est un symbole du patriotisme algérien dans un moment critique de notre histoire contemporaine. Rappelant que l'homme dont la disparition ravive une mémoire collective marquée par l'épreuve, mais aussi par la dignité et le sens de l'Etat, a été au rendez-vous de l'histoire, à une époque où l'Algérie faisait face à une crise multidimensionnelle, mêlant enjeux sécuritaires, politiques, économiques et sociaux. Intervenant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale à l'émission ''L'invité du jour'', Mehdi Boukaouma a rappelé qu'entre 1994 et 1999, en pleine décennie noire, Liamine Zeroual a assumé la responsabilité de diriger un pays fragilisé par le terrorisme et l'instabilité institutionnelle. « Son action s'est distinguée par une double approche, à la fois sécuritaire et politique. D'un côté, il a renforcé la lutte contre le terrorisme en s'appuyant sur les forces de sécurité et l'Armée nationale populaire, dont il était issu et qu'il connaissait parfaitement. De l'autre, il a initié un processus politique visant à restaurer le dialogue et à ouvrir la voie à une sortie de crise durable », a-t-il dit. Cette stratégie combinée, a-t-il poursuivi, a permis de poser les bases d'une transition démocratique progressive. « Il a été l'initiateur d'une approche globale, comprenant la loi de la Rahma, les premières étapes de la concorde civile et la réhabilitation du dialogue politique. Estimant que cette démarche, aujourd'hui étudiée à l'international, a permis à l'Algérie de devenir un cas d'école dans la gestion du terrorisme et des crises internes, bien avant que ce phénomène ne prenne une ampleur mondiale après les attentats du début des années 2000. Insistant sur le rôle de Zeroual dans la restauration des institutions de l'Etat, l'invité de la Chaîne III de la Radio nationale a affirmé que dans un contexte marqué par leur affaiblissement, il a œuvré à leur reconstruction en organisant des élections pluralistes et en introduisant, dans la Constitution de 1996, des principes fondamentaux tels que la limitation des mandats présidentiels. « C'était une vision moderne et responsable du pouvoir, fondée sur l'idée de l'Etat et non sur celle de domination personnelle », a-t-il fait savoir.